Relation Père-fils !

18 mars 2017 1 commentaire

L’évangile du jour

L’évangile du Fils prodigue est connu. Sous ce nom du moins. Il faudrait plutôt parler du Père prodigue. Et doublement prodigue. Car si la « balade » du fils puiné se solde finalement par l’accueil inconditionnel de son père, la rebutade du fils ainé est plus difficile à comprendre. Comme si, au final, il reprochait à son père d’être resté père après le partage de l’héritage.

Il faut quand même rappeler que selon les règles de l’époque, son héritage était le double de celui de son frère. Certes, il a travaillé, certes, il en a bavé aux champs… Mais est-ce que cela empêche un minimum de partage, d’accueil, de compréhension de l’attitude de son père ? Ce dernier, après le départ de son dernier fils, aurait-il dû arrêter d’être père ?

Mais voilà, père un jour, père toujours. Et l’accueil qu’il fait à son petit dernier qui revient le montre clairement, il ne peut se départir de son rôle. D’autant plus qu’il n’absout pas ce dernier : nulle part il n’est dit qu’il va lui redonner part à l’héritage. Il le rétablit simplement dans son rôle de fils. Il refuse de le laisser loin de lui. Rien n’est dit de la suite. Du travail qu’il va lui confier. De ce qu’il va lui laisser comme héritage ! La justice ne serait pas honorée si le père agissait autrement. Mais l’argent n’est pas tout. Il y a les liens du sang, la filiation et la fraternité. Voilà ce que l’ainé a du mal à comprendre. Et c’est à son tour de faire du chemin. Certes, il n’est pas parti, n’a pas visité le monde, ne s’est pas amusé, mais il n’a pas non plus grandi, il n’a pas pris son rôle de fils ainé, de nouveau patron de la famille au sérieux. Il est resté l’enfant, celui qui boude, celui qui fait tout porter à son père, tout en lui refusant ce statut.

Eh oui, le père reste père, mais les fils, tant celui qui part que celui qui restent, ont toujours à grandir pour s’approcher de son modèle…

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Love Revolution !

17 mars 2017 1 commentaire

L’évangile du jour

L’histoire est simple. Des vignerons qui se révoltent et veulent garder le fruit de leur travail pour eux. Quitte à spolier le patron… Ca fait très Russie de 1917 cette histoire ! Mais revenons à l’évangile. Le propriétaire de la vigne, voyant le sort réservé à ses émissaires, envoie son fils. Stop ! Vous en connaissez beaucoup des proprios aussi crédules ? Des gens qui s’imaginent que, parce que c’est leur fils, il sera mieux traité que les autres, qu’on a mis à mort ? A la place de ce propriétaire, qui n’aurait pas envoyé une bande de gros bras pour mâter cette rébellion ? Mais voilà, Dieu n’est (heureusement) pas comme nous. Dieu ne désespère pas de nous. Il va même plus loin, il prend le risque d’envoyer son fils dans le monde. Audace incroyable, folie du Père qui offre son Fils, folie qui préfigure la folie de la croix. Dans l’absolu, à voir le sort réservé au Fils, Dieu semble avoir perdu. Mais déjà au moment de l’envoi, la victoire c’est de croire en la possibilité de changement des destinataires… La victoire de Dieu, c’est de continuer, malgré tout, à croire en nous.

Et puis, deuxième point surprenant dans ce récit : « quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? On lui répond : Ces misérables, il les fera périr misérablement ». Réponse logique. Ou réponse humaine plutôt. Regardez la réponse de Jésus : « la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle
 » ! Tout juste consent-il à dire que le Royaume de Dieu sera enlevé à ceux qui ne le méritent pas… Mais nulle trace de vengeance dans ce texte… Dieu ne se résout pas à châtier les coupables. Il s’intéresse d’abord au positif ! A cette pierre qui devient clé de voûte ! A tous ceux qui sont exclus, rejetés, et qui auront la première place dans le royaume…

Une fois de plus, l’évangile vient nous surprendre, et nous révéler un Dieu bien plus “humain” que nous… Comme quoi, l’humanité est vraiment appelée à entrer dans la divinité…

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Portail 1.0

L’évangile du jour

J’ai eu un cours complet sur ce passage de l’évangile. Un cours d’exégèse. Un chercheur canadien venait nous présenter la méthode Reader response : le but de l’auteur serait qu’en lisant, on se mette à la place des personnages. Ou plus exactement d’un des personnages : l’homme riche. Et c’est normal, surtout au début du récit : il a réussi : il est riche, habillé de pourpre et de lin fin ! En plus, et c’est là la subtilité du texte, on ne connaît pas son prénom. Pas comme ce pouilleux de Lazare ! Donc, de manière assez logique, nous devrions nous placer dans les habits (rutilants) de cet homme riche pour voir ce qui nous attend si nous ne partageons pas nos richesses.

Mais aujourd’hui, en lisant ce passage, je m’arrête sur un mot : « devant son portail » ! Le portail. La frontière ! Aucun rapport avec les murs que nous sommes en train de bâtir ou les frontières que certains voudraient à nouveau ériger en Europe ! Le portail, c’est ce lieu qui sépare, qui enferme. Certes, il protège ceux qui sont à l’intérieur de la clôture, mais en même temps il referme le cercle. Le partage n’est plus possible.

Pour autant, Jésus dans ce texte parle bien du portail, et non pas d’un mur, ou de tout autre système de séparation fixe. Le portail a cette spécificité de pouvoir être ouvert. Ce n’est pas le cas dans l’évangile du jour, car Lazare est avec les chiens qui viennent lécher ses plaies (comme chez Tobie !) Mais pour nous, si nous nous mettons à la place de cet homme riche, qu’est ce qui nous empêche de l’ouvrir ce portail ? Qu’est ce qui entrave notre volonté ? Si vous savez, bonne nouvelle, le sacrement de la réconciliation vous attend. Si vous ne savez pas, allez-y quand même, Dieu fera des merveilles…

Et puis, je termine sur ce mot portail qui m’évoque – on ne se refait pas – les portails internet : ces sites pleins d’informations, de potentialités. Il nous suffit de cliquer sur la page, de les ouvrir, pour savoir, pour apprendre, pour découvrir.

Alors, finalement, êtes-vous prêt à utiliser tous les portails que Dieu met sur nos chemins ? Il en va d’une question de vie…

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En Marche

15 mars 2017 1 commentaire

L’évangile du jour

Jésus est en marche, et voilà que la mère de deux disciples veut qu’ils soient à sa gauche et à sa droite… Toute ressemblance avec une situation existante serait purement fortuite… ou pas !

Bien entendu, l’évangile ne prévoyait pas l’ascension d’un des candidats à la présidentielle. Mais dans l’évangile, on retrouve toute une palette d’attitudes humaines. Y compris celle de vouloir se placer. Ou de placer ses amis, sa famille. De profiter de sa proximité avec une personne pour en tirer avantage. Comme le dirait l’Ecclésiaste, « rien de neuf sous le soleil » !

Face à cette situation, Jésus vient nous redire cette parole qu’il répète constamment au fil de l’évangile : « celui qui veut devenir grand parmi vous
sera votre serviteur
 ». On le sait tous, il y a plus de joie à donner qu’à recevoir (quoique, j’espère que nous saurons répondre un jour à ce don du Royaume que le Père nous fera !), et de même, servir, c’est savoir reconnaître Dieu en l’autre. C’est ne pas se la jouer, ne pas se placer, mais au contraire élever l’autre. C’est en l’élevant que nous serons élevés.

Et en parlant d’élévation, comment passer sous silence cette élévation ultime de Jésus, celle de la Croix. Cette coupe qu’il a bue, il nous la propose aussi. Non pas pour nous faire souffrir, mais parce qu’elle est un chemin de libération. Nous ne serons plus esclaves de nos désirs, de ce qui nous pousse à viser la première place, mais au contraire, en étant ainsi livré, pour nos frères, nous apprendrons à ne pas nous situer à la première place, mais à vivre la fraternité, celle qui nous fait entrer dans une famille. Cette fraternité qui trouve son aboutissement auprès de Celui qui est Notre Père… Alors, comme souhaité, nous serons à Sa droite ou à Sa gauche, mais près de Lui…

 

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Sans Titre !

Lire l’évangile du jour

S’il y a une citation que j’aime bien partager, c’est la suivant : « Puisque nous n’avons pas su les conduire à la victoire, sachons au moins les aider dans la défaite.… Des exemples, voilà plus que jamais ce que nous devons être ! Des exemples ! » Les afficionados auront reconnu la scène où le chef Chaudard, déguisé en colonel, ne veut pas partager la pomme de terre qu’il a reçue avec des hommes du rang. Une scène tiré du film culte On a retrouvé la 7ème Compagnie.

Eh bien vous me concèderez volontiers que cette scène pourrait fort bien trouver sa place dans l’évangile de ce jour. Parce que dire sans faire, ç’est facile. Et l’on connait tous de nombreux exemples de cette manière d’agir. Car chacun, objectivement, peut trouver une excuse (parfois même valable) pour ne pas suivre les règles qu’il professe et partage (ou impose) aux autres.

Jésus, lui, n’entre pas dans ce jeu. Au contraire, bien souvent, il ne dit rien, mais fait. Regardez, avec la femme adultère. Il dessine sur le sable, sans la regarder pour la juger. Il guérit, relève, pardonne, sans se la jouer. Et dans le même temps, il fait grandir l’autre, en l’envoyant pour qu’il change de vie, qu’il prenne exemple sur ce don qu’il a reçu, et qu’à son tour, il le transmette.

Le pape Paul VI disait que « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins » (EN 44). Jésus, et de nombreux saints à sa suite, ont été témoins, avant d’être accepté comme maîtres. Ils ont ainsi gagné leur « titre », sans se l’approprier eux même. C’est ce que Jésus demande en fait aux disciples : de gagner, de recevoir des autres la reconnaissance, et non de l’imposer comme venant d’en haut, d’une hiérarchie qui serait déconnectée de la vie des hommes de leur temps. Du coup, aujourd’hui, j’arrête de parler (une fois de plus !), et je vais me mettre à agir… comme Jésus quoi ! Je vais tenter de devenir un vrai disciple. Voilà un bon début !

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Par-donner

Lire l’évangile du jour

Ce lundi, nous poursuivons la lecture du chapitre 6 de St Luc… Quoi ? Je n’aurai pas le droit de commencer par un phrase bateau ? Style de celles qui commencent la moitié des homélies de semaine ? Et pourquoi donc devrais-je éviter, alors que l’évangile lui-même se sert de cet artifice ? « En ce temps-là… »  Belle introduction, qui vaut au moins la mienne.

C’est que parfois, on a du mal à introduire la nouveauté. Et il faut bien comprendre St Luc… ou au moins la personne qui a fait les découpages liturgiques et qui a inséré ces petites incises ! Il y a tant de nouveauté dans ces textes, qu’on ne sait plus par où les prendre… La semaine dernière, nous avons lu l’épisode où Jésus nous invitait à être parfait comme son Père, et à dépasser les pratiques des pharisiens, en en faisant plus qu’eux. Et il continue aujourd’hui : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux (…) Donnez, et on vous donnera » ! Faire plus ne suffit plus ! Il faut faire comme Dieu : Donner ! Remarquez l’absence de complément d’objet (ou la contraction à l’essentiel du prédicat pour parler selon la réforme de la grammaire !) On ne sait pas quoi donner, on sait juste qu’il nous faut donner…

Après, il suffit de remonter dans le texte pour comprendre que forcément, Jésus ne peut pas nous dire quoi donner, car il nous invite, à traves différents exemples, à donner comme Dieu ! Et s’il faut donner comme Dieu lui-même, c’est notre vie qu’il faut donner ! Compliqué à expliquer cette affaire-là. Ou pas, si l’on part de la miséricorde par laquelle s’ouvre cette séquence ! Donner, c’est vivre cette miséricorde en toute choses, y compris en donnant plus, au-delà de toute mesure, jusqu’au don qui passe par-dessus le péché et la trahison de l’autre, à savoir le pardon… Voilà la juste manière de faire : donner, sans limite… Une parole dite « en ce temps là… », mais qui reste toujours d’actualité. Finalement, « ce temps-là », c’est peut-être même aujourd’hui !

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Aimer, c’est plus fort que tout…

L’évangile du jour

hqdefaultLa liturgie nous propose aujourd’hui de continuer la lecture du discours sur la montagne. Le chapitre 5 de l’évangile selon St Matthieu, qui débute, souvenez-vous, par les béatitudes. Avez-vous constaté, dans ce chapitre, la longue succession de phrases et de citations de Jésus qui reprennent les unes à la suite des autres cette expression : « Vous avez appris qu’il a été dit… Eh bien ! Moi je vous dis »…  Notre foi n’est pas qu’une suite de lois, de commandement, de règles, de prescriptions, de dogmes, d’idées ou de valeurs qui se transmettent. Notre foi, elle repose sur une rencontre, celle de Dieu. En son fils Jésus. C’est lui qui est, comme le dit St Jean, le verbe fait chair. Jésus est la Parole de Dieu en actes, en chair et en os. Et c’est Lui qui nous parle, qui nous incite à vivre différemment.

Face au « Vous avez appris qu’il a été dit », à ce passif, Jésus parle au présent. Même à nous ! « Moi je vous dis » ! Jésus s’adresse à nous. Il ne s’agit pas d’une entité, inconnue, d’un enseignement venu du fond des âges, mais d’un homme qui nous parle. Rien que ça, ça change tout.

Et quand alors, subjugués par cette manière personnelle que Dieu a de se dire à nous, nous écoutons ce qu’il a à nous annoncer, quelle explosion : « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent ». Parole pleine de folie, qui nous semble irréelle, impensable, irréalisable. Mais pourtant, sur la croix, Il nous a prouvé que c’était faisable. Facile, certainement pas. Mais faisable, oui. Car bien qu’il soit Dieu, Jésus était aussi homme, enclin à la souffrance, avec ses limites. D’autres ont suivi son exemple. Etienne le premier…

Ce message aurait pu discréditer Jésus, le faisant passer pour un doux rêveur. D’ailleurs, certains ont bien dû le prendre dans ce sens. Mais voilà, Jésus a vécu ce qu’il a dit. Et là, ça change tout. Respect comme diraient les jeunes. En voilà un qui fait ce qu’il dit ! Le Verbe de Dieu se dit, par sa parole et par ses actes. Il se dit, mais il nous dit aussi ! Oserons-nous l’écouter nous parler aujourd’hui, nous inviter à vivre l’amour ? ou préférerons-nous en rester à ce que nous avons appris ? That’s the question !

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