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Archive for the ‘Carême’ Category

La dernière chance du moment…

L’évangile du jour

« Jésus Christ, c’est vraiment la dernière chance du moment… » Ok, j’avoue, j’ai un peu transformé le générique d’une célèbre série américaine. Mais bon, objectivement, en lisant ce passage, comme tant d’autres où Jésus guérit les personnes, on se rend compte que c’est vraiment le cas. Jésus semble être la dernière chance pour tout un tas de personnes. Y compris pour ce fonctionnaire royal. Imaginez : l’homme travaille pour une institution dont le roi est l’élu de Dieu… Et voilà que plutôt que de se tourner vers celui-ci, il va voir Jésus. Comme si moi, prêtre catholique, je me tournais vers un moine bouddhiste pour lui demander un miracle. Imaginez si mon patron l’apprenait… Si l’homme a fait cette démarche, c’est donc que c’était, pour lui, la dernière chance du moment…

Il va donc trouver Jésus et lui demande de venir chez lui. Et il insiste… Quand Jésus lui parle de son incrédulité et des signes qu’il doit faire pour que les gens croient, l’homme n’a pas d’autre réponse que la reprise de sa question. Il ne cherche même pas à démentir… mais juste à sauver son enfant. Aucune question de foi, si ce n’est celle du charbonnier, la confiance que Jésus peut faire quelque chose. Et remarquez que Jésus n’accède pas à la demande de cet homme : il ne va pas venir avec lui, mais simplement lui dire que son fils est vivant ! Même pas guéri, mais juste vivant. Et ça suffit à ce fonctionnaire royal. « L’homme crut » nous dit St Jean.

Et un peu plus tard, lorsque ses serviteurs arrivent et lui disent que son fils est vivant (il n’est toujours pas guéri, vous remarquez, mais en même temps, vivant, c’est un autre mot pour dire debout, donc…), St Jean nous redit « Alors il crut » ! Comme si avant il ne croyait pas encore assez… Ou comme si la foi, on continuait de la faire grandir en nous. Même quand on atteint la dernière chance, il y a un après… La foi, un truc infini…

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Envoyé par le Père, …

L’évangile du jour

Tout commence par un envoi… Un envoi qui en préfigure un autre : « l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu » ! C’est ça l’histoire de l’évangile : être envoyé ! Par Dieu. Sortir de chez soi, aller vers les autres ! Ça fonctionne pour Gabriel, ça fonctionnera quelques instants plus tard pour Marie, qui ira voir sa cousine Elisabeth, ça fonctionne pour Dieu Lui-même. St Thomas d’Aquin parle de l’exitus : Dieu qui envoie son Fils, qui “sort” de Lui-même, de la communion trinitaire, pour venir vers nous. Dieu qui s’auto-envoie parmi nous. La théologie parle même d’auto-communication de Dieu !

Et puis Jésus, qui lui aussi appelle les disciples et les envoie pour annoncer la Bonne Nouvelle, qui les envoie de manière forte après sa résurrection. St Paul qui est envoyé par l’Esprit Saint auprès des païens. Nous, comme chrétiens, qui sommes envoyés à nos frères pour procalmer l’amour de Dieu envers ses enfants… Bref, l’évangile, c’est une histoire d’envoi. Et on pourrait en dire autant de la Bible elle-même : De la Genèse, avec cet Esprit qui plane sur les eaux, on sent que Dieu vient visiter le monde ; d’Abraham, qui est invité à quitter son pays, en passant par les prophètes, et jusqu’à l’Apocalypse, avec les chevaliers qui sont envoyés pour rassembler le peuple choisi par Dieu, tous sont envoyés. Y compris Gabriel, y compris l’Esprit Saint qui « viendra » sur Marie pour qu’elle conçoive le Fils de Dieu.

Oui, être envoyé, et accepter de partir, c’est être choisi spécialement par Dieu. C’est entrer dans une histoire particulière avec Lui. C’est oser Lui dire, comme Marie : « Voici la servante du Seigneur ; que tout m’advienne selon ta parole ». L’incarnation, la résurrection, la mission, tout ça, ce n’est possible que parce que nous sommes invités par Dieu à bouger, à nous bouger, à changer. Une vaste opération de conversion somme toute !

Alors, bonne route à vous, soyez assurés que vous n’êtes pas seuls, et que Dieu vous accompagne, car c’est Lui qui vous précède, il vous appelle…

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Tel est pris qui croyait prendre…

24 mars 2017 1 commentaire

L’évangile du jour

Combien font 2 + 2 ? J’imagine que vous avez la réponse. Et vous savez que je l’ai aussi. Alors pourquoi poser la question ? Quel intérêt ? C’est la même chose dans l’évangile de ce jour : A quoi sert-il ? Le scribe demande à Jésus le premier de tous els commandements, et après la réponse du Seigneur, il lui répond « Fort bien, Maître, tu as dit vrai ». Alors, si tu savais mon cher scribe, pourquoi demander ? Pour t’assurer que Jésus lui aussi savait ? Si c’eut été les cas, tu ne l’aurais pas appelé « Maître » à la reprise de ce grand commandement. En fait, si ça se trouve, tu voulais juste que quelqu’un confirme ce que tu pensais.

Un peu comme nous parfois… On a besoin d’entendre quelque chose qui nous conforte dans nos idées, qui nous redonne un coup de boost ! C’est alors qu’il y a la Parole de Dieu… La question, c’est de savoir si nous osons l’interroger. Parce que parfois, la Parole vient aussi nous bousculer, nous déplacer, elle nous oblige à aller plus loin, à ne pas nous arrêter au point où nous en sommes, bien tranquillement.

Là encore, c’est certainement ce qui arrive aujourd’hui. D’un côté, notre envie d’idéal. Tous, nous rêvons de ces grandes déclarations sur l’amour. Tous, nous voudrions aimer comme Jésus. Si, j’en suis persuadé, même toi qui te marre derrière devant ton écran. Mais voilà, ce grand commandement commence par un mot puissant : « écoute » ! Oser écouter, et ne pas seulement entendre le murmure qui nous plaît et nous sécurise.

Ecouter la Parole de Dieu qui nous appelle à l’amour de Dieu et de nos frères… de tous nos frères, à commencer par notre prochain. C’est là que ça se complique. Aimer un gentil (ou pas) gars qui vit en Indonésie, j’en suis fort capable… Masi aimer le mec qui promène son chien et lui fait faire sa crotte devant le presbytère tous les jours, c’est bien plus dur ! (Ca marche aussi pour votre mari / femme / enfant / parent / élève / prof / …) Aimer notre prochain, un truc de malade. Plus dur que tous les autres sacrifices. Il a raison notre scribe… Et voilà, on y est On convoque la Parole de Dieu pour se rassurer, et on se laisse déborder par elle ! Pffttt, Seigneur, c’est vraiment trop injuste fort de nous booster comme ça !

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Pontier : une figure d’avenir ?

23 mars 2017 4 commentaires

L’évangile du jour

« Tout royaume divisé contre lui-même devient désert ». C’est la maxime du jour. Et il faut bien reconnaître que cette phrase nous touche durement : entre d’un côté les tenants d’un christianisme décomplexé, revendicatif, et de l’autre les militants d’une vision plus enfouie, “levain dans la pâte”, voire entre les “spirituels chachas”, on en arrive parfois à des excommunications réciproques (ok, moins du côté des “chachas”, mais quand même !)

Et pourtant, ce qui nous rassemble, ou pour être plus précis et ne pas simplement parler de la foi, Celui qui nous rassemble en son unique Corps, le Christ, nous invite à cultiver notre rapport à Lui malgré nos différences. Vous connaissez peut-être cette histoire dur toutes les parties du corps qui, suite à une grève du cerveau, se proposent d’être chef du corps… Chacun, nous sommes différents, mais appelés à vivre unis, malgré nos différences. Parfois, on est plus œcuméniques avec nos frères protestants qu’enter catholique… c’est tout dire.

Et il y a là un enjeu de crédibilité : celui de ne pas diviser l’Eglise. « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert » nous prévient Jésus. Et il prend les personnes qui chercheraient à « le mettre à l’épreuve » à témoin : finalement, qui entre vous et moi est le plus crédible ? Là se pose la question du signe et du résultat. Certes, avec Jésus, nombreux sont ceux qui peuvent en rester à l’aspect spectaculaire. Mais n’empêche, il est écouté et suivi, et avec Lui, au moins à ce moment-là, il est flagrant que « le règne de Dieu » est présent. Ce le sera moins quelques mois plus tard, sur le Golgotha… Et il ne faut pas tout faire porter aux personnes qui suivent quelqu’un. Il existe aussi des gourous… Mais peu qui renvoient les personnes chez elles, sans se les attacher. Alors que eux, ils ont certes la puissance et la force d’une institution, mais comment la mettent-ils (ou pas !) au service de Dieu ?

Vous avez bien compris que ces remarques sont plus que jamais d’actualité. Alors aujourd’hui, plutôt que de nous comparer à nos frères, que de jouer les gros bras, les durs, que de déplorer que noter idée et notre vision de l’Eglise ne soit pas plus suivie… si nous nous réjouissions d’être présents de tant de manières à nos frères et tentions de vivre l’unité en construisant des ponts, ou en déplaçant nos idées parfois figées et trop statiques… à l’aide d’un pont ?

 

PS : que ceux qui, en voyant le titre, ont pensé à un archevêque français (et ont maugréé) se signalent ! J’ai une pénitence à leur donner…

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« Il faut trouver la Loi »…

L’évangile du jour

Le Grand soir ! Le rêve de tant et tant de personnes, y compris dans l’Eglise ! Le Grand Soir, c’est-à-dire la révolution, celle qui changera tout. Et peut-être que dès les disciples, des gens ont commencé à y croire. Peut-être que nous aussi, nous y croyons un peu… Oui mais voilà, Jésus nous apprend aujourd’hui qu’il n’est pas « venu abolir mais accomplir »… On n’y comprend plus rien parfois… Le voilà qui remet l’ordre ancien (les pharisiens et autres légistes) en place, mais il vient nous dire qu’il faut accomplir la loi… Loin de St Paul qui déclarera quelques temps plus tard : « maintenant, nous avons été dégagés de la Loi, étant morts à ce qui nous entravait ; ainsi, nous pouvons servir d’une façon nouvelle, celle de l’Esprit, et non plus à la façon ancienne, celle de la lettre de la Loi » (Rm 7, 6).

Alors, dégagés de la Loi, “libérés délivrés de la Loi” comme le dit la TOB dans l’intertitre, ou alors au contraire totalement sous le régime de la Loi ? Comment comprendre Jésus qui guérit les malades sans respecter le sabbat et rappelle qu’il ne faut rien rejeter de la loi et des commandements ?

Le sens du verbe accomplir, c’est aussi celui de dépasser. Je vais une fois de plus passer pour un bisounours, mais si on accomplit la Loi par amour, on la respecte, et on va plus loin que ce qu’elle demande. Car la Loi n’est pas mauvaise, c’est son extrapolation, sa mise en avant au-delà de tout, y compris de la vie humaine elle-même, qui pose problème.

Donc accomplir la Loi, c’est aller au bout, ne pas s’arrêter au moyen, mais l’utiliser pour atteindre le but, c’est-à-dire l’amour infini de Dieu. Alors, oui, ce n’est plsu la Loi qui nous tiendra, mais l’Esprit Saint, et alors, nous ne rejetterons pas la Loi, mais nous la vivrons dans sa pureté originelle…

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Lire l’évangile du jour

« En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander… » Pierre s’approche. Comme s’il voulait une réponse discrète, un petit truc dit entre amis, pour vérifier, pour savoir. Et Pierre commence à connaître Jésus ! Il y va en jouant gros bras : il propose à Jésus de pardonner 7 fois…

Excusez-moi, mais ça sent un peu la cours de récré : Pierre qui est mis au défi par ses copains d’aller dire un truc à Jésus et de bien s’en sortir. Ça changerait en même temps. C’est vrai, il en veut toujours plus Jésus. Il propose de pardonner à ses ennemis, et même de les aimer. Alors Pierre y va, franco : Dois-je pardonner 7 fois ? Là il est bon, y’a pas mieux. 7, chiffre symbolique, pour dire la totalité, la bénédiction divine… l’aboutissement de la création, le 7ème jour, celui où tout est accompli. Sûr que là ça va passer !

Eh bien non ! Désolé Pierre, mais ce n’est pas encore assez. Il va te falloir pardonner « jusqu’à 70 fois sept fois ». J’imagine assez mal Jésus être mauvais en calcul, ou du moins incapable de faire cette petite multiplication. 490, c’est pas si compliqué. Je suis persuadé d’ailleurs que vous aviez déjà calculé. Mais voilà, 490, ça fait juste un chiffre, alors que 70 fois 7 fois, c’est plus fort. C’est l’universalité multipliée par la bénédiction. C’est aller au-delà de toute mesure. Et Jésus va prendre un exemple : celui d’un serviteur qui doit 10.000 talents (soit 60 millions de pièces d’argent) ! Franchement, vous y croyez, vous ? Là le problème n’est plus du côté du serviteur incapable de rembourser, mais de celui du maître qui a prêté une telle somme. Il est fou ou quoi ce maitre ? Qui peut prêter autant à un serviteur, et ensuite lui remettre sa dette… Faire un don quoi ! (NDR : si vous connaissez des personnes aussi généreuses, j’ai pleins de projets pour la paroisse)

Voilà où Jésus nous entraîne, une fois de plus : Dieu ne se contente pas d’être généreux, il dépasse toute limite dans sa miséricorde. Et il nous invite à faire de même. Bon, au moins, Pierre peut se rassurer : il n’a pas la bonne réponse, mais il peut être assuré que Dieu lui pardonnera cette erreur d’appréciation…

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St Joseph, un père absent ?

L’évangile du jour

J’aime beaucoup l’image de St Joseph. Et plus encore celle qui ressort de ce passage : un père absent ! Non, ne m’en veuillez pas, mais on a l’impression qu’il ne s’occupe pas vraiment de son fils, enfin de Jésus ! Quand Jésus reste au temple, il laisse Marie gérer le problème. Certes, si on lit le texte, on découvre qu’il a souffert en cherchant Jésus ! Mais bon, il aurait pu s’y mettre aussi, passer un savon à cet enfant si différent des autres, comme Marie l’a fait. Mais là, non, rien ! Il est juste mentionné. Comme s’il n’était pas important dans l’histoire !

D’ailleurs, ce passage et cette manière de se positionner me rappelle bien cette citation : « De même vous aussi, quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné, dites : “Nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir.” » (Lc 17, 10) ! Voilà ce qu’est Joseph ! Un “simple serviteur” ! Celui qui est là pour veiller sur Jésus. Il n’en fait pas plus, il n’essaye pas de jouer au père prévenant, de jouer un rôle qui n’est pas le sien. Il fait ce qu’il faut, discrètement. Sans en rajouter. Il va même jusqu’à s’effacer devant Marie, elle qui est vraiment la Mère de Jésus. C’est un rôle ingrat qui lui est dévolu, mais Joseph l’accepte ! Humblement, au risque de passer pour un lâche, qui se dégonfle, un “père absent”.

Finalement, cette “absence” permet aussi de laisser plus de place au Père. A celui qui a envoyé son Fils. Joseph, au bout du compte, est juste, parce qu’il reste à sa place. Comme un tenon, une pièce de bois ajustée, qui rentre tout juste dans la mortaise qu’il doit combler. Voilà l’image de Joseph, voilà l’image de ce serviteur que tous nous devons être : ceux qui s’effacent pour laisser le Père et le Fils prendre la première place. « Les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers » (Mt 20, 16). Joseph est certainement parmi ceux-là !

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