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La dette pour les nuls !


image tirée du site : http://www.le-buzz-immobilier.com

Ca y est, ça se rapproche. Standard & Poor’s vient d’annoncer ce soir que tous les pays de la zone euro risquaient de perdre leur triple AAA. En bref, c’est la mer.. ! Les taux d’intérêts vont grimper, et donc, on va emprunter plus cher, et donc s’endetter un peu plus encore ! Du coup, la rigueur promise ne sera pas assez rigoureuse, et on va devoir se serrer encore la ceinture ! Bon, ça, c’est la version « La dette pour les nuls », en mode dépresso-démago !

Maintenant, si vous vous retrouvez à gauche de Hollande ou Aubry, sur l’échiquier politique j’entends, vous allez me dire qu’on s’en fout, qu’on ne remboursera jamais, qu’avec la révolution on les enverra paître tous ceux qui nous ont piégés avec leurs prêts toxiques et leurs capitaux verreux. La révolution arrangera ça ! Si vous êtes à droite de Guéant (oui, ça laisse pas tant de monde que ça, je sais), vous direz qu’on s’en fout, qu’on ne remboursera jamais, qu’avec le retour au Franc franco-français, on fermera nos frontières, et on vivra en autarcie (ce à quoi je répondrai : eh, on n’est pas des anglais nous !).

Bon, maintenant, si comme moi vous pensez qu’on ne sortira pas tout de suite de l’Euro, et que même si on en sortait, ça n’arrangerait pas forcément les choses (ou peut-être que si, mais j’avoue que je n’en sais à peu près rien), vous constaterez qu’au final, on n’est pas plus avancés. Parce qu’à un moment ou l’autre, on va bien finir par le perdre notre triple AAA, et que donc l’argent deviendra plus cher (Ca paraît con, mais pas tant que ça non plus).

Mais la question qui tue, c’est de savoir pourquoi on stresse tellement avec notre triple AAA… Ben en fait, l’ignare en politique que je suis a compris un truc : on est hyper endettés, mais on continue de faire des emprunts. et donc si on perd notre AAA, on va devoir emprunter encore plus cher… Conclusion : on est au bord du gouffre, et on continue d’avancer petit à petit. Si on perd le triple A, on va juste faire un grand pas d’un coup, mais le résultat, au bout d’un moment sera le même.

Alors je vous le dis, à vous les hommes politiques qui lisez ce blog chaque jour religieusement (que ceux qui en doutent sortent totu de suite… enfin, euh, non, finalement, c’est pas grave) : le truc c’est pas de se battre pour ne pas perdre le triple AAA. Le truc le plus important, pour ne pas continuer à nous endetter, ce serait de vivre sans emprunter désormais. Oui, je sais, c’est pas sexy et vendeur comme projet (enfin, pour tous ceux qui ont plus de 55 ans), mais au fond,c ‘est peut-être pas si stupide. Du coup, triple A ou pas, on serait comme le Quatar, on s’en moquerait un peu, vu qu’on n’emprunterait plus…

Bon, je sais, je simplifie. J’imagine que les emprunts de la France ne se calculent pas comme les traites que Mr Schmoldu doit payer sur sa voiture, qu’il y a des taux renégociables et tutti quanti !  Mais quand même, quand c’est qu’on va cesser de se gaver sur les générations futures ? Qui aura le courage de penser d’abord à ses petits enfants (en même temps, jdcjdr, moi j’en ai pas) plutôt qu’à ses petits plaisirs ? Qui de nous, pensera, un monde meilleur (subtile allusion au temps de l’Avent pour ceux qui n’auraient pas remarqué) ? C’est certainement dur à faire, mais si on commençait à y réfléchir un jour, plutôt que de continuer à fuir en avant et à s’interroger sur les conséquences des non-décisions plutôt que sur les causes du problème ?

Bon, ok, c’est facile de dire ça. Je n’apporte aucune solution, je vis plutôt pas trop mal, et surtout je peux me permettre d’avoir un tel discours. En plus, je suis sûr que des gens qui ont fait un peu d’économie (la matière, pas les économies !) ou qui sont versés dans ce domaine pourront critiquer mon billet (qu’ils ne se gênent pas d’ailleurs, je serai ravi d’en apprendre plus), que la situation internationale est plus complexe que le petit problème que je pose, mais voilà, ça fait un bout de temps que ça me trotte en tête, alors je l’ai dit ! Et si un candidat à la présidentielle s’en inspire, promis  je ne réclamerai rien et aucune antériorité sur l’idée. En revanche, pour le Nobel d’économie, l’an prochain, je suis libre 😉

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Catégories :Politique - Société
  1. 6 décembre 2011 à 16:56

    « La France est au bord du gouffre, mais elle a fait un grand pas en avant ! » Je crois que c’est Chirac qui avait, involontairement, dit cette formule. Elle est particulièrement d’actualité !

  2. 7 décembre 2011 à 00:57

    En fait, cela fait du bien pour « ceux qui sont versés dans ce domaine » de lire des interventions de béotiens… ça nous permet de relever les yeux au-dessus du guidon !

    Quand un particulier emprunte, c’est à « annuités constantes » : chaque mois, il versera au prêteur la même somme, qui comprendra une part variable de capital et d’intérêt. L’emprunteur devra donc « mettre de côté » à la fois le capital et les intérêts.

    Pour les entreprises et les états, le principe est très différent : ce sont des emprunts « in fine » (eh oui, même après Vat.II le latin subsiste…). L’emprunteur versera chaque année l’intérêt, et ne remboursera le capital qu’à l’échéance. Dans l’absurde monde des « professionnels de la finance », pas besoin d’appel à la vertu, n’est-ce pas !

    En pratique, dans la majeure partie des cas, l’emprunteur va « rouler » sa dette : il ré-empruntera la même somme (ou souvent plus…) afin de « matcher » son échéance. Un des axiomes absurdes de la dette des états c’est de se fixer un déficit du même ordre de grandeur que la croissance : si c’est le cas le ratio dette sur PIB sera inchangé et on aura l’illusion d’un pays bien géré. Si on reproduit ce concept au niveau d’un particulier, on peut en mesurer le degré d’inconséquence.

    Et vogue la galère ! Jusqu’à ce qu’un grain de sable ou de pluie s’en mêle… Si au moment du remboursement, pour une raison ou pour une autre, plus personne ne veut prêter, ou bien ne veut prêter qu’à un taux d’intérêt très élevé… Dieu seul sait ce qui peut se passer. C’est ce qui est arrivé aux entreprises en 2008, c’est ce qui arrive à certains états aujourd’hui.

    Dans le cas de l’Italie, c’est un pays en excédent primaire : en dehors de la charge de la dette, l’Italie fait des « bénéfices ». Ces bénéfices se transforment en « légers déficits » si on considère que le taux d’intérêt moyen de la dette est faible, mais si au fur et à mesure des remboursements le taux d’intérêt augmente, le déficit primaire augmentera d’autant, et le pays aura de moins en moins de chance de rembourser. Cercle vicieux dont il est difficile de sortir.

    Le cas de la France est pire de ce point de vue puisque nous sommes en déficit primaire…

    Pourquoi est-ce si difficile de diminuer un déficit pour un pays ? il faut bien comprendre que c’est un jeu à somme nulle. Si un pays est en déficit budgétaire, ça veut dire qu’il prend moins d’argent à ses ressortissants qu’il n’en redistribue. Particuliers et entreprises sont donc à court-terme les grands gagnants puisque globalement nous recevons plus (services publics, aides, école…) que nous versons (impôts et taxes). Donc inverser la vapeur implique que les ressortissants versent plus qu’ils ne reçoivent, ce qui en général fait grincer les dents, et limite l’activité, donc les impôts… cercle vicieux là aussi ! Le pays doit donc essayer de moins redistribuer sans ralentir l’activité, et ponctionner davantage là où il y a suffisamment de gras. Ce qui implique une répartition différente, et un discernement sans arrières pensées électorales. Difficile en période d’élections !

    • 7 décembre 2011 à 01:15

      Eh bien merci pour ces explications. C’est la première fois que l’on m’explique aussi clairement. Si vous avez un petit moment, passez faire un tour à l’Assemblée Nationale, à la TV, à la radio,… et un peu partout pour expliquer le problème français…

  3. 7 décembre 2011 à 10:54

    Huhuhu… un des propres des vieux imbéciles est de ne pas résister à la flatterie, d’autant moins si elle est sacerdotée ! Quelques remarques complémentaires :
    1/ une belle coquille, dans mon paragraphe sur l’Italie, c’est le déficit SECONDAIRE qui augmentera d’autant, le primaire étant par définition indépendant de la charge de la dette.
    2/ nous sommes tous plus ou moins responsables de cette situation. C’est devenu un sport national d’essayer de payer moins d’impôts : les « oublis », la défiscalisation, la fraude, tout cela concourt à creuser le déficit. Le jour où on aura compris que le moindre euro non versé à l’état sera soit pris à mon voisin (déjà en difficulté, lui), soit pris à nos enfants, on versera peut-être notre quote-part plus spontanément, voire on l’augmentera spontanément, en estimant qu’on peut faire plus 🙂
    3/ tout le système se tient : ce sont nos éconocroques, nos prévoyances, nos assurances-vie, nos futures retraites qui prêtent aux états de manière « perpétuelle ». Tout ceci marcherait bien moins bien si les états n’étaient plus endettés !!! On a ainsi réussi à créer une usine à gaz absurde qui tient sur de fragiles échasses…

  4. 7 décembre 2011 à 14:28

    C’est technique tout ça. Heureusement que les vieux imbéciles sont là !

    Ceci dit, si on pouvait avoir une explication plus courte et encore plus claire, ce serait top…

    • 7 décembre 2011 à 15:09

      Charles, tu ne crois pas que tu abuses un peu là ??? C’est déjà pas mal court. Maintenant, si tu veux un résumé en un tweet, ça va être plus chaud… 😉

  5. 7 décembre 2011 à 17:59

    Tentative d’épuration… quand un particulier s’endette, il va se débrouiller pour que l’équation suivante fonctionne : « niveau de vie + remboursement du capital + intérêt < salaire". Cela paraît logique…
    Les états se contentent de "niveau de vie (dépenses) = salaire (impôts/taxes)", en considérant que l'intérêt sera contrebalancé par l'augmentation annuelle des impôts (croissance), et que le capital n'a pas à être remboursé… d'où l'impasse si le taux d'intérêt augmente, ou si le créancier exige le capital.

  1. 6 décembre 2011 à 07:53

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