Il est là !


img_0128Il est là ! Tout petit, couché dans la mangeoire. Il est là, alors qu’il y a quelques instants, on l’attendait… Il est là, aujourd’hui, dans notre nuit, comme il y a 2000 ans à Bethléem. Sans faire de bruit, discrètement, humblement, dans une petite mangeoire. Il faut dire qu’Il est arrivé vite à l’époque. Un demi-verset suffit à nous dire que Jésus est né : « elle mit au monde son fils premier-né » ! Pas de détails superflus. Fini l’effet d’annonce, les histoires sur sa conception, l’information sur l’origine géographique de la famille de Joseph ou le nom du gouverneur local… On s’en moque maintenant ! Il est là. Simplement. Il est né si vite. Sans faire de bruit. Il est là, et ça nous suffit.

Un petit enfant… on ne sait pas s’il a crié… certainement. On devine que tout s’est bien passé… enfin, tout… Il est quand même dans une mangeoire, loin de la maison de ses parents. Mais Il est là, et c’est tout ce qui compte pour Marie et pour Joseph, comme c’est tout ce qui compte pour nous ce soir. Le reste, on verra plus tard. Il est là ! L’enfant tant attendu. Enfin, là encore, attendu depuis 9 mois seulement. Qui aurait prédit à Marie qu’elle porterait le Fils de Dieu ? A Joseph que sa vie rêvée, avec sa promise, partirait dans ce sens ? Ils n’ont eu que 9 mois pour s’y faire. Et ils ont accepté ce projet de Dieu. Car c’est Lui qui est là, à travers son Fils. Dieu est là ! Il est là ! Stupeur. Tout le monde se tait. Remarquez, on comprend mieux l’étable à ce moment du récit : Là au moins, malgré la pauvreté et le dénuement, on peut l’accueillir vraiment pour ce qu’Il est, lui laisser la première place, la place centrale. Imaginez la même scène dans l’auberge, avec les voyageurs avinés qui ne se rendent pas compte qu’Il est là ! Ce serait terrible, presque pire
que de trouver Dieu dans une mangeoire…

D’ailleurs, cette mangeoire, elle est signe de ce que sera sa vie. Une vie donnée pour les autres, pour les faire grandir, pour leur permettre de croitre dans leur relation à Dieu ; une vie donnée par amour, jusqu’à cet épisode du jeudi Saint où Jésus, celui qui ce soir est là, dans la mangeoire, donnera aux hommes son corps en nourriture. Ce jeudi-là, qui comprendra ce qui se joue dans ce don ? Comme ce soir-là, à Bethléem. Qui a compris ce qu’il se passait ? Les voyageurs dans l’auberge ? Les habitants de la ville ? Ceux qui ont compris sont peu nombreux : Marie et Joseph, les parents, et puis les bergers… Il faut dire que ce qui leur arrive après est peu courant.

Après la naissance du Fils de Dieu en un demi-verset de l’évangile, voilà que St Luc en utilise six pour l’annonce de cette naissance aux bergers par les anges. Ont-ils compris ce qui se passait à ce moment-là ? La suite de l’évangile nous laisse deviner que oui, car ils ont été à la rencontre de Jésus, de Celui qui est là. Mais mettez-vous à leur place. Ils attendent un sauveur… comme tout Israël. Sans plus vraiment y croire, sans trop y croire. Depuis le temps qu’Il doit venir… Un peu comme nous… Ce refrain que nous allons chanter tout à l’heure : « Gloire à toi qui étais mort, Gloire à toi qui es vivant, Notre Sauveur et Notre Dieu, O viens, Seigneur Jésus, viens ! », ce refrain, est-ce la réalité de ce que nous voulons : que Dieu revienne ?

Oui, les bergers ne l’attendaient pas spécialement. Ou alors différemment qu’en un enfant. Ce qui a dû le plus les impressionner, c’est cette myriade d’anges qui leur sont apparus. Ça c’est marquant ! Pas comme un simple bébé. Et c’est ce bébé qui serait le libérateur ? le Sauveur ? Celui qui bouterait les romains hors de leur pays ? Franchement, qui peut y croire ? N’est pas le roi David qui veut quand même !

Aujourd’hui, 2000 ans plus tard, objectivement, qu’est ce qui a changé ? A part les anges, je vous le concède ? Croyez-vous vraiment que Jésus soit notre Sauveur ? J’espère que Oui si vous êtes encore ici en train de lire ce billet… Mais à part nous, qui y croit assez pour laisser son dîner et venir le reconnaître ? Qui croit qu’Il est là, aujourd’hui encore, non plus sur de la paille, mais dans le pain qu’il vient changer en son Corps et que nous allons partager ? On attend souvent, dans notre monde, l’homme providentiel. Et depuis quelques mois et pour quelques mois encore nous sommes servis : Trump, Fillon, Macron, Mélenchon ? Je pourrais aussi citer l’une ou l’autre femme dans cette liste… On recherche le fort, le plus puissant. Y compris dans nos rangs. On veut, ou on voudrait peser. Avoir du poids pour influencer notre société…

Ce soir, l’Evangile, la Parole de Dieu, le Verbe fait chair, nous invite à contempler un petit enfant. Rien de plus, rien de moins. Un enfant, mais quel enfant. En cet enfant, Il est là ! Dieu est présent et accepte les contingences du monde. Il accepte d’en être mis à l’écart lors de sa naissance, comme il acceptera plus tard la croix et son humiliation. Il accepte tout, sans force, sans violence, mais il accepte pour être là. Avec nous, pour nous dire que par un petit enfant, tout peut changer. Pour convertir nos regards. Pour nous redire que tous comptent pour lui, les bergers d’aujourd’hui, c’est-à-dire les exclus, autant que les savants (qui viendront plus tard pour le rencontrer). Il est là pour nous inviter à vivre comme lui, simplement, avec pour seul mot d’ordre l’amour. C’est cela qui changera le monde. Dieu qui vient nous inviter à aimer comme Lui, en nous donnant. Et comme nous n’aimerons jamais assez, il vient dans notre monde apporter ce surplus d’amour qui nous sauvera. Voilà sa victoire, voilà comment il nous sauve… En étant Lui, Dieu, là, dans notre monde.

Il est là, et c’est tout ce qui compte, car sa présence, c’est le signe déjà en germe de sa vie donnée : Dieu est là, simplement, humblement, et il nous aime. Il est là. Il nous attend…

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Catégories :Actualité, Réflexion, Spiritualité Étiquettes :
  1. 25 décembre 2016 à 12:14

    Un homme politique n’est pas un homme providentiel. Que celui-ci soit chrétien serait rassurant car sa base spirituelle, intellectuelle le guidera dans ses choix pour le bien commun. Mais le plus important, c’est Jésus qui nous guide pour conduire notre vie. Sa naissance, sobre, est une fête. IL EST LA! Ainsi et chaque jour!

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