Action ou Vérité ?

4 avril 2017 1 commentaire

L’évangile du jour

Euh, joker ! Franchement, est-ce que ces paroles de Jésus vous ont convaincues ? Est-ce que vous avez compris ce qu’il veut nous dire ? Parce que personnellement, j’avoue que je suis un peu perdu. Jésus s’en va, et on le cherchera, mais sans le trouver parce qu’on ne peut pas aller là où il va vu qu’on est d’en bas et Lui d’en haut et que du coup on va mourir dans notre péché, sauf si on croit qu’Il est Dieu (Je SUIS, c’est le nom que Dieu s’est donné dans le buisson ardent, faut suivre) ! Et quand on Lui demande des explications, Jésus nous parle de la Vérité qu’il vient apporter de la part de Celui qui l’a envoyé, avant de nous parler du Fils de l’Homme (donc de Lui) qui sera élevé et qu’on découvrira comme Dieu alors qu’il n’y est pour rien mais que tout vient de son Père qui Lui a tout appris et qui est toujours avec Lui ! Ouf ! Tout ça en moins de 10 versets.

Le pire, c’est que face à cet enchaînement (ou ce déchainement) de mots, « beaucoup curent en Lui » ! Voilà qui me rassure sur ce que j’écris et dis, parce que j’avoue que parfois, même moi je m’y perds un peu, en me disant que je n’ai pas du tout été clair… Mais si après ça, vous arrivez à croire – et je n’ai pas la prétention de faire mieux que Jésus, rassurez-vous – c’est que l’Esprit Saint travaille fort ! Parce que la seule chose qui revient dans ce texte, qui fait l’unité enter ce que Jésus dit, c’est cette mention de sa divinité. Imaginez quelqu’un dire, par deux fois, en moins d’une minute : « Je suis Dieu » ! Est ce que vous le croyez ? Comme ça, de prime abord, non ! Sauf que Jésus ne s’arrête pas à des paroles. Après avoir repris, en condensé, son enseignement et l’avoir éclairé par ce qu’Il est, le Fil de Dieu, et par cette Vérité qu’il vient apporter, Jésus termine par rappeler ce qu’il a fait. Une fois de plus, il faut être attentif jusqu’au bout pour recevoir ses paroles : « Quand vous aurez élevé le Fils de l’homme, alors vous comprendrez que moi, JE SUIS, et que je ne fais rien de moi-même (…) je fais toujours ce qui lui est agréable ». Oui, si Jésus a du crédit, s’il touche les cœurs par sa parole, ce sont aussi ses actes, sa délicatesse, son attention, son soutien, son empathie, son Amour, qui marquent les personnes. Comme le disait Bourvil : « Le dire, c’est bien, mais le fer faire, c’est mieux ! »

Catégories :Carême, Spiritualité Étiquettes : ,

Retour gagnant, jeu, set et match

3 avril 2017 2 commentaires

Ils ont réussi à faire taire Jésus ! Ca y est, on trouve enfin un passage où Jésus n’apporte pas de réponse à une question… Les pharisiens ont gagné… disons la première manche. Et quand ils veulent pousser cet avantage, voilà que Jésus leur adresse un véritable retour gagnant. On croirait revivre le 4-0 du PSG-Barça ! Sauf qu’ensuite, il y a eu le 6-1 du match retour, et bye-bye Paris ! Idem pour les pharisiens… Alors que Jésus enseigne « tout le peuple », les pharisiens font la police. Et après n’avoir jamais réussi à piéger Jésus avec des cas d’école, ils passent aux choses sérieuses : ils lui amènent une femme qui « a été surprise en flagrant délit d’adultère » ! Avec qui ? Mystère. Mais c’est vrai que les hommes s’en sortent toujours pas trop mal dans ces cas là… Et là, quand Jésus les voit arriver, qu’ils traversent la foule amassée devant Lui à l’entendre parler de Dieu, de la vie, de l’Amour, eux qui viennent pour une banale histoire d’amour tarifé, Jésus se baisse, et il écrit sur la terre… Victoire pensent ses détracteurs : il n’a rien à répondre…

Sauf que si Jésus se baisse, c’est avant tout pour ne pas être un juge de plus pour cette femme. On lui a mis cette femme devant les yeux… Et on a crié publiquement son péché. Que peut-elle encore espérer ? Tous le savent maintenant, les voisins et autres, ses enfants peut-être aussi ! Elle va devoir assumer une réputation publique grâce à eux. Sauf que Jésus ne veut pas participer à cette mascarade de justice. Il se baisse. Lui, le Juste, il est aux pieds d’une femme pécheresse. Sublime abaissement. Et quand il se relève, c’est pour s’adresser, en égal, à ceux qui continuent de le harceler. Et dès qu’il a fini de lancer sa réponse, cinglante, qui invite à regarder la poutre dans son œil avant de vouloir enlever la paille dans celle de son voisin ou de sa voisine, fusse-t-elle une femme adultère, il se baisse à nouveau. Retour gagnant je vous disais…

Tous s’en vont donc, sauf cette femme. Qui aurait pu en profiter pour s’échapper, pour changer de ville, pour je ne sais quoi… Et c’est alors qu’il se relève, pour être face à elle. Non comme un juge de plus, mais comme un frère qui relève. En se redressant, c’est elle qu’il remet debout. Après la première étape, publique, de non condamnation, c’est l’envoi, la libération définitive : « Moi non plus je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus » ! Une parole libératrice, une parole qui fait revivre, qui réouvre un avenir. Même Lui, celui qui aurait pu la sermonner, se contente de… lui faire confiance. Mystère du pardon, de la réconciliation. Et vous, quand est-ce que vous avez entendu Dieu vous dire son pardon pour la dernière fois ? Profitez-en, y’a plein de possibilités pour recevoir le sacrement en cette fin de carême…

Catégories :Carême, Humour, Spiritualité Étiquettes : ,

Ecoute mon Fils…

Ils cherchent tous à le tuer. A le faire disparaitre, car il gêne ! L’histoire de sa vie, publique du moins : Jésus dérange. A tel point qu’après avoir ourdi machination contre machination, après avoir tenté de le piéger avec des cas d’école, ses opposants veulent le faire arrêter ! Ils envoient même les gardes pour l’arrêter. Tout est bon, on ne va pas s’arrêter jusqu’à ce qu’on ait eu sa peau…

Et pendant ce temps, « Jésus enseignait au temple de Jérusalem » ! Rien n’arrête la Parole de Dieu. Ni le fait de penser savoir d’où il vient (ce qui discrédite un prophète, et à fortiori le fils de Dieu), car on se dit que si on connait sa famille, on connait aussi les histoires liées à sa vie… Mais voilà, malgré les racontars, Jésus poursuit sa mission, il annonce la Bonne Nouvelle, sans se cacher, au vu et au su de tous…

Et le plus fort, c’est que ça marche ! Même ceux qui sont envoyés pour l’arrêter sont subjugués : « Jamais un homme n’a parlé de la sorte ! » Pour les pharisiens, c’est une hérésie : leurs propres hommes se seraient « laissé égarer » ! C’est le comble… Ou alors c’est que la prédication et l’enseignement de Jésus est profond, qu’il rejoint le cœur de ces hommes. Qu’il vient les toucher, à tel point que l’essentiel leur apparaît soudain : écouter Dieu, plutôt que de régler des conflits de propriété sur Dieu !

Les pharisiens, eux, ont du mal à se laisser toucher par cette parole. Peut-être parce qu’ils ne l’écoutent pas, parce qu’avant d’entendre Dieu, ils ont leurs certitudes, leur schéma bien établi. Ecouter, c’est risqué, car Dieu pourrait nous toucher. Comme c’est le cas pour Nicodème. Comme c’est certainement le cas pour nous… alors voilà, en ce début de week-end, et si on écoutait cette Parole de Dieu pour nous ?

Catégories :Carême, Spiritualité Étiquettes : ,

O toi l’au-delà de tout…

L’évangile du jour

« Vous me connaissez ? Et vous savez d’où je suis ? » Imaginez vous à l’époque de Jésus : Google et Wikipedia n’existent pas encore, l’imprimerie n’a pas encore été inventée, les journaux encore moins, tout comme nos sources d’informations habituelles. Il ne reste qu’un moyen de savoir : ce qu’on se dit. Le téléphone arabe quoi. Avec ses exagérations (ou au contraire ses oublis), avec ses déformations, avec le ressenti de ceux qui parlent plus que les simples faits…

Aujourd’hui, au moins, on a le Credo ! Et si Jé »sus nous posait la même question, on aurait les réponses : Il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré non pas créé, de même nature que le Père… Je m’arrête là ! Et je vous arrête aussi, même si vous connaissez la suite. Car vous aurez beau connaître ce superbe symbole par cœur, ça va être dur de l’expliquer. Et même si, il ne dit rien des miracles que Jé »sus a accompli. C’est un bon résumé, un abstract qu’on lit au début d’un article, pour nous donner envie, mais voilà, il ne nous donne qu’une définition. Et quelle définition peut englober une personne, une vie ?

C’est, me semble-t-il, le risque que nous courrons aujourd’hui : celui de croire qu’avec notre foi et notre connaissance, nous maîtrisons Dieu. Ce qu’il est, ce qu’il a dit. On apprend aux enfants le catéchisme, voire les 10 commandements, on ajoute un vernis de piété, quelques bonnes œuvres, on enrobe tout cela avec de l’amour, et voilà, bingo, on a mis Dieu en boite ! C’est bon, on sait ! D’ailleurs, quand vous lisez (ou écoutez l’évangile, franchement, vous connaissez la fin, alors bon, hein, on sait ! Depuis le temps… comme Dieu est immuable, c’est bon !

Vous avez compris l’ironie qui perce à travers ces propos. Que savons-nous vraiment de Dieu ? J’aime beaucoup cette hymne du bréviaire qui est attribué à St Grégoire de Naziance :

 Ô Toi l’au-delà de tout, comment t’appeler d’un autre nom ? Quelle hymne peut te chanter ? Aucun mot ne t’exprime. Quel esprit te saisir ? Nulle intelligence ne te conçoit. Seul, tu es ineffable ; tout ce qui se dit est sorti de toi. Seul, tu es inconnaissable ; tout ce qui se pense est sorti de toi (…) De tous les êtres tu es la fin, tu es unique. Tu es chacun et tu n’es aucun. Tu n’es pas un être seul, tu n’es pas l’ensemble : Tu as tous les noms, comment t’appellerai-je ? Toi le seul qu’on ne peut nommer ; quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées qui voilent le ciel lui-même ?

Oui, Seigneur, tu restes un mystère pour nous. Viens éclaires-nos cœurs pour qu’ensemble, nous puissions te découvrir un peu plus !

Catégories :Carême, Spiritualité Étiquettes : ,

Croire ! (ou pas…)

L’évangile du jour

Croire ! Voilà l’essentiel pour tant de monde de nos jours. Pourtant, soyons honnêtes, on nous a tellement pris pour des gogos qu’objectivement, on a du mal à croire. A faire confiance, à accepter de suivre une parole, même si elle nous touche. Et en même temps que je dis ça, je me rends compte que dans le domaine religieux, il y a un besoin fort de croire. Chez nos amis québécois, souvent en avance sur nous, la foi fait un retour de manière singulière : par le tourisme religieux et patrimonial. N’empêche que selon certaines sources de presse, la ville de Montréal investit dans la réfection et l’entretien des églises pour attirer des touristes ! Preuve que la question de la foi se pose de manière nouvelle, car sinon, le patrimoine est bien plus vaste que nos églises, et les finances publiques bien trop serrées pour investir ce domaine. D’ailleurs, toujours au Québec, en 1995 (si mes souvenirs sont exacts), l’état a demandé aux organisations religieuses d’ouvrir des antennes radios pour lutter contre la désespérance de la société.

Ces questions autour de la foi montrent que le questionnement existe, aujourd’hui comme au temps de Jésus. Si cette question est résolue, celle du contenue de la foi demeure cependant, aujourd’hui comme il y a 2000 ans. Pour nousaider à discerner, Jésus nous offre plusieurs critères : qui rend témoignage à qui ? Dans l’Eglise, si l’on vous fait adorer ou aduler tel ou tel ministre ou telle personne charismatique, fuyez ! Toute notre attention doit être tournée vers le Christ.  C’est la règle d’or, car c’est Lui qui sauve ! De même pour les œuvres : viennent-elles de Dieu ou sont-elles orientées vers la gloire de l’un ou l’autre ? Libèrent-elles ou asservissent-elles ? Quel est votre rapport à la Parole de Dieu ? « Vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé. Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage, et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! » La Parole nous mène au Père, elle n’est pas un objectif en soi…

Voilà quelques pistes pour affermir notre foi, pour mieux discerner. Alors on se met au travail, et on continue de creuser sa foi… pour que Dieu la fasse croitre en nous !

Catégories :Carême, Spiritualité Étiquettes : ,

Recevoir… un apprentissage à vivre !

L’évangile du jour

Mon père est menuisier, et j’avoue que si je connais la différence entre un tenon et une mortaise, c’est grâce à lui. C’est aussi lui qui m’a donné des petits trucs pour bricoler. Du coup, je peux dire comme St Jean : « le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait. » C’est d’ailleurs le rôle d’un père que d’enseigner son enfant, que de lui transmettre ce qu’il sait, dans tous les domaines.

Et Jésus se réclame de cet enseignement. Non, Lui n’est pas la star. Il « ne peut rien faire de lui-même », mais c’est parce qu’il est en lien avec son Père qu’il peut agir comme il le fait, et guérir, et pardonner. Jésus est le digne Fils de son Père : comme le Père a donné son Fils au monde, Jésus ne garde pas ses “privilèges” pour Lui, mais il les partage avec nous. Et le premier de ces dons, c’est la Vie. Jésus assume de ressusciter des personnes, il parle du jugement, en nous disant que celui qui croit en Lui a déjà la Vie, donc a déjà le jugement pour lui. Jésus ne joue pas au petit chef avec ce que le Père Lui confie, mais il nous l’offre.

Cependant, comme tout don, il doit être accepté. Et c’est là le plus dur me semble-t-il. Au cœur de nos société occidentales, on veut bien avoir droit (et même, si c’est un droit opposable, c’est encore mieux), mais c’est normal. Vivre de la charité, c’est dur ! Je ne polémique pas et n’entre pas dans le contexte électoral, mais la question du revenu Universel répond justement à cette problématique dans laquelle, on ne doit pas recevoir d’aide, mais où il serait normal de recevoir une rente pour tous ! Un petit tour de passe-passe, mais qui en dit long sur notre difficulté à accepter d’être aidés, de recevoir.

Du coup, c’est là que Dieu, aujourd’hui, nous attend. Dans notre capacité à recevoir sa Parole, pour recevoir aussi sa Vie. Dans notre humilité à reconnaître que nous avons besoin du Christ. Voilà pourquoi les prostituées et les pauvres nous précèderont dans le royaume de Dieu : eux savent recevoir d’autres, ou mieux, ils savent que seuls, ils ne peuvent pas s’en sortir… « Celui qui ne rend pas honneur au Fils ne rend pas non plus honneur au Père, qui l’a envoyé ». Du coup, pour bien recevoir, pour recevoir le Bien, apprenons à accepter à recevoir ! Et toute la vie n’est pas de trop pour cela.

Catégories :Carême, Spiritualité Étiquettes : ,

Mise en situation !

L’évangile du jour

« À l’occasion d’une fête juive, Jésus monta à Jérusalem. Or, à Jérusalem, près de la porte des Brebis, il existe une piscine qu’on appelle en hébreu Bethzatha. Elle a cinq colonnades, … » St Jean aurait pu aller plus loin et nous dire la couleur du ciel, la température du jour, il aurait pu nous décrire l’ambiance sonore, nous parler des petits oiseaux et des fleurs, … Bref, St Jean va à fond dans les détails. Y compris quand l’homme malade va expliquer pourquoi il ne peut pas être guéri : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau bouillonne ; et pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. » Que de détails ! Tout est dans la précision.

Et là, paf, ça éclate : Jésus, en une phrase, résout le problème : « Lève-toi, prends ton brancard, et marche. » On aurait pu être plus concis, en enlevant la mention du brancard, mais soyons honnêtes, on aurait pu en avoir plus : Lève-toi, en prenant appui sur ta jambe droite en premier, puis, après t’être bien étiré, prends ton brancard, plie le en deux, et marche !

J’imagine que vous êtes en train de vous demander : mais où est-ce qu’on va avec cette réécriture de l’évangile ? Eh bien on va au cœur de ce qui le compose : l’incarnation. Dieu s’est fait homme. Dieu vient dans notre monde, en une époque donnée, en un lieu donné. Il n’est pas venu de manière fantomatique, mais Jésus a marché, il foulé un sol précis, il a vécu au temps d’Hérode et de Ponce Pilate, il a participé à des fêtes (à cana par exemple), il avait des amis, … L’évangile, c’est le paroxysme de ce Dieu parmi nous. A tel point que rien de ce qui nous concerne, de ce qui fait nos existences, ne lui est extérieur. D’où cette abondance de détails.

Et pourtant, au cœur du cœur de ces “mondanités”, il y a cette phrase : « Lève-toi » ! Le mot se lever, se relever, c’est le mot ressusciter ! Dans nos vies, simples, complexes, dans le tumulte de nos bousculades, Dieu vient nous relever, c’est-à-dire nous élever, nous donner Sa vie. Alors oui, les détails sont importants, car c’est dans cet ensemble qui fait notre vie que tout d’un coup, La Vie nous rejoint et nous transforme…

 

Catégories :Carême, Spiritualité Étiquettes : ,