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Archive for the ‘Politique – Société’ Category

Des exemples. Voilà plus que jamais ce que nous devons être. Des exemples !

20 octobre 2013 1 commentaire

La statue du Pasquino, à Rome

« Puisque nous n’avons pas su les conduire à la victoire, sachons au moins les aider dans la défaite. (…) – Oui ça … faut reconnaître que côté victoire on n’a pas été … – Non. Des exemples. Voilà plus que jamais ce que nous devons être. Des exemples. » Les afficionados auront reconnu une phrase culte du film “On a retrouvé la 7ème compagnie”. Certes, vous vous dites que ce n’est pas très sérieux de citer ce genre de film. Pourtant, si vous le regardez, vous verrez que ce dialogue prend place alors que les “héros” sont déguisés en gradés et reçoivent des pommes de terre à manger. De l’autre côté de la grille, des hommes du rang leur demandent alors de partager leurs patates, et face à leur refus, un jeune lieutenant se dévoue et leur fait cette leçon !

Si je pense à cette réplique et à cet épisode, c’est face à la navrante semaine que nous avons vécue au niveau de la politique française. Commençons par le début : la victoire de Laurent Lopez, le candidat du Front National, à Brignoles. Dès les journaux télés de dimanche soir, la valse des raisons de cette élection a commencé. Pour les militants de gauche, c’est la faute à la droitisation de l’UMP, tandis que pour les militants de droite, c’est bien à cause de la manière de gouverner de la gauche que le FN a gagné. Excusez-moi, mais j’ai un peu l’impression d’être dans une cour de récré : « c’est pas ma faute madame, c’est lui qui a commençé » ! Oui, ce n’est jamais la faute d’un parti si il perd une élection, mais toujours celle des autres. Côté remise en question, côté réalisme, on a vu mieux. En voyant cette incapacité à tirer le bilan d’un échec, à toujours remettre la faute sur un autre, on comprend que les personnes politiques finissent par se décrédibiliser, autant si ce n’est plus que par leurs actes.

S’il n’y avait que ça… Mais la semaine a tout aussi mal continué. Point de caquètement dans l’hémicycle cette semaine, c’est déjà ça, mais la mini-saga Morano. Nadine Morano qui déclare vouloir porter plainte car un humoriste, Guy Bedos, l’a insultée lors d’un spectacle. J’avoue ne pas goûter du tout l’humour (enfin, les textes et saillies) dudit “humoriste”. Et avoir même une aversion assez profonde pour ses expressions idiomatiques dont Nadine Morano a fait les frais. Mais de là à vouloir porter plainte contre lui pour un spectacle dont elle n’était certainement pas la seule victime… Les pamphlets et autres contestations politiques par les humoristes font, depuis longtemps, partie du paysage social. Je me souviens des billets affichés sur la statue du Pasquino à Rome. Le nier nous ferait entrer dans une démocratie qui perdrait un peu de sa liberté. Mais bon, que voulez-vous, il faut exister et faire parler de soi…

Mais le pompon, cette semaine, a été décroché haut la main par la controverse sur l’expulsion de la jeune Léonarda. Je vous avoue ne pas avoir suivi toute l’histoire, tant cela m’a exaspéré. Quand on commence à gouverner sur des cas particuliers, on perd le sens général et on joue sur l’émotion, plus que sur la loi, sur l’intérêt de la société. Je ne dis pas qu’il était juste de renvoyer cette jeune fille et sa famille hors de France, mais se focaliser sur la manière de procéder, aussi brutale soit-elle (et elle n’a pas dû l’être tant que ça à voir les conclusions de l’enquête), c’est dévier du sujet général de l’immigration et de l’accueil que l’on fait à ceux qui veulent venir en France. C’est prendre le problème par le petit bout de la lorgnette, et ce n’est pas digne du monde politique. La gauche de la gauche demande dès lors la démission du ministre. Ici, même si l’indignation peut-être légitime, on est en pleine émotion, car la loi a été respectée. Que des élus demandent le non-respect de la loi, c’est juste… fou ! Qu’ils se mobilisent pour changer cette loi serait bien plus productif ! Quant à la solution prônée par le président de la république de laisser la jeune fille revenir en France, sans ses parents, n’en parlons pas… Mais comme l’a démontré Michel Richard dans son ouvrage “La République compassionnelle” il y a quelques années, après cet écoulement de bons sentiments, rien ne change en général. Et j’en prends pour preuve un autre aspect lié à cette question des migrants, celle de Lampedusa. Qui, en France, se penche sur la question (parmi le monde politique j’entends) ? Il n’y a pas de visage connu, exploité par les médias, et donc, cela n’intéresse personne.

En fait, si l’on regarde un peu le monde politique, on a l’impression que les élus nationaux vivent dans une bulle. Qu’ils se coupent des réalités et cherchent à faire des « coups » médiatiques. Qu’ils existent uniquement pour et par les médias… Sauf qu’à jouer sur ce registre, on en arrive bien vite à se décrédibiliser. C’est là où l’exemple, tel qu’il est vécu par le pape François (au hasard), est précieux… Parce qu’à force de courir derrière les bons sentiments en faisant semblant de se rapprocher des gens, à en rester dans la « com », nos élites politiques sont en train de faire le lit des vrais populistes. Alors mesdames et messieurs, un peu d’orgueil (bien placé), un gros soupçon de vérité, et en route, soyez pour nous des « exemples ».

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15 / 19332 : toi aussi, lis l’encyclique en 15 mots !

6 juillet 2013 5 commentaires

J’ai un pote confrère qui a fait des études de communication à Rome, et qui analyse pleins d’événements de la vie de l’Eglise à partir de ce qu’il appelle le « frame », c’est-à-dire le cadre de lecture ! Je (enfin il) vous la fait courte :

C’est le « frame », en langage technique, qui donne un cadre à la nouvelle, un angle d’attaque, qui met en évidence un aspect et fait reposer dans l’ombre d’autres aspects. Les frames (les cadres) aboutissent à la cristallisation de la pensée et produisent des idées reçues, des aprioris qui voilent la vérité.

Bon, vous avez compris ce qu’est un frame ! Mais là, avec l’encyclique Lumen Fidei, on n’est plus dans le domaine du Frame, on est dans le domaine de la micro-chirurgie ! Certains journalistes, pour certains titres de presse (ou pour des agences de presse), ont tout ce qu’il faut pour obtenir un rôle dans Grey’s Anatomy (y’a une place qui vient de se libérer d’ailleurs dans le dernier épisode, depuis que Mini Grey est morte !) Ce sont des spécialistes de la recherche de la micro-parole qu’ils attendent et scrutent. Et ils l’ont trouvée dans l’encyclique :

Je pense surtout à l’union stable de l’homme et de la femme dans le mariage.

Une phrase ! Une seule sur plein de phrases… Une ligne sur 85 pages (80 si on enlève les pages blanches). Là on est passé dans le règne du scientifique, du botaniste qui parcours la forêt amazonienne à la recherche de la plante rare qui n’existe plus qu’à un seul endroit et dont on a perdu l’emplacement ! (vous êtes invités à ajouter l’analogie qui vous vient à l’esprit)…

Remarquez que je tape sur certains journalistes, qui malheureusement n’en peuvent rien ! Les ordres viennent parfois d’en haut. Du directeur de rédaction, du rédac chef, ou autre patron… « Tu me feras un papier sur ce que le pape dit du mariage gay dans l’encyclique ». Et là, j’ai juste peur. Ça signifie que l’on cherche la petite bête qui va faire du buzz, et qu’on oublie totalement le reste, y compris ce que le pape aurait pu dire de bien, sur le droit des plus pauvres, sur le partage, sur l’ouverture aux non-chrétiens… Tout ça, c’est pour la poubelle !

Oui, on est loin du frame, on l’a délaissé pour prendre des œillères. Voire pour le masque qui ne laisse passer qu’un filet de lumière, qu’un fragment de la réalité !

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Appliquée à cette photo, la méthode donnerait un truc du genre : « Cette année, la tendance est au bleu pour les foulards et cravates » (Merci aux deux ordonnés de Metz pour avoir servi de modèle à la démonstration, même si la photo n’était pas faite pour ce raisonnement à l’origine !)

Bon, je pourrai continuer à râler longtemps, ça ne résoudrait rien au problème : pourquoi une telle situation ? Parce que les journalistes ne sont pas formés dans le domaine ecclésial et que (il faut aussi l’admettre), le document n’est pas des plus accessibles ! Mais ce manque de formation est imputables aux titres de presse, qui n’investissent plus le sujet (je ne parle pas des journaux / magazines spécialisés dans le domaine). Du coup, on se contente de la dépêche AFP, ou de reprendre ce que d’autres ont dit. Il y a aussi la question (française) de la place de la religion (et de la foi chrétienne) : surtout, ne rien dire de positif. Il y a aussi l’inintérêt… ce qui est très peu en phase avec l’émoi médiatique entourant l’élection du pape. Et il y a, pour certains, les poncifs récurrents sur l’Eglise. Et finalement, ce qui est peut-être le plus juste, le principe de base du journalisme actuel : comme il faut faire du fric, vendre le journal, on va au plus simple, et on ne prend pas le temps de bosser le document !

Mais bon, ce qui m’interroge le plus, c’est la question lancinante : et si ce traitement de l’information était appliqué ailleurs ? Si finalement, on ne regardait les infos politiques qu’à travers le frame ou les œillères qui intéressent les patrons de presse, ou certains grands journalistes, les autres étant obligés de s’aligner… Si finalement on ne nous donnait que ce qui est déjà filtré ? Les journalistes étant obligés de s’adapter aux opinions de leur boss, de manière officielle ou officieuse, sournoise (coucou Jean-Pierre Denis !). Certains ne succombent pas, et la pluralité de la presse est censée corriger ce phénomène. Mais j’avoue avoir un peu de mal à la voir à l’œuvre dans le cas de l’encyclique !

On a l’impression qu’aujourd’hui, il n’y a plus que le scoop qui compte. Et ensuite, tout est abandonné… Le « mur des cons », ça donne quoi ? Vous en avez une idée ? Delphine Batho, que fait-elle maintenant ? L’intégration d’un 28ème pays à l’Union Européenne, vous en avez beaucoup entendu parler ? Les veilleurs, vous avez vu des médias qui leur donnent la parole ? Pareil pour les cercles de silence, pour les associations qui militent pour les conditions de vie des immigrés… Vous avez vu comment Médiapart a été accablé par les autres médias quand le site internet a sorti « l’affaire Cahuzac » ? A Metz, le principal journal local a systématiquement refusé de se déplacer pour couvrir l’actualité des manifs pour tous ou autre rassemblement des veilleurs, alors que pour les opérations d’autres mouvements, favorables au mariage gay, la pub a été largement relayée. Elle est où l’égalité, la parité (coucou Najat !) Même l’actu n’est plus intéressante. On se concentre sur des détails, sur des peccadilles parfois… et le système s’auto-alimente… loin de la réalité. La réflexion cède largement le pas sur l’émotion, sur l’analyse. Même dans de grands titres. Quel dommage !

Je sais, j’exagère. Enfin, je sais… j’espère que j’exagère ! J’espère que les journalistes et leurs patrons, leurs formateurs, les communicants et autre acteurs de l’information ont encore un peu de #déontologie et de liberté, que tout n’est pas gangrené par le sacro-saint rendement ou par les consignes reçues « d’en haut » (enfin, pas de tout en haut, sinon, ça ne serait pas comme ça, hein Seigneur !)

Et du coup, pour finir, j’ai envie de faire mon Stéphane Hessel, et de crier : Informez-vous ! Oui, informez-vous, et surtout, osez demander des comptes à ceux qui vous informent !

Et pour ceux qui pensent que je m’enflamme trop vite, ce n’est pas la première fois, ni pour défendre l’Eglise et un cardinal, ni pour défendre l’intégralité des propos d’une ministre !

Du mariage pour tous … et des mes états d’âmes

18 avril 2013 1 commentaire

Bon, dès le début, je tiens à le dire : casser la gueule aux personnes homosexuelles, les dénigrer, brûler leurs locaux, voire même les insulter, c’est inadmissible ! Voilà ! C’est dit, et c’est vraiment sincère. Pour ceux qui en douteraient, c’est écrit tout en haut de ce billet, en premier, pour éviter qu’on ne me prête des sentiments que je n’ai pas.

Du coup, je peux dénoncer sans problème ce genre de tweet :

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Je le peux d’autant plus que je ne me sens pas concerné par ce tweet. En effet, je ne suis pas homophobe, même si parfois je fais une blague sur les homosexuels. Sinon, je serai aussi écoissaisophobe (car je fais des blagues sur les écossais et leur présumée radinerie), je serai belgophobe, prêtreophobe, religieusophobe, homme-politicophobe, féminophobe (à moins qu’on ne dise simplement macho),…  En fait, j’ai simplement des convictions. Et j’estime, comme nombre de manifestants, avoir le droit de les exprimer. En revanche, il arrive que parfois, même quand je ne le fais pas (dire mes convications), que je sois pris à parti parce que je suis prêtre et qu’on me balance des #manifdelahonte à la tronche. Et là, désolé, je réagis, parce que c’est de la discrimination. S’adresser à quelqu’un en lui reprochant un comportement collectif sous prétexte de son appartenance religieuse, c’est juste grave.

Lire la suite sur le Blog de La Croix

Quand les sondages nous oublient…

10 avril 2013 2 commentaires

Regardez bien l’image ci-dessous, et dites moi si rien ne vous choque :

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Alors ? Rien ? Vous avez vraiment bien lu la question ? « Avez-vous très confiance, plutôt confiance, plutôt pas confiance ou pas confiance du tout dans chacune des organisations suivantes… ? » Et il n’y a toujours rien qui vous choque ? Rien qui manque ? Du style un truc qui parle largement de confiance comme institution, qui parle peut-être même d’espérance… Style l’Eglise, ou les Eglises en général, voire même les religions, les spiritualités. Mais non, rien ! Dans ce sondage Opinionway publié ce matin par Atlantico, on trouve en revanche « les banques » ! Ben oui , y’a absolument aucune défiance envers les banques, les placements hasardeux qu’elles proposent, vous savez, les fameux subprimes ! On peut faire confiance aux banques… C’est tellement logique. En revanche, les associations caritatives, les espaces d’intégration sociales que sont (ou au moins que devraient être, dans le pire des cas) les différentes religions, on n’en trouve aucune trace.

Alors du coup, je cherche une explication. Et je trouve trois réponses.

  1. l’espace religieux est devenu tellement privé qu’il devient tabou d’en parler en public, dans un sondage…
  2. l’Eglise (et les religions) ont totalement disparu du panorama médiatique, dès lors qu’on ne s’intéresse plus à elles en tant que telles (style l’élection d’un pape ou des affaires glauques les concernant)
  3. l’Eglise est bien au dessus de la mêlée qui est proposée, entre « partis politiques », « médias », « banques », « syndicats », « entreprises », « hôpitaux » et « police »…

Bon, je vous avoue avoir une préférence dans ces possibilités. Pour vous donner un indice, je cite un pote à moi qui disait : « les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers« …

Le

Confessions

20 janvier 2013 5 commentaires
Photo de Marc Roussel / Flickr

Photo de Marc Roussel / Flickr

Les vieux prêtres vous le diront, depuis quelques dizaines d’années, la confession à changé. Ce sacrement est désormais considéré comme ringard par une partie de la population. Celle qui a connu les “confessions à la chaîne”… Chaque semaine, il fallait aller se confesser chez le curé du village. A tel point que parfois, pour ne pas avoir l’impression de radoter, les enfants inventaient des péchés. Et puis, dans la foulée du concile Vatican II, les absolutions collectives avec préparation en commun se sont mises en place. Tout allait bien… jusqu’à ce que des évêques, réunis en synode à Rome, s’attaquent à ce sacrement, à la manière de le célébrer. Et en 1984, Jean Paul II a publié le texte « Reconciliatio et paenitentia » (Réconciliation et pénitence), dans lequel il rappelle que le la confession individuelle « constitue l’unique manière normale et ordinaire de célébrer ce sacrement ». Le “rétro-pédalage” concernant ce sacrement l’a, selon ses détracteurs, enterré. Et effectivement, force est de constater que parmi les personnes de plus de 40 ans (plus ou moins), assez peu de fidèles vivent ce sacrement.

Quelques années plus tard, en 2001, M6 nous a présenté la première émission de télé-réalité, « Loft Story ». Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais à l’époque, pour faire le point, pour se lâcher sur les autres, les participants allaient dans le “confessionnal”. Seuls, avec une caméra certes, mais sans le reste du groupe. Ce qui se disait là ne sortait pas, si j’ose dire, c’est-à-dire que les autres ne le savaient pas… une confession individuelle publique en quelque sorte. C’était aussi le retour en fanfare d’un meuble auquel depuis longtemps les sacristains avaient trouvé une nouvelle utilisation, celle de placard à balai… Dès lors, le confessionnal redevenait tendance, au moins dans la société civile. A tel point que lors de l’arrivée de Twitter, l’un des premiers mots-clés utilisé était #jeudiconfession ! Le jeudi, on pouvait dire une ou plusieurs choses de sa vie privée, un peu comme une confession. Toujours le même principe. A la différence notoire que dans tous ces cas, il n’y avait que la partie confession, l’accusation dirions-nous. La contrition, la pénitence, l’absolution ne sont plus requises ou reçues… Ce n’est plus une réconciliation qui se vit, mais juste une de ses composantes, la confession (parfois même sous un mode de bravade !)

Si je vous parle de tout cela, c’est parce qu’en fin de semaine, nous avons eu droit à un nouvel épisode de confession individuelle publique. Lance Armstrong recevait Oprah Winfrey chez lui pour avouer, publiquement, devant des millions de téléspectateurs, qu’il s’était dopé durant ses années de gloire. Je ne sais pas si vous avez vu l’émission, mais rien que le cadre et les postures étaient éloquents. Le cycliste recevait la star chez lui. Plus besoin de se déplacer. Quand on est coupable, quand on veut avouer une faute, si l’on est connu, le public se déplace chez vous ! Et puis, la posture physique du sportif. Assis, le bas du mollet droit négligemment posé sur le genou gauche, un sourire à la limite du narquois… Non mais ho ! C’est quoi ça ? Oprah était bien plus pro, jouant à merveille son rôle de “ministre du sacrement”. Une robe parme (enfin je crois, je suis daltonien !), le ton posé, le regard fixe, les petites fiches en main… On lui aurait donné l’absolution comme on dit, si ce n’était elle qui devait recueillir la confession !

Oui, un grand show télévisé, mais bien loin de la réalité de la confession. On ne sentait que peu de remord dans les propos de l’ex “septuple vainqueur du tour de France”. Et surtout, il y manquait la contrition, sans parler de la pénitence ! Oui, aujourd’hui, on se “confesse” si j’ose dire, on raconte, et on passe à autre chose. Les plus naïfs sympas loueront celui qui a fini par oser parler, les plus suspicieux chercheront l’intérêt du sportif de se livrer à cette interview, mais dans tous les cas, la justice ne sera pas rendue. Enfin pas par ce biais. Et c’est dommage.

Car s’il y a bien la confession, qui ose imaginer qu’avec cette interview, qu’avec toutes les interviews de ce genre, ceux qui parlent se réconcilient avec les autres ? Oui, la vérité est dite, mais est-elle crue, acceptée ? A chacun de donner sa réponse…

Haiti vs « la république compassionelle »

14 janvier 2013 5 commentaires

Samedi matin, j’étais dans ma voiture, en route vers le carmel pour y célébrer la messe. J’écoutais les informations sur une radio nationale. Le jour précédent, la France venait de s’engager militairement au Mali, et surtout, nous étions à la veille de la manifestation contre le #mariagepourtous. Durant la semaine, les émissions spéciales s’étaient succédées sur le sujet. Du coup, une fois de plus, je m’attendais à entendre parler des cars qui se préparaient, des opposants qui tenteraient de minimiser par avance le rassemblement parisien…

Mais là, surprise, un sujet inattendu, et comme on dit dans le milieu, loin de l’actualité chaude, c’est-à-dire de ce qui venait de se passer ou aller se passer… Trois ans après le séisme dévastateur en Haïti, la radio proposait, dans la journée, un gros plan sur ce pays. Un bol d’air frais dans une actualité marquée par les affrontements, même si certains sont moins meurtriers que d’autres. J’en profite pour vous inviter à la prière pour les soldats français tombés pour la paix, que ce soit au Mali ou en Afghanistan.

Souvent, on parle d’un sujet dans l’immédiateté, quand la situation est dramatique, quand l’émotion nous submerge. Les médias se jettent sur le sujet, c’est leur travail d’ailleurs, en font des tonnes, puis passent à autre chose. Idem pour les hommes politiques. Un drame arrive, et les voilà qui se déplacent pour voir de quoi il relève, mais aussi pour rassurer les habitants, enfin, les électeurs. Oh, je ne leur dénie pas un intérêt pour le sujet. Simplement, la règle du jeu fait qu’un drame chasse l’autre, et même quand on décide de faire quelque chose, de réagir, que ce soit législativement ou autrement, la durée de réaction est telle que  le sujet perd de son intérêt médiatique. Et alors, plus rien ne se passe, la machine, sans l’éclairage des médias, se grippe.

9782246697510Certes, il y a des exceptions, mais comme de nombreuses exceptions, elles confirment les règles générales. En 2006, Michel Richard a publié un petit livre, un pamphlet oserai-je dire, intitulé « La république compassionnelle ». S’il salue l’importance de la compassion, il n’hésite pas non plus à dénoncer la transformation de cet intérêt pour l’être humain qui entraîne que la république se soucie désormais moins de la chose publique que de la gestion publique de la chose privée. Pour lui, les gouvernants sont devenus les aumôniers d’une société lacrymale. Malgré la laïcité, ils sont désormais les « grands ordonnateurs des pompes doloristes » et courent au devant des malheurs: au final, tout conduit à la surenchère dans la compétition victimaire du côté des gouvernés et dans la compétition compassionnelle du côté des gouvernants.

C’est dans cette société française que, comme par grâce, les trois ans du séisme en Haïti ont été rappelés. Pour une fois, on a quitté le terrain émotionnel ; on a pu s’en apercevoir à travers les différents reportages réalisés. La question n’est pas ou plus de savoir ce que l’Occident peut faire pour ce pays, mais c’est bien du futur des haïtiens qu’il était question dans les reportages. Comment eux-mêmes se prennent en charge, essayent de reconstruire leur vie, de bâtir un système d’entraide. Comment la conscience nationale des habitants sert au développement de l’île.

C’était, je vous l’avoue, un, moment de bonheur et de joie pour moi, car pour une fois, les bons sentiments et le politiquement correct ont laissé la place à une vraie humanité, celle qu’on espère voir plus souvent. Comme quoi, il ne faut jamais désespérer…

Revue de Presse : Noël, enfants, #findumonde, voeux,…

20 décembre 2012 2 commentaires

001 COUVOK LV 3512-13.inddNoël, la fête de la naissance d’un enfant. Voilà ce que l’Eglise va célébrer d’ici quelques jours. Et l’Avent est là pour nous y préparer. Mais le contexte politique et social est tel qu’aujourd’hui, les enfants ne sont plus forcément protégés, mais parfois instrumentalisés. La preuve avec Valérie Barbe et David Lerouge, qui dans leurs blogs, ont poussé un gros coup de gueule contre ce phénomène. De son côté, l’abbé Eric de Beukelaer nous indique que pour lui, « l’enfance est théologienne ». Je le laisse vous expliquer cette belle expression, dans un article qui est un #mustread ! Pour aller plus loin, il vous faudra passer par le site Croire.com ou le magazine La Vie, qui offre un numéro double intitulé  « Jésus, l’enfant mystère » ! Un conte, des témoignages sur ce qui fascine chez Jésus… Bref, du bonheur.

Mais en même temps que nous célébrons cette fête, il faut garder à l’esprit la tragédie qui s’est passée aux Etats-Unis la semaine passée. L’abbé Grosjean, sur le “Padreblog” vient nous dire comment « fêter noël après le massacre de Newtown ». Un texte juste, profond, nécessaire. Merci ! Car c’est une tragédie qui s’est déroulée dans cette petite ville. Comme l’écrit Gérard Leclerc dans l’édito de France Catholique de la semaine, « les Etats-Unis ont donc vécu leur massacre des “saints Innocents”, avant que la fête liturgique nous rappelle la tragédie rapportée par saint Matthieu : “Dans Rama s’est fait entendre une voix, qui sanglote et moult se lamente : c’est Rachel pleurant ses enfants, et ne veut pas qu’on la console, car ils ne sont plus” » ! Pour le cardinal Bertone, en visite à l’hôpital pédiatrique Bambino Gesù de Rome, « les enfants doivent être protégés », pour que de telles atrocités ne se reproduisent pas.

Une attention aux enfants que Mgr Giraud reprend également à son compte, dans une lettre aux fidèles de son diocèse à propos du « projet de loi “ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe” ». Il y écrit que, « loin de vaincre une discrimination, ce projet de loi risque au contraire d’en créer de nouvelles, notamment pour les enfants dont il méprise les droits universellement reconnus ».Je vous renvoie également à un billet de Nicolas Mathey sur le blog “Thomas More” où, à travers la question de la gestation pour autrui, c’est la personne (et l’enfant aussi) qui est commercialisée. Rien de moins que ça !

Et à propos de ce débat, deux mots reviennent souvent, opposés l’un  à l’autre : Homophobie et cathophobie. Charles Vaugirard voit cette homophobie jetée en pâture aux opposants du projet de loi et aux médias comme un alibi. Stéphanie Le Bars note « la crainte des opposants de passer pour des homophobes ». Pour le père Cédric Burgun, « Trop c’est trop » ! Lui qui ne voulait pas utiliser cette expression de « cathophobie » nous dresse une liste des derniers problèmes survenus, qui le font basculer pour cette lecture Au point de s’interroger : « Notre pays deviendrait-il une dictature de la pensée unique où l’idéologie prime sur le débat et l’échange d’opinions ? ». Falk van Gaver, sur le site Causeur, remonte encore plus loin dans la liste de cet anticléricalisme ambiant  pendant que Pierre de Charentenay pointe des « tentations idéologiques ». C’est peut-être le mot qui convient, car on est quand même loin de ce qui se passe dans d’autres pays. La preuve en Orissa, où, « quatre ans après les pogroms anti-chrétiens, les exactions continuent » !

Ca bouge un peu, du côté des JMJ, avec de belles images qu’on peut retrouver sur la page Facebook des JMJ. On y voit, sur un fond qui reprend des éléments du logo des JMJ, quelques citations de Benoît XVI. Allez, je craque, et je vous en livre quelques unes (les citations, pour les images, il faudra aller voir la page !) : « Nous pouvons le rencontrer à présent dans un “aujourd’hui” sur lequel le soleil ne s’est jamais couché », ou encore « Dieu est véritablement proche de chacun de nous et veut nous rencontrer, nous conduire à lui ». Ou, pour finir, et plus actuel dans cette période préparatoire à Noël, « A Noël, nous rencontrons la tendresse et l’amour de Dieu qui se penche sur nos limites, sur nos faiblesses, sur nos péchés, et s’abaisse jusqu’à nous ».

Pour l’année de la Foi, je vous invite à lire un article d’Eugénie Bastié dans la revue Causeur. Il parle du pape qui tweete, mais au final, c’est un texte sur ce qu’est l’Eglise, une profession de foi en cette institution médiatrice. C’est un très beau texte, qui se termine par ces quelques mots : « Du Christ en croix au pape qui tweete, de Rerum novarum à Vatican II,  c’est la même histoire, celle d’une religion médiatisée, incarnée par la révélation, qui doit donc dialoguer avec le temporel et y ajuster sa forme, sans pour autant céder aux sirènes du progressisme en tiédissant le contenu de son message. » Et sinon, je vous renvoie aussi à La Croix, qui propose un dossier chaque week-end de l’Avent, sur la Foi. Plusieurs pages à lire dans le quotidien du samedi-dimanche, ou sur le net ! Ou encore, pour comprendre ce que signifie le verbe croire, il y a le blog de l’abbé de Somme, avec la première de ses 6 catéchèses sur le Credo !

Autour de Diaconia, une interpellation de François Soulage, sur son blog, à propos de la solidarité nationale et de la manière de la vivre. Une petite réflexion, une prise de position, mais surtout un appel à la mettre vraiment en œuvre !

Un mot sur le rapport Sicard concernant les questions autour de la fin de vie. Le texte le plus équilibré et le plus simple sur le sujet que j’ai trouvé reste l’éditorial de Dominique Quinio dans l’édition de mardi de La Croix (article payant). Sur le site internet du journal, les abonnés trouveront un dossier complet à propos de ce rapport. Sinon, reportez vous au magazine La Vie et à son site internet, où là aussi vous trouverez de nombreuses interventions et interview sur le sujet, et même « l’intégralité des conclusions du rapport Siccard » ! Pour les évêques de France, « Mgr Podvin appelle à la vigilance » sur les ondes de Radio Vatican. Selon Famille Chrétienne, « Alliance VITA salue le travail approfondi de la mission dirigée par le Professeur Sicard sur la fin de vie : elle se reconnait dans plusieurs de ses conclusions, notamment celles qui entendent lutter contre la « mort sociale » des personnes malades ou âgées, et celles qui réclament la généralisation de la culture palliative dans notre pays, en particulier pour tous les soignants ». Mais la question du suicide assisté est néanmoins soulevée. Le site Fait-religieux.com souligne quant à lui la qualité des débats autour de ces questions. Voilà bien qui change d’autres sujets ! Un mot pour finir sur le sujet avec nos voisins belges, chez qui le sujet de l’euthanasie fait son retour. Le site info.catho.be titre ainsi : « Vers davantage d’euthanasie ? ». Preuve qu’on n’en a jamais fini sur ces sujets…

En même temps, pourquoi stresser ? Car comme vous le savez, demain, c’est le 21 décembre. Si, vous savez, Ze fatidic date (ou the fateful moment, merci Twitter). C’est, selon  la prophétie maya, la fin du monde. Quoique, ce n’est pas si évident, à écouter le professeur Jean-François Mayer, que j’ai eu la chance d’interviewer sur le sujet. Il est le directeur de l’institut Religioscope, qui a publié un article sur son site internet à propos de cet “évènement” et dresse un panorama assez complet du phénomène autour de cette date ! De manière plus légère, La Vie nous propose, pour cette date, de regarder plusieurs extraits vidéos (13… il fallait oser sur ce sujet !) qui parlent de la fin du monde, et de la manière d’y survivre, et Henry le Barde nous adresse sur le blog du “Temps d’y penser” ses « meilleurs vœux de cataclysme » ! Voilà une autre manière de vivre cette fin du monde, proche de celle choisie par le rédacteur du blog “Parcours de Foi”, qui nous remet en présence des enfants avec un souhait : « “Occupons-nous de nos enfants, et ne nous inquiétons pas de la fin du monde”.  Noël est devenu la fête de l’enfant, fêtons nos enfants et faisons les vœux que les hommes puissent, en 2013, mieux organiser la terre pour toutes les naissances à venir et installer la paix pour leur croissance et leurs amours ».

Vœux de Noël : Valérie Barbe, très en verve cette semaine, nous invitait hier à vivre « une trêve de Noël ». L’occasion de se poser, comme elle, quelques questions dans ces “dialogues” et prises de positions qui nous habitent tous en ce moment ! Et pourquoi ne pas profiter aussi de ce moment pour préparer (si ce n’est pas encore fait), vos cadeaux (en attendant de préparer la table et la maison). Frédéric Aimard nous propose une solution : un abonnement à France Catholique ! Et il nous explique que même si nous lisons le site internet de la revue, c’est l’argent des abonnements papiers qui lui permet d’exister. L’autre proposition qui nous est faite par le site Youphil, c’est d’offrir une chèvre ! Ou une vache, ou des lapins, voire des abeilles…  Bien sûr, ce n’est pas pour votre voisin proche, mais c’est un cadeau solidaire qui « permet à une famille pauvre d’Afrique de recevoir un animal de ferme et une formation à l’élevage ». Une belle idée finalement ! Restons dans l’ambiance de Noël avec une crèche géante réalisée par 1400 élèves d’un lycée professionnel de Toulouse. Cette crèche est à voir dans la cathédrale de Toulouse, comme l’expliquent le journal La Dépêche et le site internet de l’Eglise en Haute –Garonne ! Une manière nouvelle et inventive de proposer une réflexion sur l’incarnation !

Henry le Barde regarde, pour sa part, en arrière, et il “analyse” son Avent, le trouant « peu glorieux », à cause « d’une fracture entre vie numérique et vie réelle ». Entre des billets pour défendre une cause et des engagements associatifs ou des rencontres et des partages bien plus divers, il y a un monde parfois… Et ce n’est pas Jérôme Anciberro, le rédacteur en chef de Témoignage Chrétien, qui dira le contraire. Il appelle dans l’éditorial de cette semaine de la lettre de refondation du magazine, à ne pas céder à la tentation de  la « désincarnation » (son discours s’applique à l’école, mais il est facilement universalisable…) .Et pour finir, deux petits billets sur le même sujet. Le premier est signé deJoseph Gynt. Le blogueur fait une déclaration à ses confrères et consœurs : « Inutiles blogueurs, vous m’êtes essentiels ». Une déclaration d’amour pour les blogs et l’information qu’ils diffusent, et un appel à continuer à semer, même si parfois certains ont l’impression d’être inutiles. Le second billet est écrit par Tigreek et rend grâce pour plein de petites joies, dont celle d’être unie aux autre blogueurs ou lecteurs de son blog… Oui, finalement, on s’en rend compte, par les blogs aussi, on s’unit, on se retrouve. Une nouvelle forme d’incarnation ?