Il y a une expression que vous avez déjà du entendre et que, à n’en pas douter, vous entendrez certainement de plus en plus ces prochaines années : la Nouvelle évangélisation !

Disons tout de suite ce que ce terme recouvre : il s’agit de l’évangélisation des pays de tradition chrétienne qui ont perdu de leur vigueur missionnaire. En bref, c’est la ré-évangélisation de l’Occident. En très bref cependant, car la Nouvelle évangélisation, c’est bien plus que cela. Et c’est en essayant de la découvrir qu’on en perçoit la richesse.

L’un des plus ardents promoteurs de cette Nouvelle évangélisation a été le pape Jean Paul II. Mais dès 1975, Paul VI, à travers l’exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, invitait les hommes à entrer dans une nouvelle dynamique missionnaire, et déjà il en citait l’importance dans les « situations de déchristianisation fréquentes de nos jours, pour des multitudes de personnes qui ont reçu le baptême mais vivent en dehors de toute vie chrétienne, pour des gens (…) ayant une certaine foi mais connaissant mal les fondements de cette foi,… ». Avant lui encore, Jean XXIII, en ouvrant le concile Vatican II, le 11 octobre 1962, déclarait qu’il fallait formuler d’une manière plus compréhensibles par tous les vérités contenues dans la foi chrétienne.
Cette Nouvelle évangélisation, qui ne date donc pas d’hier, a été mise en œuvre, il faut bien le reconnaître, surtout et quasiment uniquement, par les nouveaux mouvements ecclésiaux, parmi lesquels la communauté de l’Emmanuel en France, les focolaris en Italie, Communion et Libération, … On s’est ainsi rendu compte que c’est d’une nouvelle manière de vivre sa foi que l’engagement évangélisateur prend toute son ampleur. Ce qui nous rappelle toujours que nous sommes les premiers à devoir être évangélisés, à vivre l’Evangile pour en témoigner.
Il y a un peu plus d’un an, Benoît XVI instituait un Conseil pontifical pour la Nouvelle évangélisation, et peu après, il annonçait que ce thème serait au cœur du prochain synode des évêques, en octobre 2012, au moment où l’on célèbrera les 20 ans de l’ouverture du concile Vatican II… La boucle est bouclée

En attendant, et pour bien prendre la mesure de cette Nouvelle évangélisation, les congrès se multiplient pour réfléchir à sa théologie, à sa mise en œuvre, à la manière dont les communautés chrétiennes sont invitées à s’y engager. Les représentants des évêques d’Europe, réunis à Tirana, en Albanie fin septembre-début octobre, ont planché sur ce sujet. Mgr Fisichella, le président du Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, y a déclaré : «L’évangélisation est la mission même de l’Eglise qui continue depuis 2000 ans mais qui doit trouver un nouveau langage ». Rien de nouveau depuis Vatican II là encore.

Ce week-end, à Rome, un autre congrès aura lieu, rassemblant plusieurs milliers de personnes. Plus que les discussions qui s’engageront, l’idée est de faire se rencontrer les « représentants de toutes les réalités ecclésiales qui œuvrent » (selon Mgr Fisichella) dans ce domaine. Pour qu’ils partagent leurs expériences, qu’ils s’enrichissent mutuellement, et repartent chez eux fortifiés … Finalement, rien de nouveau diront le plus anciens, si ce n’est une envie toujours renouvellée de faire connaître le Christ !

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