Archive

Posts Tagged ‘célébration’

Joie de donner, joie de recevoir

26 avril 2012 8 commentaires

Illustration : Carmélites de Frileuse,
tirée du site http://www.pelerin.info

Le téléphone sonne. C’est une carmélite qui me demande si je suis libre pour venir célébrer la messe lundi matin. Pas de problème, je peux. Le rendez-vous est pris. Une jeune femme, que je prépare au mariage, est présente avec son fiancé. Elle paraît surprise. « Mais alors, les sœurs sont dépendantes des prêtres pour les messes ? Ce n’est pas pratique de toujours vous déranger, ça doit être pénible ». Oui, c’est vrai. Elles dépendent des prêtres qui viennent dire les messes dans leur communautés, surtout quand elles sont contemplatives, comme les carmélites ou visitandines, et qu’elles ne sortent pas. Mais c’est pareil pour les religieuses âgées, comme les sœurs de Peltre par exemple. Oui, il faut qu’elles gèrent bien leur planning, pour qu’il y ait toujours quelqu’un, pour que, quand l’un ou l’autre des habitués ne vient pas, elles trouvent un remplaçant… En même temps, quelle belle expérience pour elles que de voir qu’on ne fait pas église entre soi, dans une petite communauté, mais qu’il faut toujours l’ouvrir, que c’est ensemble, à plusieurs, que l’Eglise se construit et se vit. C’est ça, la diversité des vocations et des ministères.

Pour le prêtre, c’est vrai que c’est parfois un peu contraignant. Mais bon, soyons honnêtes, on aime bien être désirés… Et puis, quelle joie d’offrir de son temps et de célébrer l’eucharistie pour des religieuses qui prient si souvent pour nous. Mais surtout, quelle chance. Quand on arrive dans une communauté religieuse, tout est prêt ! Aube et chasubles sont disposées à la sacristie, les chants, les lectures, les fleurs, les lumières, la sono, tout est en place, allumé, préparé, réparti. Il n’y a rien d’autre à faire que de prier… Et ça, c’est quand même génial. Il n’y a pas les petits stress qu’on peut avoir en paroisse parfois, les oublis, les changements de dernière minute… Envolés ! Celui qui arrive pour célébrer dans ces communautés se laisse porter, en prenant le temps aussi. Les sœurs ont cette chance de ne pas avoir de gigot au four, ou un journal local à regarder à 18h55 ! Oui, le prêtre qui arrive pour célébrer chez les religieuses donne de son temps, mais il reçoit tellement plus.

C’est pareil quand on prépare un baptême, un mariage, voire des funérailles. On doit tout présenter et expliquer, et c’est l’occasion de parler de notre foi, de témoigner de ce Dieu qui nous fait vivre, qui est au cœur de nos vies. Idem quand on rencontre des jeunes qui préparent la communion, ou des JMJ’istes, ou des jeunes pros… Il faut préparer consciencieusement la réunion, mais quand on vit le moment présent, quand on se laisse atteindre par les questions et les attentes, que c’est beau. Certes, c’est parfois difficile. Entre l’émotion, la demande rituelle, l’obligation faite par les parents à leurs enfants d’assister à telle ou telle rencontre, et avec le poids des sollicitations, il y a des moments plus durs, de solitude, d’apparente inefficacité. Mais n’empêche, il y a toujours un instant où, alors qu’on a l’impression de donner, de se donner, on reçoit ! Un sourire, une question qui fait mouche, un regard, un temps de célébration partagé, l’accueil d’une famille ou d’une communauté. Et là, c’est un petit moment de paradis et de béatitude céleste et divine que l’on vit…

Oui, être prêtre, c’est être prêt à tout donner, mais c’est aussi et surtout, accepter de tellement recevoir…

La messe ordinaire ou extraordinaire…

13 mai 2011 8 commentaires

Comme moi, vous avez certainement entendu cette phrase, un samedi soir ou un dimanche matin : « Aujourd’hui, c’était vraiment une belle messe ». Mais c’est quoi une belle messe ?

A mon sens, c’est avant tout une célébration priante, qui nous permet de vivre une réelle communion entre nous et avec Dieu. C’est quand on vit quelque chose. Pour certains, ce sera une liturgie avec les enfants qui partageront leurs découvertes. Pour d’autres, ce sera une belle décoration florale, de beaux chants. Pour d’autres encore, la qualité de la prière et de recueillement de l’assemblée, ou encore l’homélie…

Le mieux, ce serait que tout soit mêlé…Mais bon, on a tous nos dadas, et du coup, on est plus attentifs à l’un ou à l’autre des aspects. Pourtant, il me semble que s’il y a un élément qui n’est pas négociable, c’est le rapport à Dieu. La messe n’est pas une rencontre d’amis, autour d’un thème, d’une belle idée. Ou elle n’est pas que ça. L’Eucharistie est avant tout rencontre de Dieu, réception de sa Parole et de sa Vie, partage de cette Vie.

Et ça, ça implique de se préparer pour la vivre, et d’être impliqué dans ce qui se joue. Quand le concile Vatican II parle de participation active, c’est cet aspect qu’il pointe. Pas simplement les chants, pas simplement le fait de tout voir ou de tout comprendre, mais le fait d’entrer dans un coeur à coeur avec Dieu.

Du coup, dans nos messes, certains ne s’y retrouvent pas, et ils quittent l’Eglise. Une étude menée par un jésuite aux Etats-Unis montre la moitié des catholiques américains qui quittent l’Eglise vont chez les protestants évangéliques, parce que l’Eglise, selon leurs dires, ne « satisfait plus leurs besoins spirituels ». Ils se dirigent donc vers une communauté offrant, comme le dit le jésuite, « une solide nourriture spirituelle et un bon service du culte ». On découvre aussi dans cette étude, qui me semble être assez facilement transposable en France, que seulement 11 % de ceux qui ont quitté l’Eglise mentionnaient une « nostalgie de la liturgie à l’ancienne ». Preuve que ce n’est pas forcément le latin qui les attiraient.

Et parlant de latin, ou d’ancienne liturgie, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec la célébration de la messe sous la forme "extraordinaire" du rite. "Extraordinaire" dans le sens de "non-ordinaire", ou plus justement de non-habituelle, et non parce qu’elle procure de plus grands bienfaits spirituels. Mais force est de reconnaître que quand on discute un peu avec des personnes qui fréquentent cette forme de célébration, le fait d’y trouver une dimension priante plus prégnante revient fréquemment.

Du coup, je m’interroge et me remet en question. Car dans la messe d’après Vatican II, on peut tout autant trouver cette dimension spirituelle. Ceux qui un jour ont participé à des JMJ ou ont été à Taizé, où la liturgie est encore différente, pourraient témoigner sans problème que même sans latin, en disant la messe de manière "ordinaire", on arrive à vivre vraiment la rencontre avec Dieu et la dimension participative de la célébration. Mais dans nos célébrations dominicales, c’est vrai que parfois, ça pêche un peu. Alors, comme je ne veux pas entrer dans un débat qui chercherait à dire que c’est de la faute à tel ou telle (aux lectures mal lues, aux chants qui comportent des paroles plan-plan, aux enfants de choeur qui gesticulent partout, à l’homélie du prêtre qui n’a aucun interêt), si la messe n’est pas aussi priante qu’elle le devrait être, je vous propose de nous y mettre tous, pour que vraiment, oui, on puisse tous dire : « Aujourd’hui, c’était vraiment une belle messe ».

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 3  075 followers