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Archive for the ‘Spiritualité’ Category

Livraison assurée !

12 avril 2017 1 commentaire

L’évangile du jour

Votre colis a été livré au point relai que vous avez choisi ! Voilà toute la différence entre il y a 2000 ans et aujourd’hui ! De notre temps, on se fait livrer nos achats sur le net à la maison ou en point relai. A l’époque, c’est Jésus lui-même qui se livrait ! La démarche est totalement inversée : du don, on est passé à la consommation. Remarquez, s’il y a don, c’est pour qu’il y ait réception de ce don. Si Jésus nous donne sa vie, son corps, c’est pour que nous le consommions. Jésus ne se livre pas pour rien, mais pour nous. D’ailleurs, ce n’est qu’un hasard ( ?) du français j’imagine, mais il est surprenant que Jésus, celui qui est le Verbe, la Parole, finisse sa vie à cause d’un homme qui le livre ! De la Parole à l’écrit, de la volonté à la mémoire…

Pour être un peu plus précis, Jésus est livré par Judas. Comme une marchandise, comme un vulgaire colis. Pour venir contenter certaines personnes. Il devient un bien (de consommation), l’objet de l’assouvissement du désir des grands prêtres. Jésus, le Bien, qui devient pour eux un bien ! Quand les majuscules se perdent, on perd aussi toute nuance…

Et puis, il y a Judas. Il y a quelque année, j’avais lu plusieurs articles pour tenter de réhabiliter Judas. C’est vrai finalement, il a concouru aux œuvres de Dieu en permettant que Jésus soit livré pour pouvoir vraiment donner sa vie. Certes. Une fois de plus, on pourrait presque dire : bienheureuse faute qui nous valut un tel rédempteur ! Mais Jésus ne l’entend pas de cette oreille. Ceux qui ont de basses œuvres à faire, qu’ils les fassent eux-mêmes. Ne devenons pas leurs adjuvants. Les grands prêtres n’avaient qu’à se mouiller. Car livrer un de ses amis, le trahir, c’est aussi renier toute une histoire. C’est nier les relations qui ont existé. Judas ne s’y trompera pas. Il sera rongé plus tard par le remord, au point de ne plus penser un avenir à ces relations. Voilà son péché ultime désespérer de Dieu, alors que Dieu ne désespère pas du pêcheur. Par la trahison, on entre dans un cycle qui déshumanise, et donc qui dédivinise, vu que nous sommes appelés à être les fils adoptifs de Dieu ! Trahir, c’est s’exclure de cette relation. Et il n’y a que Dieu qui puisse nous relever. Judas, à la différence de Pierre, n’y a pas cru. Voilà pourquoi Jésus parle, déjà, si durement de lui.

Tout ça pour 30 pièces d’argent… On en revient à notre désir de possession, à ce fruit de l’arbre qui était désirable… éternelle chute, mais à Pâques, grâce à Jésus, c’est aussi la vie qui, en étant livrée, prise, broyée, donnée, devient éternelle !

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La curiosité est un vilain défaut… ou pas !

L’évangile du jour

Quel curieux ce Pierre ! Il est à l’origine des deux questions posées à Jésus, même s’il se débrouille pour rester discret… S’adressant à Jean, il « lui fait signe de demander à Jésus de qui il veut parler ». Curieux mais pas téméraire. Des fois que le maitre le renvoie dans ses cordes avec une réponse cinglante du type : « Ce que je dis, vous ne pouvez pas encore le comprendre, mais un jour viendra… » Pierre veut bien savoir, mais sans prendre trop de risques. Qui va trahir le maître ? Peut-être même qu’il n’est pas si sûr que ça de lui. Qu’il se demande si, par hasard, sans malice, il ne risque pas de laisser Jésus tomber… Le bon Pierre, un peu balourd, qui doute, mais qui au fond de lui espère rester fidèle. Sa curiosité, c’est aussi une forme, peut-être, d’angoisse devant l’avenir. Et en même temps, une forme d’intérêt. Parce que c’est le seul qui bouge après ces paroles de Jésus sur la trahison. On a l’impression que Jésus s’adresse à une maison de retraite en train de faire la sieste ou de regarder Question pour un champion ! Apathiques les disciples. Il n’y a que Pierre pour relever le niveau !

Et puis deuxième acte : l’engagement ! « Seigneur, où vas-tu ? » Mettez-vous à la place de Piere. Voilà qu’avec les autres, ils ont appris qu’il y en avait un d’entre eux qui était un traitre. Et voilà que maintenant Jésus leur annonce qu’il va partir, mais sans eux, qu’ils ne peuvent pas aller là où il va. Pierre, celui qui était de toute les expéditions, y compris les plus réduites (lors de la transfiguration, il sera présent au mont des Oliviers…) se retrouve une fois encore mis sur la touche ! Traître et incapable ! C’en est trop pour lui. Alors, Seigneur, où vas-tu ? Et la seconde question qui suit : « pourquoi ne puis-je pas te suivre à présent ? » Pierre ne lâche pas le morceau si facilement ! Il le dit d’ailleurs : « Je donnerai ma vie pour toi ! » L’avenir lui montrera que dire ce genre de parole est plus facile à faire que de les respecter. Mais au moins, Pierre aura essayé, il se sera inquiété. Pour les bonnes raisons ? Peu importe au fond, il aura tenté, alors que tant d’autres restent bien tranquilles, sans bouger, sans rein dire, sans broncher. Curieux, car passionné ! Curieux, car blessé ! Curieux, car déjà, malgré son péché à venir, Vivant !

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Compter les sous ou compter sur ?

10 avril 2017 1 commentaire

L’évangile du jour

S’il y’a une maladie qui traverse l’humanité, et dont les chrétiens ne sont pas exempts, c’est celle du comptage. Combien de personne à la messe ce dimanche ? La quête a été bonne ? Ça c’est en mode curé. Pour les paroissiens, c’est le comptage des minutes de l’homélie, ou alors du nombre de jeunes et d’enfants de la communion, qui ne viennent plus aux offices apparemment… Pour David, c’était le recensement de son peuple. Pour les adhérents de la Manif pour tous, c’est le nombre de participants à la dernière marche, systématiquement rabaissé par les pouvoirs publics… Et pour Judas c’est le prix du parfum versé par Marie sur les pieds de Jésus ! 300 pièces d’argent ! Sur les pieds ! Non mais ! Sur le corps, encore, ok, on veut bien, mais sur les pieds. 300 pièces d’argent… de l’argent jeté par les fenêtres, ou à terre en l’occurrence !

Et Jésus, celui qui invite à partager avec tous les hommes, n’a même pas honte d’être ami avec des gens riches à ce point, qui gaspillent leurs biens pour ce genre d’honneur ! « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait », ça ne te dit rien Marie ? En même temps, oups, la boulette ! C’est justement pour Jésus qu’elle l’a fait !

Car on compte (encore et toujours) ce qu’on donne pour les plus pauvres, mais est-ce qu’aujourd’hui, on compte de la même manière pour ce qu’on offre à Dieu ? Assez régulièrement on entend dire que l’Eglise est riche, que les églises les plus baroques sont monstrueuses (à chacun ses goûts) et qu’il aurait mieux valu utiliser les sommes misses dans la déco pour les pierres vivantes de l’Eglise. Sauf que dans les deux cas, c’est Dieu qu’on honore ! Faudrait-il compter là aussi, pour en arriver à rationnaliser la charité ou les honneurs rendus au Seigneur ?

Finalement, si on arrêtait de compter et qu’on commençait à vivre, simplement, en donnant ce qu’on peut à Dieu et à nos frères, ce serait déjà un bon début…

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De l’intérêt de ses intérêts !

8 avril 2017 1 commentaire

L’évangile du jour

« Vous n’y comprenez rien ; vous ne voyez pas quel est votre intérêt : il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple, et que l’ensemble de la nation ne périsse pas. » Et hop, tour de passe-passe accompli par Caïphe ! Ou comment se débarrasser d’un rival en paraissant en plus se mettre totalement au service de ses frères ! Machiavel a trouvé son maître ! Quel est l’intérêt du peuple, au fond ? Les romains auraient-ils vraiment détruit le temple à cause d’un homme qui disait et rappelait qu’il fallait « rendre à César ce qui est à César » ? Qui lui ne prélevait rien sur les revenus des gens ? Pas si sûr ! Et même si : le temple avait déjà été détruit deux fois dans l’histoire du peuple hébreu. Et ça n’a pas non plus fait périr l’ensemble de la nation. Vous connaissez l’adage : Si vous voulez vous débarrasser de votre chien, vous dites qu’il a la rage ! Et ça marche.

Le pire, c’est que Caïphe ne sait pas à quel point il a, d’une certaine manière raison. Voilà qu’en voulant détourner la vérité, on finit par lui rendre service. C’est ce que nous explique St Jean en montrant à quel point la mort de Jésus est facteur de service pour l’unité du genre humain. Finalement la manœuvre de Caïphe n’aura servi qu’à accélérer ce mouvement de don total de Dieu. Car c’est là le centre de l’Evangile. Dieu qui se donne totalement à l’homme, jusqu’à donner sa vie, par amour. Finies les règles, exit les honneurs… Au cœur de la vie de Dieu, il y a l’amour incommensurable qu’Il offre aux hommes. Aucune manœuvre de ce côté-là. Juste l’amour. Et face à cet amour, les hommes et leurs petits calculs parfois…

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Levain dans la pâte…

L’évangile du jour

Le levain dans la pâte ! Voilà ce que nous avons expérimenté durant de nombreuses années, après mai 68 et le concile Vatican II, comme pastorale ! Il fallait, dans un contexte délicat pour l’Eglise, être le levain dans la pâte : se mêler au monde, bien que nous ne soyons pas du monde comme nous le rappelle Jésus, pour changer ce monde de l’intérieur… Une théologie et une pratique qui est aujourd’hui mise à mal par la question et la pratique de la nouvelle évangélisation ! Enfin, dans les apparences. Parce que, je le rappelle, le devise de la JOC était, à l’époque : « un jeune travailleur vaut plus que tout l’or du monde parce qu’il est fils de Dieu ! » Et le livre des abbés Daniel et Godin, France, pays de mission, insistait sur l’évangélisation par la théorie du levain dans la pâte.

Si j’insiste sur ce point, c’est pour dire que peut-être, à un moment, le levain s’est juste transformé en farine… Loin de moi l’idée de porter un jugement sur mes ancêtres qui sont restés fidèles à la foi et me l’ont transmise. Mais à certains moments, le jeune travailleur de la JOC valait juste plus que tout l’or du monde. On a gommé, pour mieux pénétrer certains milieux hostiles ou indifférents, la spécificité chrétienne. Je laisse les historiens, d’ici quelques décennies, discerner les résultats de cette pratique.

Jésus, lui, a été le levain dans la pâte. Il n’a pas cherché à éviter les coups. Il a toujours rendu compte de sa foi, sans sourciller, sans rien retirer ! D’une part, comme il le rappelle dans le passage de l’évangile d’aujourd’hui, il a fait de nombreuses belles œuvres. Mais il n’a pas non plus rechigné à témoigner, à défendre ces œuvres et la raison pour laquelle il agissait ainsi. Certains pourraient arguer qu’à certains moments, il demande le secret à ceux qui sont concernés par ses actes. Mais il s’agit plus, dans le cas de coup d’éclats, de ne pas opprimer par une trop forte présence, pour laisser la liberté à chacun de s’engager à sa suite. Jésus parlait, et agissait ! Il non seulement multiplié les pains, mais il a été le levain du peuple, le levain de la foi. A nous de vraiment prendre le relai : évangéliser, mais en étant présent à tous, en agissant pour tous, en annonçant par nos paroles et nos actes la Bonne Nouvelle ! Alors oui, la pâte pourra lever !

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L’évangile, un truc capitaliste…

L’évangile du jour

On s’imagine souvent que l’Eglise est loin du modèle capitaliste. Pourtant, rien n’est plus faux que cela ! Jésus déjà nous invite à « garder » sa Parole. Pas simplement à la faire tourner… Mais à la « garder ». Parfois, il nous invite à « porter du fruit » ; ailleurs il cite en exemple les serviteurs qui ont investi leur argent plutôt que celui qui a enterré pièce qu’il a reçue ! Aujourd’hui, l’évangile commence par la même idée reprise deux fois : « garder ma parole », avant que Jésus annonce en parlant du Père que « sa parole, je la garde » !

Oui, on est ici dans un modèle capitaliste, car on cherche à tirer du profit de la Parole pour soi, on la garde. Mais pas uniquement. Car au final, on ne garde que ce que l’on a reçu, tout en le donnant : C’est là la différence entre la Parole et l’argent. On a beau dire que donner nous enrichit, on se rend vite compte que ce qu’on donne, pécuniairement parlant, on ne le possède plus, et qu’on ne peut plus rien donner. Alors que la Parole de Dieu, c’est en la donnant qu’on la reçoit pleinement. C’est en la vivant, en la partageant, qu’elle s’enracine en nous.

Du coup, pour poursuivre la métaphore économique, en donnant/gardant la Parole, nous recevons la Gloire ! Et là il s’agit bien d’un don. Comme pour Jésus, qui ne se glorifie pas de ses actes, mais qui reçoit cette Gloire de son Père, parce qu’Il fait la Volonté de Son Père ! C’est en donnant/gardant qu’on s’enrichit encore plus, autrement. Qu’on accède à la Vie.

Le tout, c’est de ne pas se tromper d’objet ! Qu’est-ce qu’on garde et reçoit ? Pour les juifs, c’est la Loi ! C’est une histoire, celle d’un peuple, et de son petit père : Abraham ! Pour nous, c’est Dieu Lui-même, le Verbe fait chair, la Parole de Dieu. Garder la Parole de Dieu, c’est conserver cette communication verbale et charnelle du Christ en nous ! C’est vivre avec Dieu au cœur ! Alors donnez-Le, vous ne vous dépossèderez jamais de Lui, au contraire, il viendra toujours plus remplir/changer votre existence. Capitalistes, mais pas que…

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Libérés, délivrés…

L’évangile du jour

Hommes à la mémoire courte : « Nous sommes la descendance d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne ». Eh les gars, Moïse, la libération d’égypte, ça vous rappelle pas un truc ? Et puis, Nabuchdonosor, Babylone, quelques siècles plus tard, ça ne vous dit rien non plus ? Et dans le pire des cas, vous me dite qui est votre chef là ? Le roi ? Ah non, c’est vrai, vous êtes un pays conquis, vous payez vos impôts avec une monnaie qui a pour effigie César… Alors le coup du « Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre », vous repasserez !

Quoi, je me perds ? Ceux qui croient en Jésus et qui attendent le libérateur d’Israël, ceux qui l’accueilleront lors de son entrée à Jérusalem en acclamant leur roi (éphémère, certes, mais ils l’ont bien vénéré ainsi), seraient soudain devenu de purs spirituels, attachés uniquement à la question de la libération du péché ? Un éclair de génie, un trait du Saint-Esprit ? Ou alors, comme nous tous, ils se croient libres ? Or, et c’est peut-être une nouvelle pour vous, nous ne le sommes pas ! Nous le devenons par le don du Christ, par ce don répété sans cesse lors des eucharisties que nous célébrons. « Si donc le Fils vous rend libres, réellement vous serez libres. » Il nous faut être libérés. Constamment ! Il nous faut constamment revenir à cette source d’eau vive, à celui qui nous désaltère, pour recevoir ce don de la filiation, pour apprendre à devenir fils comme le Fils, pour nous entrainer à être dans la vérité ? Etre de la descendance d’Abraham, ou même de Jésus ne suffit pas. Le Royaume de Dieu c’est un héritage, qu’il nous faut apprendre à recevoir, pas un bien qui se transmet de façon magique.

Alors oui, tant que nous n’entrerons pas dans cet envoi, celui qu’a vécu Jésus Lui-même, celui qu’il nous adresse à travers toutes les pages d’évangile, pour aller vers son Père à travers nos frères, pour vivre comme Lui, nous n’arriverons pas au but, à cette liberté qu’il nous offre, pour autant qu’on Lui montre que nous la voulons !