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Prière pour la paix

7 septembre 2013 2 commentaires

 
A l’occasion de la journée de jeûne et de prière voulue par le pape François pour la Syrie, le Moyen-Orient et pour le monde, je vous propose quelques éléments d’information et une petite prière. Merci à Benoît de l’AED, qui m’a fourni ces quelques données.
 

Quelques informations sur la Syrie :

 

Carte Syrie

Superficie : 185.181 km2

Population : 21 millions d’habitants.

Religions :

  • Musulmans sunnites : 72 %
  • Musulmans chiites : 3,5 %
  • Alaouites : 13 %
  • Chrétiens : 7 %
  • Druzes : 1,5 %

Pays voisins : Turquie, Irak, Jordanie, Israël, Liban
 
 

La situation en Syrie

 
Le conflit meurtrier qui touche la Syrie et dure maintenant depuis plus de deux ans a déjà fait 100.000 victimes et 3 millions de réfugiés, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Plus que jamais, ces derniers ont besoin de nous. Depuis l’année dernière l’AED a déjà pu  secourir des milliers de Syriens déplacés dans leur propre pays, ou réfugiés au Liban, en Jordanie ou en Turquie. A Homs par exemple, dans un centre fondé par l’AED, 500 familles ont pu passer l’hiver. Mais les familles continuent à dépendre totalement des colis d’aide qui leur sont envoyés.

De plus, les chrétiens qui ont fui sont terrifiés et refusent toute aide venant d’organisations qui veulent enregistrer leur nom et les photographier : ils craignent la vengeance des fondamentalistes, et une évolution de leur situation à l’irakienne.

Seule l’aide de l’Église a encore leur confiance. Et le soutien spirituel qu’elle leur apporte est capital.

Un grand merci pour ce geste d’amour envers ceux qui ont tout perdu.
Vraiment ils ont besoin de votre aide et de votre prière !

Mgr Kassab, archevêque de Homs

 

Prière d’intercession pour la paix en Syrie

 

Dieu de compassion,
Écoute les cris du peuple syrien,
Réconforte ceux qui souffrent à cause de la violence,
Console ceux qui pleurent leurs morts,
Fortifie les pays voisins de la Syrie dans leur secours et hospitalité pour les réfugiés,
Convertis les cœurs de ceux qui ont pris les armes,
Et protège ceux qui se dévouent à la paix.
 
Dieu d’espoir,
Inspire les dirigeants de choisir la paix au lieu de la violence
et de chercher la réconciliation avec leurs ennemis,
Inspire de la compassion à l’Église universelle pour le peuple Syrien,
Et donne-nous l’espérance d’un avenir de paix fondé sur la justice.
 
Nous te le demandons
Par Jésus Christ Prince de la Paix et Lumière du monde,

Amen !

Syrie-2

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Louis, victime de l’attentat de Bagdad : « Si Dieu nous a laissé ici, c’est bien pour une raison »

6 février 2011 2 commentaires

Le 31 octobre dernier, sa vie a basculé… Il s’appelle Louis. C’est à l’aéroport que je l’ai rencontré. Il venait d’atterrir, et cherchait un taxi pour aller en ville. Il ne parlait pas italien. Comme on allait dans le même coin, on a partagé le taxi. Et là, en discutant, il a tendu l’oreille plusieurs fois. Et à un moment, il me l’a dit : « Excusez moi, je n’entends pas bien, je viens à Rome pour me faire soigner ». Et dans la foulée, il continue : « Je suis l’une des victimes de l’attentat à Bagdad, en octobre dernier… » ! La providence fait parfois vraiment bien les choses ! Du coup, on a discuté, pendant tout le trajet. Et pour une fois, j’ai remercié les embouteillages… Assis à côté de Louis, je me rendais compte, soudain, qu’arriver ¼ heure plus tôt ou ½ heure plus tard, c’était si futile !

Oui, on a parlé avec Louis. De ce qui s’était passé ce jour là, du climat en Irak, de la persécution contre les minorités religieuses. Parce que quand moi je disais chrétiens, il me répondait « minorité », en signalant les juifs, les kurdes, et tous ceux qui sont discriminés. Je vous avoue que ce matin là, j’ai pris une vraie leçon. De géopolitique, avec un témoignage et une analyse du rôle de l’Occident, de la manière dont on réagit, ou plutôt, dont on ne réagit pas ! Il faut dire que Louis travaille à l’ambassade de France à Bagdad…  Il est donc plutôt bien informé. Et quand le soir même, à Bruxelles, les responsables européens n’arrivaient pas à trouver un compromis pour condamner les violences religieuses contres les chrétiens au Moyen-Orient, je me disais : Si seulement ils avaient rencontré Louis comme moi, le matin même !

Mais surtout, Louis m’a donné une leçon de foi. Je lui disais que devant ce qui était arrivé, en France, de nombreuses personnes auraient accusé Dieu d’avoir laissé ce massacre se produire. Lui m’a dit qu’il continuait d’aller à la messe, et qu’il rendait grâce à Dieu. « Si Dieu nous a laissé ici, c’est bien pour une raison » a-t-il ajouté ! Sa communauté continue d’ailleurs de se retrouver pour prier ensemble. Si ca ce n’est pas un témoignage vivant que la foi est plus forte que la mort…

Et puis, je lui ai quand même demandé comment nous, croyants de France, on pouvait les aider, concrètement. Parce que pour la prière, c’est évident que rien ne nous empêche de l’adresser à Dieu pour eux… Et là, même s’il m’avouait que l’argent leur servait, car ils vivent comme des citoyens de seconde zone, avec des emplois qui leur sont interdis, Louis a insisté sur l’engagement que nous pouvions avoir auprès de nos dirigeants… Pousser auprès des hommes politiques français pour qu’une solution soit trouvée à la présence des chrétiens en Irak…

Louis a été opéré il y a une semaine, d’un tympan qui le faisait souffrir. Il va mieux, et il doit rentrer ces jours-ci à Bagdad… Comment sera son futur, et celui des chrétiens d’Orient ? Je ne le sais pas, mais maintenant, au moins, je sais ce qu’il attend que je fasse pour lui !

 

Le Synode pour le Moyen-Orient : une réelle expérience de communion

Le quatrième synode présidé par Benoît XVI vient de s’achever. Et déjà le pape en annonce un nouveau pour 2012, sur le thème de la nouvelle évangélisation. Il est donc, depuis le concile Vatican II, le pape qui utilise le plus la synodalité dans le gouvernement de l’Église. Cette manière de faire est également habituelle pour les pasteurs du Moyen-Orient qui se sont réunis au Vatican pendant ces deux semaines. En revenant sur le thème biblique choisi pour cette rencontre (“La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme” (Ac 4, 32), Benoît XVI déclarait d’ailleurs ce dimanche, lors de l’homélie de la messe de clôture du Synode : « nous avons partagé les joies et les peines, les préoccupations et les espérances des chrétiens du Moyen-Orient. Nous avons vécu l’unité de l’Église dans la variété des Églises présentes dans cette région ».

L’unité et la communion étaient en effet l’un des thèmes majeurs abordés par ce Synode. Et les interventions en assemblée plénière ont largement abordé la problématique d’une plus grande unité entre les chrétiens des divers rites. La demande d’une version unique du Notre Père en Arabe figurait ainsi parmi les demandes concrètes des patriarches et évêques, tout comme la valorisation de la langue arabe par le Saint-Siège. En outre, entre les participants, l’idée d’un synode local régulier pour le Moyen Orient a accueilli un large consensus. Si la périodicité n’est pas encore fixée (entre deux et cinq ans), cette idée semble avoir fait son chemin au sein d’Églises plutôt habituées à vivre de manière très indépendantes. Les rites des uns et des autres, chaldéens, melkites ou syro-malankars, ne devraient donc plus être un frein à une action commune au niveau hiérarchique.

Parmi les autres défis portés à la lumière par ce synode, celui de l’émigration. En effet, devant les conditions de vies qui leurs sont imposées, de nombreux chrétiens ont choisi l’exil. Le message final du Synode ne dissimule rien de ces problèmes, comme il réaffirme la volonté des chrétiens de rester sur cette terre où le christianisme est né et où il s’est développé dans les premiers siècles : « Dieu veut que nous soyons chrétiens dans et pour nos sociétés moyen-orientales. C’est le plan de Dieu sur nous, et c’est notre mission et notre vocation que de vivre ensemble chrétiens et musulmans ».

La question des relations avec l’Islam a, par conséquent, été au cœur de nombreuses interventions des pères synodaux, avec plus ou moins de retenue selon leurs origines géographiques et les craintes des uns et des autres. La légitime demande du droit à la liberté de religion et de conscience a été maintes fois exprimée, accompagnée de l’émergence du thème de la citoyenneté, qui garantirait l’égalité à tous les habitants d’un pays sans tenir compte leur appartenance religieuse.

Mais ce serait faire injustice au Synode spécial pour le Moyen-Orient que de ne pas souligner également l’aspect pastoral des travaux. Si la composante politique était nécessairement présente, avec un appel à la paix et à la résolution des conflits qui ensanglantent la région, la vie des communautés chrétienne a largement été abordée. Et ce au travers des questions concernant, entre autres, l’éducation, les vocations ou la place des femmes au sein de la société.

Le plus important cependant, dans ce synode comme pour celui qui s’est tenu l’an dernier au sujet de l’Afrique, ce sont les temps d’échange, de partage, les relations qui ont pu se tisser entre intervenants, durant ou en dehors des temps institutionnels. Le fait de se connaître, de partager leurs joies et leurs craintes, a été soulignée par de nombreux pères synodaux. C’est sur la base de ces relations que pourra se développer, dans le futur, une communion plus forte au sein de ces différentes Églises catholiques du Moyen-Orient, afin de leur permettre de témoigner toujours plus efficacement. Comme l’on soulignés certains pères, « il en va de notre survie sur cette terre ».

Sinon, dans l’actualité du Saint Siège, il nous faut noter aussi, ce mardi, la présentation à la Presse du message pour la 97ème journée Mondiale des Migrants et des réfugiés. On se souvient des remous qu’il y a eu, surtout en France, après les propos de l’ancien secrétaire du Conseil pontifical pour le migrants, Mgr Agostino Marchetto. La teneur de ce message sera certainement scruté par la presse française (si elle pense à regarder du côté de Rome, vu le climat social en France).

Pour terminer, retour à l’actualité : le pape a donc annoncé, au terme de la célébration de clôture du Synode la tenue d’un nouveau synode dans 2 ans, sur le thème de la nouvelle évangélisation. Et justement, durant le synode, il y a 13 jours précisément, le nouveau Conseil pontifical pour la Nouvelle évangélisation a vu le jour, et ses missions ont été présentées, dans les grandes lignes. La question de la transmission et de la catéchèse sont fortement reliés à ce nouveau dicastère, qui pour le moment n’a pas même un ordinateur, et aucun collaborateur. Rendez-vous d’ici quelques mois pour plus de détails…