Nadine Morano sur RTL le 15 fevrier 2012

Des fois, juste des fois, je m’énerve. Et pourtant j’essaye de rester zen. Mais là, stop ! Y’en a marre des gens qui parlent sur tout sans rien savoir et sans rien avoir lu ! Un peu comme si j’allais vous faire un article sur la reproduction des manchots sur la banquise ou une sortie sur la situation politico-sociale des minorités du Swaziland ! Et parmi ces gens, de nombreux politiques, qui n’ont toujours pas compris ce qu’est la laïcité (mais là, je laisse Edmond et Natalia en parler, ils le font si bien), ou qui, encore pire, ne doivent pas savoir lire (ou alors, ne savent pas raisonner, je ne sais pas ce qui est le pire) ! En même temps, je ne peux pas trop leur jeter la pierre, certains journalistes ne sont pas toujours plus brillants qu’eux !

Je vous explique mon coup de sang : Nadine Morano était interrogée ce matin sur RTL. Elle affirmait : « pour moi le temps est venu de dire aux français ce que je pense et quelles sont mes analyses très concrètes pour notre pays« . Bon alors voyons ! La question qui suivait était la suivante : « Cette initiative de l’Eglise de France: : une prière à l’occasion du 15 août, de l’assomption, contre l’homoparentalité. Est-ce que c’est une initiative heureuse ? »

Pause : Euh, mr le journaliste, tu le vois où que c’est une prière CONTRE l’homoparentalité ? Je vous ai mis le texte de la prière ci dessous, et je vous mets au défi de trouve les mots « contre » ou « homoparentalité » dedans ! Analyser c’est bien, mais bien analyser un texte sur lequel on parle, c’est mieux !

Reprise : Nadine Morano répond : « Ecoutez, là vous interrogez la catholique et pas la responsable politique, je dirais que… »

Pause : Parce que sur certains sujets, les responsables politiques n’ont pas le droit de répondre avec leurs convictions ? Et moi qui les votait pour ça ! Si c’est juste pour dire ce que dit le chef, alors copions le système politique de Corée du Nord, ça coûtera peut-être moins cher !

Reprise : Le journaliste recadre (à juste titre) : « la responsable politique qui est par ailleurs catholique on va dire« . Nadine Morano répond alors (de manière assez hésitante il faut le dire) : « Eh voilà, disons le. Et, je dirai que l’Eglise est dans son rôle lorsqu’elle défend des valeurs et notamment celle du mariage. En ce qui me concerne et notamment [j’ai laissé tomber les « euh »  qui auraient montré que Nadine n’était pas hyper à l’aise sur le sujet] à ce 15 août qui est la fête de la vierge Marie, je pense que la vierge Marie à laquelle je suis très attachée ne rejette aucun de se enfants. Voilà ! Et donc, voilà, je trouve euh… je ne m’attacherai pas à cette consigne à titre personnel. Je comprends qu’on puisse défendre les valeurs du mariage, mais moi je suis, en tant que responsable politique là, très attachée au droit de tous les enfants, et je m’étais positionnée lorsque je étais membre de la commission des droits de la famille en tant que parlementaire, à défendre le droit de tous les enfants et notamment ceux aussi qui sont élevés par des couples de même sexe… [le journaliste lui pose une question la frilosité du gouvernement précédent]… Ah moi je fais partie de ceux qui dans ma famille politique ont une vision beaucoup plus moderne et réaliste de la société (…) Je suis évidemment attachée à la famille traditionnelle mais aussi je dois faire face à la réalité de la société, et moi ce qui m’intéresse, c’est que tous les enfants aient les même droits, qu’ils soient élevés dans une famille traditionnelle ou pas. J’ajoute que lorsque j’entends que l’amour d’un père et d’une mère, évidemment c’est ce qu’on souhaite tous, c’est simplement oublier que 85 % des violences faites à enfant le sont  dans des familles traditionnelles. Il ne faut jamais perdre ça de vue » !

Ok,  le passage st un peu long, mais il valait le coup, pour tout remettre ensemble. Donc

  1. Pour Nadine, l’Eglise est dans son droit en proposant des valeurs, et notamment celle du mariage, ouf, ça tombe bien (prenez ça dans la tronche au PRG) !
  2. « Je ne m’attacherai pas à cette consigne » : Eh bien justement, ce n’en est pas une ! Il suffit de lire le titre : « Proposition » ! Dans l’Eglise, c’est pas comme au sein d’un parti à l’Assemblée, y’a pas de consignes, juste des propositions !
  3. « Je comprends qu’on puisse défendre les valeurs du mariage » : Elle le redit, c’est cool ! Le mais qui va suivre moins !
  4. « mais moi je suis, en tant que responsable politique là, très attachée au droit de tous les enfants » : Mais nous aussi on est attaché au droit de tous les enfants, ceux qui sont né, ceux qui ne sont pas encore né, même s’ils ont une malformation génétique,…
  5. « je m’étais positionnée lorsque je étais membre de la commission des droits de la famille en tant que parlementaire, à défendre le droit de tous les enfants et notamment ceux aussi qui sont élevés par des couples de même sexe… » : Alors je ne suis pas spécialiste du genre, mais je trouve ce « notamment » discriminant par rapport aux autres ! Ok, je chipotte. Maintenant, qu’on me dise où, dans ce texte, ou dans la pratique de l’Eglise, on discrimine ? Ne baptiste-t-on pas les enfants des couples recomposés ? On le fait aussi pour les enfants des couples homosexuels (et même qu’il y a une note canonique et pastorale là dessus) ! Donc l’Eglise ne discrimine en rien ces enfants, contrairement à ce que la réaction de madame Morano laisse croire. Les enfants, pour l’Eglise, ont les mêmes droits… ce qui ne signifie pas qu’on doive légitimer le choix de vie de leur parents. Ce n’est pas un droit des enfants ça !
  6. « Ah moi je fais partie de ceux qui dans ma famille politique ont une vision beaucoup plus moderne et réaliste de la société » : Moderne et réaliste ! C’est sympa pour les autres, qui eux sont ringards et vivent dans un monde fantasmé ? Mais je ne veux pas dire ce que Madame Morano ne dit pas, je m’arrête !
  7. « Je suis évidemment attachée à la famille traditionnelle mais aussi je dois faire face à la réalité de la société, et moi ce qui m’intéresse, c’est que tous les enfants aient les même droits, qu’ils soient élevés dans une famille traditionnelle ou pas » : cf. remarque n°5, au moins pour l’Eglise.
  8. « J‘ajoute que lorsque j’entends que l’amour d’un père et d’une mère, évidemment c’est ce qu’on souhaite tous, c’est simplement oublier que 85 % des violences faites à enfant le sont  dans des familles traditionnelles. Il ne faut jamais perdre ça de vue » : alors là, c’est le top du top ! Si ça c’est mettre en oeuvre ce que madame Morano disait au début de l’interview (souvenez vous : « pour moi le temps est venu de dire aux français ce que je pense et quelles sont mes analyses très concrètes pour notre pays« ), là, on n’est pas rendus comme disent nos amis québécois ! Du coup, que doit-on faire ? Enlever les enfants de ces familles pour les confier à des familles recomposées (à moins qu’elles soient comprises dans ce chiffre s’il s’agit d’un homme et d’une femme, je ne suis pas sûr que l’étude ait analysé la recomposition des familles), ou pour les confier à l’assistance sociale, voire à des familles homosexuelles (je ne suis pas sûr qu’il y en ait assez) ! Là on touche le bout du raisonnement. Parce qu’à ce rythme, 100 % des personnes qui sont mortes étaient vivantes avant ! C’est dangereux, je propose d’agir aussi ! Avec des chiffres de ce style, on va pouvoir tout faire et défaire surtout ! Qu’il y ait des problèmes dans les familles traditionnelles, tout le monde sera prêt à le concéder, mais laisser entendre qu’il y en a beaucoup plus qu’ailleurs, là, c’est de la manipulation, rien de moins !

Bon, j’arrête, c’est pas bon pour mon coeur de m’énerver comme ça ! Mais à force d’entendre que l’Eglise discrimine les enfants, ça commence à me sortir par les oreilles. On prie (on n’oblige personne, on ne fait que prier) pour que les enfants, qu’ils ne soient pas « les objets des désirs et des conflits des adultes »… Qui peut être contre ça ? Qu’ils bénéficient, comme ça a été le cas de manière hyper majoritaire dans l’histoire, de l’amour d’un père et d’une mère (qui, normalement, naturellement, sont nécessaires pour les engendrer) ! Est-ce si terrible que ça ?

Alors mesdames et messieurs les journalistes (certains, pas tous heureusement) et responsables politiques (idem), apprenez à lire, ne faites pas dire à l’Eglise ce qu’elle ne dit pas, merci !

 

PROPOSITION NATIONALE POUR UNE PRIERE DES FIDELES EN LA FETE DE L’ASSOMPTION 2012

Frères et Sœurs, en ce jour où nous célébrons l’Assomption de la Vierge Marie, sous le patronage de qui a été placée la France, présentons à Dieu, par l’intercession de Notre-Dame, nos prières confiantes pour notre pays :

  1. En ces temps de crise économique, beaucoup de nos concitoyens sont victimes de restrictions diverses et voient l’avenir avec inquiétude ; prions pour celles et ceux qui ont des pouvoirs de décision dans ce domaine et demandons à Dieu qu’il nous rende plus généreux encore dans la solidarité avec nos semblables.
  2. Pour celles et ceux qui on été récemment élus pour légiférer et gouverner ; que leur sens du bien commun de la société l’emporte sur les requêtes particulières et qu’ils aient la force de suivre les indications de leur conscience.
  3. Pour les familles ; que leur attente légitime d’un soutien de la société ne soit pas déçue ; que leurs membres se soutiennent avec fidélité et tendresse tout au long de leur existence, particulièrement dans les moments douloureux. Que l’engagement des époux l’un envers l’autre et envers leurs enfants soient un signe de la fidélité de l’amour.
  4. Pour les enfants et les jeunes ; que tous nous aidions chacun à découvrir son propre chemin pour progresser vers le bonheur ; qu’ils cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère.

Seigneur notre Dieu, nous te confions l’avenir de notre pays. Par l’intercession de Notre-Dame, accorde-nous le courage de faire les choix nécessaires à une meilleure qualité de vie pour tous et à l’épanouissement de notre jeunesse grâce à des familles fortes et fidèles. Par Jésus, le Christ, Notre Seigneur.

 

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