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Civitas et l’Eglise catholique


Un titre frontal ! Ce n’est pas mon habitude, mais bon, parfois, il faut y aller ! Du coup, j’espère que vous avez saisi la nuance : Civitas et l’Eglise, et non pas Civitas est l’Eglise. C’est qu’il ne faut pas tout mélanger ma bonne dame (ou mon bon monsieur) !

Oui, je vais vous parler de cet institut Civitas dont on entend le nom dans tous les médias en ce moment, et vous montrer en quoi ils ne sont pas liés de manière aussi simple qu’ils le disent à l’Eglise catholique ! Parce que parler de Jésus-Christ, ça ne suffit pas pour faire partie de l’Eglise, sinon les mormons eux aussi sont catholiques (je vous rappelle que leur dénomination exacte est « l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours »).

Mais alors, qu’est donc cet institut Civitas ! J’ai été faire un petit tour sur leur site internet, et voilà ce que j’y ai trouvé comme présentation :

L’Institut CIVITAS est un mouvement politique inspiré par le droit naturel et la doctrine sociale de l’Église et regroupant des laïcs catholiques engagés dans l’instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples en général, sur la France et les Français en particulier.

C’est un mouvement politique ! Voilà une bonne nouvelle, car il y a bientôt des élections, et donc l’Institut va présenter des candidats, avec un programme, un financement… Ouf, me voilà soulagé, moi qui pensais n’avoir à faire qu’avec des idéologues, je me dis que les propositions concrètes, le chiffrage des différents points de gouvernement, le programme défendu,… vont nous éclairer ! En même temps, vu que l’institut Civitas existe depuis quelques années (j’ai trouvé des archives de septembre 2003 où Civitas parle de rentrée), et que je n’ai jamais rencontré un élu se réclamant de cet Institut (et seulement de cet Institut), je m’interroge. Ok, je suis en province, et je ne connais pas tous les élus, y compris les élus locaux. Mais combien d’élus sont présentés par le mouvement ? Combien de parlementaires adhèrent à ce mouvement ? Fait-il partie d’une alliance plus vaste, avec les Verts, l’UMP, le PC (euh, là j’abuse, je sais), ou même le FN ? Ok, j’arrête !

Bon, ça part donc mal, mais ce n’est pas grave, je continue ma lecture de la présentation. Le mouvement se dit inspiré par « le droit naturel et la doctrine sociale de l’Eglise ». Cool, moi j’aime la doctrine sociale de l’Eglise. J’imagine donc qu’on va parler d’humanisme intégral, de développement et de paix, de propriété privée (si on remonte à Léon XIII), que l’Institut va défendre Gaudium et Spes, la constitution pastorale du concile Vatican II qui dans sa seconde partie traite des principes directeurs de ma vie sociale et économique. Avec Paul VI et Octogesima Adveniens, on va s’intéresser à l’action politique en faveur d’une plus grande justice économique et à la suite de Jean Paul II rappeler l’option préférentielle de l’Eglise pour les pauvres (Sollicitudo Rei Socialis). Et je ne parle même pas de Deus in Caritas Est, qui parle, entre autres, de l’activité caritative de l’Eglise… Quelle n’est pas ma surprise par conséquent, quand je vais sur le site de Civitas, de découvrir qu’aucun de ces textes « récent » (quand même, certains remontent à plus de 50 ans) ne se trouve dans la documentation préconisée par l’Institut sur son site, dans la section « Doctrine sociale de l’Eglise ». L’encyclique la moins vieille qui s’y trouve est signée par Pie XI, et date de 1925 ! En outre, elle ne fait pas partie des encycliques réputées sociales, et pour cause, son sujet étant « l’institution d’une fête du Christ-Roi » (au moins, je peux constater le suivi de la ligne éditoriale du site) ! Dans la même section, on trouve bien deux encycliques de Léon XIII, mais la plus connue, celle qui est considérée comme le premier document officiel sur la doctrine sociale de l’Eglise (des papes, parce que la Bible, sinon, c’est plus ancien, je reconnais), Rerum Novarum, n’apparaît pas ! Bizarre… Bon, je viens juste de parler de la Bible, eh bien on n’en trouve pas mention non plus… (même pas dans les ouvrages fondamentaux). Pas plus que le Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise (je mets le lien, pour ceux qui ne connaissent pas). Non, rien, niet, nothing, nichts, niente, ingenting (c’est du norvégien si vous vous demandez), nihil (latin, pour avoir une chance d’être compris de certains)…

Alors, une conclusion s’impose à voir cette bibliographie : nous pouvons enfin valider expérimentalement la théorie des cordes reliant des univers parallèles et permettant des sauts temporels (en fait ce n’est pas ça du tout, mais j’ironise, vous aviez bien compris…) ! Le monde s’est arrêté en 1925 pour nos amis de l’Institut. Enfin, en partie, parce que côté communication, Internet, le TV et la radio, ils ont compris que ça existait. Mais uniquement dans un sens (Top-Down pour les connaisseurs), pour donner leur vision du monde, pas pour écouter ce que disent les autres… entre information et communication, le choix est clair ! Et leur vision est pour le moins datée. On leur dit qu’il y a eu une seconde guerre mondiale ? Et même qu’Hitler a perdu ? (oui, c’est bas, je sais, surtout qu’ils reprennent quand même l’encyclique de Pie XII Mit Brenneender Sorge, qui condamne le nazisme)

Ce n’est pas fini, je continue, parce que ça m’amuse (vous aussi j’espère) : l’Institut regroupe, nous dit le premier paragraphe de présentation du site internet, « des laïcs catholiques engagés dans l’instauration de la Royauté sociale du Christ sur les nations et les peuples en général, sur la France et les Français en particulier ». Je pense que ce que j’ai dit plus haut démontre la fausseté du terme catholique utilisé tel quel, au vu de ce qu’est la foi catholique et l’attachement à la Doctrine sociale de l’Eglise (ou à l’enseignement social, mais je sais que le premier terme plaira plus à Civitas). Si on n’écoute pas l’enseignement des papes, ou qu’on néglige celui des 85 dernières années, peut-on encore se dire catholique au sens plénier ? Les protestants n’écoutent plus le pape depuis le 16ème siècle, mais ils ont tout un patrimoine commun avec nous, tout comme les anglicans et les orthodoxes aussi. Allez, un coup de baguette magique de chez Civitas, et hop, ça y est, ils sont catholiques ! Pourquoi s’embêter à travailler à l’unité des chrétiens quand on a une réponse aussi simple sous les yeux.

Bon, et puis, si on va au bout du truc de la citation, ce n’est guère mieux : si je fais une petite élision pleine de mauvaise foi dans le texte, ça donne : « l’instauration de la Royauté (…) sur les nations et les peuples en général, sur la France et les Français en particulier ». Là il nous manque le rire sardonique de n°1 qui caresse son chat blanc, assis de dos dans son fauteuil, et on a un super trailer pour le prochain James Bond ! Franchement, là, on est en plein délire : Civitas veut recréer les Etats pontificaux ? Sans les papes modernes quand même ; on ira ressortir Léon XIII et Pie XI de leur cercueil, ils ne diront pas trop de trucs compromettants eux. Et puis on trouvera bien qui mettre à la tête du RMMB, le Royaume Mondial des Méga-Bisounours (oui, on se sera débarrassé de tous ceux qui ne le sont pas). Désolé de le dire, mais ça me fait presque penser que Dieu a un peu merdé quand il a créé le monde, et que Civitas va venir arranger les choses (vu que Jésus, il n’y a pas réussi, hein !)

Bon, en conclusion, vous avez repéré toute la mauvaise foi que j’ai mis dans ce billet (par exemple, Rerum Novarum est cité en bibliographie, mais dans la section « Ordre social », où l’on trouve aussi « le projet de loi Raffarin de décentralisation » et « les corps de métiers dans l’ancienne France » !), mais aussi tout ce qu’un premier contact laisse entrevoir de la manière dont l’Institut Civitas se positionne face à l’Eglise, se réclame de l’Eglise, tout en ne reconnaissant pas le magistère de l’Eglise.

Je n’ajoute rien sur les liens forts avec la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, qui selon les dernières infos, serait en passe de ne pas accepter de rentrer dans le giron de l’Eglise Catholique malgré la main tendue de Benoît XVI ! C’est en effet un prêtre de la FSSPX qui est l’aumônier de l’Institut Civitas !

Alors de là à se faire passer pour catholique sans restrictions, comme si rien ne séparait l’Institut de l’institution ecclésiale, et à utiliser ce terme, il y a un gouffre. A l’heure où le Vatican attaque une marque de vêtements pour avoir utilisé l’image du pape sur une affiche publicitaire, la réaction face à cette manipulation et à cette appropriation sémantique réalisée par l’Institut (j’aime bien les désigner ainsi, ça fait très secret, avec un agenda pour prendre le pouvoir, style Alias ou autre) mérite elle aussi d’être dénoncée, voire même, à mon sens, poursuivie (mais là, je laisse les juristes donner leur avis) !

Et puis, ce qui me rassure, c’est que je ne suis pas le seul à avoir cette vision de l’Institut et de son action ! Je vous renvoie à quelques billets glanés çà et là :

Si (…) il ne s’agit véritablement pas d’incriminer ceux qui suivent de bonne foi l’institut Civitas (notamment parce qu’ils n’ont pas trouvé d’autre mode d’action) il est manifeste que ce dernier poursuit un agenda politico-religieux. Cet agenda devrait inquiéter tout chrétien sincère, surtout lorsque l’on a connaissance des complaisances coupables du dirigeant de Civitas, Alain Escada, ancien dirigeant d’une revue dont la justice belge a jugé qu’ »il est avéré [qu’elle] a accueilli des articles pro-nazis » ou « en l’honneur d’antisémites notoires » (texte du jugement).

Civitas emploie ces pièces et une émotion facile à susciter pour se crédibiliser (ainsi que des Lefebvristes qui refusent toujours la pleine communion avec l’Eglise) et se poser en défenseur de la chrétienté voire même du Christ. C’est la raison pour laquelle ils ont délibérément exhumé et mis en lumière des pièces ni rares ni originales, qui n’auraient pas franchi le cercle restreint des quelques amateurs d’un certain théâtre contemporain – parmi la population déjà restreinte qui fréquente encore les théâtres.

Alors, il est blessant de se trouver pris en tenailles par ceux qui, d’un côté comme de l’autre, instrumentalisent la foi dans une recherche de notoriété. Ils sont animés des mêmes intentions et, dirais-je, des mêmes démons.

PS : Si vous ne trouvez pas l’adresse de l’Institut sur cette page, ce n’est pas un oubli, c’est que je préfère tout simplement faire de la pub aux mormons qu’à l’Institut.

PS 2 : Cette analyse se veut une analyse de l’Institut, et aucunement des personnes qui ont suivi les appels lancés par l’institut, ceux qui y participent en toute bonne foi, ceux qui cherchent à défendre l’honneur du Christ, … Ce n’est que le programme de récupération de l’Institut que je vise ici.

PS 3 : Je reconnais une part de responsabilité à l’Eglise catholique, qui n’a pas osé affronter le problème assez rapidement, et laissé l’Institut se positionner seul sur ces difficultés.

****

Mise à jour de 23h50 :

Un confrère canoniste m’écrit :

Or les critères que tu désignes (acceptation de certains textes magisteriels) n’ont jamais été ceux du magistère.

En droit canonique,  je peux te dire que les choses sont beaucoup nuancées.
Les « niveaux » de vérité des documents magisteriels sont à détailler et nuancer. Certains docs, même émanant du pape, n’ont pas une autorité absolue et en refuser certains n’exclus pas de l’église.
Personne n’a jamais dit par exemple que les gens de la FSSPX n’étaient plus catholiques. Être excommuniés, c’est être coupé de la communion des fidèles … Il y a une nuance.

J’acquisse totalement à ce qu’il dit, et je m’excuse pour le trouble que j’ai pu causer auprès de certains par mon manque de clarté. Cependant, sur le fond, l’argumentaire reste inchangé. Comment un groupe qui n’est pas en plein communion avec Rome peut se prévaloir de parler au nom des catholiques qui eux le sont ? On peut nuancer tout ce qu’on veut, et je conçois qu’en tant que membre de l’Eglise Catholique romaine, attaché au saint Père, avec tout le poids de mes péchés aussi, je suis invité à apaiser les conflits, mais quand l’Institut joue l’amalgame à fond, faut-il persister en laissant le flou perdurer ? J’avoue être bien plus enclin à écouter ce que dit Mgr d’Ornellas, qui n’a pas la réputation de brader la foi, que ce que dit l’Institut ! Oui, je fais un choix, et je l’assume, et surtout je pense être en mesure de faire un choix entre ces différentes positions. combien de ceux qui regardent la télévision et ne sont pas en mesure de faire ce choix sont choqués par les prises de positions et les agissements de certains membres de l’Institut ? Je ne peux que renvoyer au chapitre 9 de la 1ère lettre aux Corinthiens ou St Paul détaille cela mieux que je ne le ferais !

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  1. 19 novembre 2011 à 12:10

    Excellent article ! Il y a en effet un sérieux problème de dénomination. Catholique ? Non ils sont coupés de Rome. Les fidèles qui se laissent entrainer par Civitas doivent connaître cette organisation. Ils doivent savoir « où ils mettent les pieds ». Nous avons là un devoir d’information.

  2. 19 novembre 2011 à 12:50

    Sans être du tout Civitas pour ma part, cet article est l’exemple typique de ce que ne devraient pas être les articles cathos…
    Jugement périphérique, qui traite d’intentions et d’appartenances soupçonnées, le tout avec pas mal de conditionnel. On appelle à des actions politiques au sens noble, mais dans le seul sens vaguement indiqué par la CEF, pas de tête qui dépasse !
    Le seul souci : les faits et actes de Civitas sont-ils incompatibles avec la foi ? Peut-être au pire, mais tellement moins -à mon sens- que d’autres mouvements estampillés cathos ou pas. Faites-vous le même foin pour les JOC ??? Sans jugement de valeur, salut et fraternité à nos frères, mais les discours ne sont pas complètement aussi catho-incompatible que Civitas !
    Ah ! Mais oui, ils sont estampillé CEF. Amen, nos évêques ont parlé, nous leur devons obéissance.. Mais pas esclavagisme nom de nom !
    L’argumentaire déroulé là-haut paraît tout droit sorti des pires mauvaise foi de mouvements que je tairai pour éviter toute pub idiote.
    Quelle terrible sens de l’uniformité de la foi que cette obligation du Una Vocce pratiqué systématiquement en France ; on en a vu les résultat, par exemple les Scouts d’Europe dans les années 70/80 ou les communautés chachas dans les mêmes années !
    Quant à être rassuré par les opinions d’autres bloggers -dont on connait la mauvaise foi comme Plunkett-, là, on est aussi en limite de la primauté de la conscience ; et notre fameux cardinal, je ne suis pas sûr qu’il soit un réel « manager » (fonction nécessaire pouvant être protéiforme mais pas du tout suffisante, j’en suis d’accord), anticipant, menant, guidant, éclairant, prophétique : sans Civitas qu’aurait-on fait contre Golgotha Picnic ? Et les veillées pour la vies sont subies sous la pression, à peine encouragées (cf discours d’ouverture/cloture CEF http://wp.me/p1CdEa-n2).

    Bref, le seul souci : le discours, les mots de la mission sont-ils entendables par ceux que l’on vise ? Et ces populations à évangéliser sont-elles toutes les mêmes, de ces petits cathos douillets sans goût, ou du grand brassage passionnant que sont les coeurs réels ?

    A nos chapelets, tous, JOC et Civitas, hommes et femmes bonae voluntatis !

    • 19 novembre 2011 à 13:11

      Cher Jean Duma

      Le fait que je ne parle pas de la JOC ou autre mouvement, c’est qu’ils ne font pas (ou plus) de vagues. J’aurai eu les même mots pour dénoncer leur comportement s’il était aussi flagrant. (là aussi, comme vous le dites, il faut distinguer entre réalité et fiction).

      Quand au fait d’être estampillés « CEF », oui, ils le sont, et même si tout n’est pas bon, dans leur comportement, l’institution est là pour les aider à changer et à devenir plus universels (catholiques).
      L’uniformité de l’expression de foi, je suis contre, et je ne vois pas où j’ai pu laisser croire que j’y souscrivais. Pourtant, ce qui me gêne chez Civitas, c’est justement le fait d’agir seuls, sans concertation avec les évêques (tous ne sont pas de la même tendance pourtant), c’est d’imposer leur agenda… Le pape est en Afrique ce week-end, et ils continuent de manifester, sans pour autant s’ouvrir à une dimension plus universelle… Voilà mon problème. Critiquer la hiérarchie (et je le fais aussi, rassurez-vous), c’est toujours facile, mais une fois qu’on l’a dit, que faire ? se dire su’ils ne sont pas à la hauteur, et passer outre ? Je vous avoue que là, je ne suis plus d’accord, pas pour les soutenir, mais par soucis de communion.

      Pour ce qui est des blogueurs, soyez assurés que je ne revendique pas leur soutien… J’ai mis les liens pour avoir un historique plus que complet.

      Pour la mauvaise foi de l’article, je la revendique même. Et j’ai mis de l’humour pour atténuer mes propos. Mais ne me dites pas que Civitas se présente sous un visage vrai à travers son site. A part manifester, que font-ils ? S’ils avaient le charisme d’un San Egidio, avec des actions positives envers leurs frères, là oui, je reconnaîtrai leur valeur. Pour l’instant, il ne me semble pas les avoir vues, du coup, j’ose exprimer ma pensée, et mon énervement qu’ils me représentent en se faisant passer pour catholiques.

      Et si je suis ok pour dire avec vous « A vos chapelets, tous,… », j’aimerai ajouter en ce week-end du secours catholique qu’il serait bon de retrousser nos manches pour aider nos frères les plus démunis. « Si quelqu’un dit :  » J’aime Dieu  » et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas » (1 Jn 4,20)

  3. 19 novembre 2011 à 12:52

    Si Civitas ne manque clairement pas d’orgueil, un billet comme celui-là ou celui de Charles montre qu’il n’y a rien à envier de l’autre côté sur ce plan.

    « PS 3 : Je reconnais une part de responsabilité à l’Eglise catholique, qui n’a pas osé affronter le problème assez rapidement, et laissé l’Institut se positionner seul sur ces difficultés. »
    Ben tiens, ben voyons, elle est tellement facile, celle-là.
    Feriez mieux de lire le commentaire de Prémare sur le blog de Koz, au moins lui a rencontré quelques manifestants. Et a mis un peu d’eau dans son vin.

    Quant à dire qu’ils ne sont pas catholiques, c’est juste du pipeau, ils ne sont pas en pleine communion, c’est la seule chose valable qu’on peut leur reprocher, Vatican II ne faisant pas partie des dogmes de l’Eglise catholique.

    • 19 novembre 2011 à 13:20

      Je vous concède que j’étais plein de mauvaise foi en l’écrivant… Ça devrait calmer mon orgueil. Ce qui me dérange, c’est que Civitas prenne la parole en se faisant passer pour des catholiques, ce qu’ils ne sont pas, ou pas complètement. On peut jouer longtemps là dessus, le débat est très vieux, et il continue. Par exemple, les orthodoxes non plus ne sont pas en pleine communion. Les excommunications relatives ont étés levées. Ce ne fait pas d’eux des catholiques pour autant !

      c’est un mouvement politique d’après le site : pourquoi ne sont-ils jamais présentés comme tels dans les reportages ? Voilà simplement la question que je voulais soulever. certes, j’ai dit un peu plus de choses, et je le répète, j’espère, en mettant un peu d’ironie pour montrer que je n’étais pas des plus sérieux, mais sur le fond, ma question reste valable me semble-t-il.

  4. 19 novembre 2011 à 13:54

    la « mauvaise foi » sur ce genre de sujet brûlant est un jeu dangereux. bon courage. je suis mal placé pour critiquer, je dois sûrement le faire trop souvent. Mais tout de même, ça me rend un peu mal à l’aise… j’espère que tu ne m’en veux pas trop.

    • 19 novembre 2011 à 14:06

      Pas de problème David. Je me doute que mon propos est caricatural. N’ayant malheureusement pas la possibilité d’en discuter avec les responsables de Civitas, j’use de cet artifice pour pouvoir quand même donner mon sentiment, pour justement ne pas dire des choses qui ne seraient pas exactes.

      En même temps, je reconnais à l’Institut une cohérence et une persistance de vue, donc je ne suis pas totalement subjectif non plus.

  5. 19 novembre 2011 à 17:21

    Oui, bon, caricature contre caricature, cela fait aussi du bien de se lâcher. J’ai eu l’occasion d’écrire sur mon blog que cette histoire de blasphème est avant tout de la politique – et d’ailleurs vous montrez bien que CIVITAS se dit mouvement politique. Or à un moment, il faut accroitre sa visibilité, souder ses rangs et sans doute aussi en remontrer aux autres groupuscules.

    Quand même, malgré tout le mal que je pense de ces pièces de théâtre, qu’on ne vienne pas me dire que l’exercice de notre foi est en danger à cause d’artistes sans talent et auxquels on a donné une formidable caisse de résonance.

  6. 19 novembre 2011 à 19:04

    @Polydamas : Nous n’avons pas le droit d’informer le public sur cette organisation ? Non seulement nous avons le droit mais aussi le devoir. Très honnêtement je suis très mal à l’aise de voir Civitas jouer le rôle de leader dans l’affaire des blasphèmes.

    Oui ça me dérange car Civitas est une organisation politique qui a un but politique. Et ses références politiques me gènent, le pédigrée politique d’Escada me dérange : la question des liens entre Escada et les admirateurs de Léon Degrelle est un sujet grave, très grave. Le public doit en être informé, quitte a ce que certaines dents grincent (de toute façon on sait où il y a des grincements de dents LOLLLL).

    • 20 novembre 2011 à 11:27

      @ Charles Vaugirard :

      Ce qui me désole, c’est ce côté fouilleur de poubelles. Vous cherchez ce que Civitas a de pire à présenter, toutes les casseroles possibles et imaginables (condamnation d’Escada, alliance avec des islamistes) tant vous êtes vexés d’être obligés de vous positionner par rapport à eux. Si vous n’aimez pas être à la traine, il fallait prendre l’initiative avant, c’est aussi simple que cela. Le supposé droit à l’information, est le petit doigt derrière lequel vous vous cachez pour dénoncer la FSSPX.

      Franchement, si vous connaissiez Degrelle, et à quel point il a été un guignol (regardez les vidéos qui trainent sur le net à ce sujet, c’est juste un populiste mythomane fasciste, point) vous n’en feriez pas tout un foin. Vous avez beau jeu de crier au loup, mais c’est juste ridicule.

      A aucun moment vous ne reconnaissez une sincère blessure, un souci légitime du Christ. Bref, vous n’êtes pas moins politisé que Civitas.

      @ Lemessin :

      Sauf qu’il n’y a pas de dissension doctrinales de fond avec Rome sur les sujets de dogme, ce qui n’est pas le cas avec nos amis orthodoxes.

      @ Jibitou:

      Pour vous, c’est de la politique. Ça ne vous vient pas à l’idée qu’il y ait des gens sincèrement blessés ?

      • 20 novembre 2011 à 12:15

        Mon cher Polydamas,

        ça va peut-être vous surprendre,mais je suis d’accord avec vous en grande partie. Oui, c’est pénible de devoir se positionner a postériori. Ce qui nous arrive souvent malheureusement. Maintenant, Si Civitas avançait à visage découvert, il n’y aurait pas d’amalgame possible entre les paroissiens que j’ai vu ce matin à la messe et les agissements de certains des membres de l’Institut. C’est ce qui me gène profondément ! Vous pouvez nous reprocher de fouiller, mais constatez que de l’autre côté, ce n’est pas très clair…

        Sur les sujets de fond, si, il y a de réelles dissensions doctrinales. Notamment autour de ce ui concerne le concile Vatican II. Certes, il n’est pas sous la forme d’anathèmes, et donc de dogme clairement dits, mais le terme « constitution dogmatique » n’a-t-il plus aucun sens ? MAis là, le débat dérive franchement. Je ne fais aucun procès à la FSSSPX, je cherche juste à ce que ceux qui s’expriment disent d’où ils parlent, et ne jouent pas sur l’amalgame avec les catholiques attachés à Rome.

      • Koz
        20 novembre 2011 à 18:30

        C’est du flan, cet argument de se « positionner a posteriori ». Civitas a mis au point sa stratégie plusieurs mois à l’avance, de façon à créer la polémique à l’avance, et d’en bénéficier. Ils s’organisent depuis l’été, comme s’il n’y avait rien de plus urgent à faire lorsque l’on est catholiques. L’agenda est politique, comme le souligne indirectement Stéphane Lemessin.

        Même le reproche de se positionner a posteriori est anticipé. Civitas et les lefebrvistes agissent par nature en dehors de l’Eglise, ou en parallèle. C’est tout leur intérêt de mettre les évêques en porte-à-faux. Comportement méprisable.

        Ils sont co-responsables du scandale, avec l’auteur de Golgota Picnic. Cette pièce serait restée dans la plus parfaite ignorance s’ils n’avaient pas décidé de s’en servir pour se mettre en avant.

        Quant à chercher qui est Escada, c’est la moindre des choses pour comprendre derrière qui il essaie d’enrôler des fidèles. C’est un personnage public, qui entreprend une action publique. Il est légitime qu’il soit tenu pour responsable de ses actions.

  7. Steeve
    20 novembre 2011 à 11:27

    Vous dites : « J’imagine donc qu’on va parler d’humanisme intégral, de développement et de paix ». La réponse à votre interrogation sur l’absence d’encycliques récentes est peut-être ici. Pour faire vite, je vois 3 problèmes :
    – L’Eglise conciliaire n’a plus la certitude que la révélation est dans le Christ et uniquement en Lui. Donc grave problème sur la Vérité (=> relativisme).
    – L’Eglise conciliaire, pour se rapprocher des préoccupations du monde, a mis l’homme au centre de ses préoccupations. L’humanisme, c’est l’homme au centre et Dieu comme satellite pour mieux nous servir (cf. théologie de la libération, etc.).
    – L’Eglise conciliaire a perdu la conviction qu’il n’y a de vraie paix durable que celle du Christ. Et que c’est en annonçant le Christ comme la Vérité qui libère que la paix pourra progresser. Donc exit l’esprit missionnaire, place à Assises (sorte de réunion onusienne sympa où quelques paroles « fortes » relèvent le tout comme les épices relèvent un plat trop fade).

    Bref, Civitas défend un idéal passé que vous rejetez. Je le comprends car quand on n’est pas clair dans sa Foi, il est impossible de témoigner comme l’ont fait les premiers martyrs chrétiens et les saints … ou les chrétiens d’Orient en 2011. Attention toutefois, car Dieu ne change pas et on aura des comptes à rendre de nos actes au soir de notre vie (enfin, si vous y croyez encore !).

    • 20 novembre 2011 à 12:31

      Steeve, je suis désolé, mais je ne suis pas du tout d’accord avec vous. Et je justifie :

      – sur le premier point, je lis dans le concile Vatican II : « Il a plu à Dieu dans sa bonté et sa sagesse de se révéler en personne et de faire connaître le mystère de sa volonté (cf. Ep 1, 9) grâce auquel les hommes, par le Christ, le Verbe fait chair, accèdent dans l’Esprit Saint, auprès du Père et sont rendus participants de la nature divine (cf. Ep 2, 18 ; 2 P 1, 4).  » (Dei Verbum 2), ainsi que « Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé par les prophètes, Dieu « en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils » (He 1, 1-2). Il a envoyé en effet son Fils, le Verbe éternel qui éclaire tous les hommes, pour qu’il demeurât parmi eux et leur fît connaître les profondeurs de Dieu (cf. Jn 1, 1-18). Jésus Christ donc, le Verbe fait chair, « homme envoyé aux hommes [3] », « prononce les paroles de Dieu » (Jn 3, 34) et achève l’œuvre de salut que le Père lui a donnée à faire (cf. Jn 5, 36 ; 17, 4). (…)L’économie chrétienne, étant l’Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n’est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus Christ (cf. 1 Tm 6, 14 ; Tt 2, 13). » (Dei Verbum 4). Votre premier point est donc totalement faux !

      – ce n’est pas l’Eglise qui a mis l’homme au centre de ses préoccupations, mais Dieu, en créant l’homme, en décidant que pour les sauver, son fils devait s’incarner ! « En réalité, le mystère de l’homme ne s’éclaire vraiment que dans le mystère du Verbe incarné » (Gaudium et Spes 22) ! On est loin de Dieu satellite !

      – Concernant la paix, Ad Gentes, au numéro 5, écrit : « ). La mission de l’Église s’accomplit donc par l’opération au moyen de laquelle, obéissant à l’ordre du Christ et mue par la grâce de l’Esprit Saint et la charité, elle devient effectivement présente à tous les hommes et à tous les peuples, pour les amener par l’exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce, à la foi, à la liberté, à la paix du Christ, de telle sorte qu’elle leur soit ouverte comme la voie libre et sûre pour participer pleinement au mystère du Christ. »

      Bref, vous n’avez pas lu le Concile, ou seulement des morceaux choisis. quand vous dites que « Civitas défend un idéal passé », oui, je suis d’accord, et je préfère annoncer Jésus Christ aux hommes d’aujourd’hui, là où ils sont. Que’après le concile, il y a ait eu des dérives, je suis le premier à le reconnaître. Que certaines persistent, oui aussi. Mais de grâce, je suis né bien après le concile, ne me reprochez pas la faute de ceux qui sont partis dans ces dérives, qui aujourd’hui, sont largement minoritaires. Et soyez assurés que j’essaye de témoigner de ma foi. Le bienheureux Jean Paul II, qui a été au Concile Vatican II, est sur la voie de la sainteté lui aussi, il a été un témoin de l’Evangile, et je pense que vos critiques tombent bien à plat devant ce modèle. quant à récupérer les martyrs du Proche-orient, en avez vous rencontré ? Avez-vous discuté avec eux ? j’ai rencontré un survivant de d’un attentat conter une église à Bagdag, et je n’avais pas l’impression d’être déconnecté de sa vie.

      Pour finir, je constate que vous portez la discussion sur le terrain de la foi, pas du fond, ce qui tend à me conforter dans mes positions sur le flou entourant l’Institut !

      • Steeve
        20 novembre 2011 à 15:37

        – On trouve effectivement de très nombreux passages admirables dans les textes du dernier concile, tout comme dans d’autres textes plus récents. Mais ils sont contrebalancés par quelques uns beaucoup plus ambigües et qui laisse la porte ouverte … à l’esprit qui les sous-tend. Car c’est bien de l’esprit d’un texte qu’il faut regarder. Sinon, on en reste à des disputes de mots où chaque camp se lance des morceaux de phrases sorties de leur contexte. Or l’esprit de Vatican II, c’est celui d’intenses campagnes de propagande de la part des progressistes auprès de cardinaux déjà influencés par les idées marxistes de l’époque : distributions de tracts, pressions sur les opposants à leurs idées, renversement de majorités, … Sans vouloir vous imposer la lecture de Mgr Lefebvre, il faut lire au moins ce qu’il dit du déroulement de ce concile. C’est digne d’un scénario de film sur la guerre froide !
        – Le Malin porte bien son nom : il n’est pas question de « bévues » dans les textes conciliaires. C’est bien plus subtile. Un exemple parmi d’autres : on « encapsule » la liberté religieuse dans la « dignité humaine » ; c’est habile car difficilement réfutable. Mais c’est oublier que notre dignité de créature de Dieu est un appel encore plus pressant à aller vers Lui, et non une possibilité de cheminer vers Lui à travers d’autres religions. Car bien qu’on puisse trouver des similitudes dans les autres religions, leur esprit (leur « dynamique ») est la défiguration du message du Christ. Il est donc inacceptable. De même qu’on ne peut rapprocher une ruine à une demeure restaurée, sous prétexte de trouver dans la ruine un escalier encore intact ici ou une fenêtre inviolée là. Car l’esprit qui sous-tend le travail du restaurateur est radicalement inverse de celui du destructeur.
        – Les quelques ambigüités dans les textes du Concile ou postérieurs ne sont pas, à mon avis, de simples erreurs de forme. Elles traduisent un esprit nouveau, dont les manifestations ultérieures ne sont pas des « dérives » selon votre expression, mais correspondent à cet esprit habilement traduit dans les textes.

        – Concernant Civitas, je suis d’accord que la forme de leur discours est difficilement accessible. Les cathos ont tendance à se croire encore dans un pays catho, alors que la réalité est tout autre. Il faut se demander comment parler aux personnes d’une rame de métro sans être incompris. Il faut adapter la forme, sans « affadir » le fond. C’est là où certaines de leurs expressions me font sourire, mais sans remettre en cause la Foi dont ils font preuve.

  8. 20 novembre 2011 à 13:03

    @Polydamas

    Si cela me vient à l’idée que des gens soient blessés. Me croirez-vous si je vous dis que je le suis aussi ?

    Me cela vous vient-il à l’idée que CIVITAS and co jouent habilement sur ce sentiment pour des raisons avant tout politique ?

  9. Marianne
    20 novembre 2011 à 13:03

    Et Mt 25, 31-46 ? (Evangile du jour pour ceux qui l’ignoreraient).
    Sinon, rien de nouveau… si ! Internet, les blogs, forums, etc Sur ceux du groupe Bayard, il y a déjà eu moultes « difficultés ».. Et sur bien d’autres. On a appris à reconnaÏtre, modérer plus attentivement, ignorer, etc.

    L’innondation… ce sont des noyés … et beaucoup moins une fertilisation des sols lorsque l’eau se retire (mais est-ce prévu au « programme » ?).

    En ce dimanche, on peut aussi méditer sur l’eau dans les Saintes Ecritures 🙂

  10. 20 novembre 2011 à 13:39

    @Polydamas : Fouilleur de poubelle ? Chercheur de vérité vous voulez dire. Les gens doivent savoir.
    Sur Degrelle, oui il a été un guignol pathétique, mais il a entrainé derrière lui des centaines de personnes, notamment dans la Légion SS Wallonie. Hitler (qu’aimait Degrelle) aussi était un guignol et il a commis un des plus grands crimes de l’Histoire. Que des gens qui se disent catholiques fasse l’éloge de ce type pose un vrai problème. Tout comme l’attitude de Williamson sur la Shoah. C’est un très grave problème.

  11. 20 novembre 2011 à 13:42

    Enfin que mon droit (j’ai dit aussi devoir) d’information soit mon petit derrière lequel je me cache pour attaquer la FSSPX, c’est faux. Le devoir d’information touche tous les sujets. Quand l’occasion s’y prêtera je ferai aussi valoir le devoir d’information sur Golias.

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