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Cette semaine au Vatican !


Le pape Benoît XVI a ordonné samedi matin, dans la basilique Saint Pierre de Rome, cinq nouveaux évêques. Et parmi eux, Mgr Savio Hon Tai-Fai, un prêtre chinois qu’il avait nommé en décembre secrétaire (c’est à dire numéro deux) de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples. C’est le poste le plus élevé auquel un Chinois ait jamais accédé au sein de la Curie romaine. A signaler que cet évêque fait partie de la congrégation des Salésien, comme le cardinal Bertone, le numéro deux du Vatican.

Si ces cinq évêques ont été ordonné à Rome, par le pape, c’est qu’ils travailleront directement pour lui. Soit dans les congrégations romaines, comme c’est le cas pour Mgr Savion Hon Tai-Fai, mais aussi pour Mgr Marcello Bartolucci, secrétaire de la Congrégation pour la Cause des saints, et Mgr Celso Morga Iruzubieta, secrétaire de la Congrégation pour le Clergé. Ce dernier succède à Mgr Mauro Piacenza, qui a récemment été promu cardinal.

Les deux autres évêques sont envoyés dans le monde, comme nonces apostoliques, c’est à dire ambassadeurs du pape auprès de différents pays. Il s’agit de Mgr Edgar Pena Parra Antonio, nommé au Pakistan et de Mgr Guido Filipazzi, qui a 48 ans, est le plus jeune nonce de la diplomatie vaticane. Ce dernier partira pour le pays comportant le plus de musulman au monde : l’Indonésie.

En général, des moments tels que ces ordinations sont choisis par Benoît XVI pour donner un message fort aux évêques qu’il ordonne, et par la même occasion, pour rappeler le sens du service qui doit prévaloir dans leur mission. Ce samedi, il les a enjoint à être des hérauts « intrépides » de « la vérité de Dieu » et non des « serviteurs de l’esprit de ce temps ». En bref, à servir la vérité. Et d’ailleurs, le pape soulignait que le rôle de l’évêque est de libérer l’homme de la « pauvreté de vérité » en lui donnant celle du Christ, et jamais d’être un « serviteur de l’esprit du temps ». Votre tâche, a précisé le pape, est d’entrer « dans le champ de l’histoire humaine », pour y travailler à la moisson de Dieu : « la moisson est abondante », aujourd’hui encore.

« Le pasteur, a insisté le pape, ne doit pas être un roseau des marais qui plie sous le souffle du vent », mais « comme un arbre qui a des racines profondes dans lesquelles il est solidement fondé. Cela n’a rien à voir avec la rigidité ou l’inflexibilité. C’est seulement là où il y a stabilité qu’il y a croissance ».

« Vous êtes appelés », a conclu le pape, « à jeter le filet de l’Evangile dans la mer agitée de ce temps pour obtenir l’adhésion des hommes au Christ ; pour les tirer, en quelque sorte, des eaux salines de la mort et des ténèbres, dans lesquelles la lumière du ciel ne pénètre pas. Vous devez les conduire sur la terre de la vie, dans la communion avec Jésus-Christ ». Un message qui s’adresse donc à ces nouveaux évêques, et qui insiste sur leur mission et leurs responsabilité. On est là, avec Benoît XVI, bien loin des honneurs qu’on imagine pour ces évêques, qui sont successeurs des apôtres.

Hier, lors de l’Angélus, le pape a parlé de la journée mondiale du malade qui aura lieu le 11 février. Le 11 février, c’est le jour de la fête de Notre Dame de Lourdes, où l’on commémore la première apparition de Marie à Bernadette Soubirous. C’est d’ailleurs en lien avec les miracles de guérison qui ont eu lieu à Lourdes que cette date a été choisie pour être celle de la fête des malades. Des malades dont Benoît XVI rappelait que chacun est « avant tout une personne ».

Cette journée est, selon Benoît XVI, « une occasion propice pour réfléchir, pour prier et pour accroître la sensibilité des communautés ecclésiales et de la société civile, envers nos frères et sœurs malades ». La pape a également évoqué son message pour cette journée, qui s’intitule « Par ses blessures vous avez été guéris » (1 Pierre 2, 24) : « Je vous invite tous à contempler Jésus, le Fils de Dieu, qui a souffert, est mort, mais est ressuscité. Dieu s’oppose radicalement à la tyrannie du mal. Le Seigneur prend soin de l’homme en toute situation, partage sa souffrance, et ouvre son cœur à l’espérance ».

« J’exhorte tout le personnel de santé à reconnaître dans le malade non seulement un corps marqué par la fragilité, mais avant tout une personne, à laquelle donner toute la solidarité et offrir des réponses adéquates et compétentes », a encore affirmé le pape.

A noter que lors de cette fête, le 11 février, dans la soirée, le pape se rend devant une reproduction de la grotte de Lourdes qui est dans les jardins du Vatican, et il prie le chapelet avec les pèlerins ou les personnes de Rome qui viennent le rejoindre.

Et dans l’actualité plus proche, le pape a parlé ce matin de l’éducation des jeunes. Comme chaque fois qu’une congrégation romaine se retrouve en assemblée plénière, elle est reçue par le pape. C’était le cas ce matin en fin de matinée pour la Congrégation pour l’éducation catholique, le ministère du pape chargé du suivi des établissements d’enseignement catholiques (collèges et lycées privés, ainsi que les séminaires et les universités) du monde. Benoît XVI est revenu sur l’une des urgences prioritaires à ses yeux  : « L’urgence éducative ».  Il s’agit là, a-t-il dit « d’un des défis les plus urgents pour l’Église ».

En partant du relativisme, qui est un peu son credo de ce qui détruit l’homme, il pointait le manque de « la lumière de la vérité », qui instille « le doute sur les valeurs de base de l’existence personnelle et communautaire ». Pour le pape en revanche, « la vision chrétienne de l’homme et de la réalité »  doit « éduquer à un acte d’amour, à l’exercice de la charité intellectuelle, qui demande responsabilité, dévouement, cohérence de vie ». C’est la raison pour laquelle Benoît XVI a appelé les établissements d’enseignement catholique à « conjuguer une claire conscience de leur identité et une ouverture à l’altérité, pour répondre aux exigences du vivre ensemble dans les société multiculturelles ».

Un appel à oser affirmer la vérité, tout en ne l’imposant pas de force. Et pour cela, il faut bien reconnaître que l’on peut se baser sur son action et ses paroles comme un modèle.

Et puis, ces derniers temps, il y a quelques remous concernant le célibat des prêtres, et ce dans les pays germanophones plus précisément. 143 théologiens (professeurs de théologie pour être exact) ont signé une lettre, dont le titre n’est rien de moins que « Église 2011 : un renouveau indispensable ». Faisant suite à la crise et aux crises de l’Eglise en ce début de millénaire, il s’agit selon ses auteurs, d’un « appel à un dialogue ouvert sur les structures de pouvoir et de communication, sur la forme des ministères et la participation des fidèles à la responsabilité ecclésiale, ainsi que sur la morale et la sexualité ». De vastes sujets donc…Les auteurs reconnaissent qu’à quelques mois de la bisite du pape, ce débat peut « inquiéter certains », mais ils ajoutent que « l’autre solution, un silence de mort qui serait la conséquence d’un anéantissement de tous les espoirs, n’est pas acceptable ».

Ces professeurs de théologie stigmatisent surtout la hiérarchie de l’Eglise, parlant par exemple de « structures sclérosées ». C’est donc une démarche ecclésiale qui est posée. Mais les thèmes choisis par les théologiens allemands sont bien trop vaste pour, honnêtement, permettre le débat. Si certaines propositions ne s’opposent pas au droit et à la doctrine de l’Eglise, comme le célibat sacerdotal, d’autres sont en oppositions avec l’Evangile et à la Bible elle-même (la question des divorcés remariés ou de la reconnaissance des mariages homosexuels par exemple). On est donc sur des niveaux très différents de dialogue… Personne ne dit qu’on n’arrivera pas à une solution pour chacun de ces problèmes, mais tout mettre dans la balance, c’est le meilleur moyen pour tuer le débat dans l’oeuf !

Mais ce n’est pas la première fois que les théologiens allemands usent cette méthode… Il y a 40 ans déjà une lettre ouverte circulait. C’était en 1970, neuf théologiens avaient écrit un mémorandum pour les évêques allemands sur le lien entre le célibat sacerdotal et la présence de l’Eglise au monde. La raréfaction des vocations, indiquaient-ils, pose la question de la pertinence du célibat ecclésiastique. S’il s’agit d’une recherche pratique, ce n’était en tout cas pas une pétition. Parmi les signataires, de grands noms de la théologie, comme Karl Rahner, Walter Kasper, ou encore un jeune théologien : Joseph Ratzinger… 40 ans plus tard, devenu pape, il ne doit donc pas trop se scandaliser de cette démarche des professeurs de théologie allemands…

A noter que l’Osservatore Romano, le journal du pape, a parlé de cet appel des théologiens d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse. Il a bien évidemment marqué son désaccord en citant le secrétaire de la conférence épiscopale allemande, mais le fait de ne pas avoir nié la réalité de cet appel est un point positif et relativement nouveau dans la culture du Saint-Siège…

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