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Fiducia ! Confiance !


Si vous pensez que vais vais vous faire un speech sur la confiance telle que l’a vécue Saint Louis de Gonzague (par exemple, vu que c’est sa fête aujourd’hui), vous risquez d’être déçus. La Fiducia, c’est à dire la confiance, c’est ce qu’à gagné notre ami (enfin, c’est une expression, hein) Berlusconi aujourd’hui.

Une fois de plus, la question de savoir si l’assemblé parlementaire faisait confiance au gouvernement italien a été posée. Et une fois de plus, le Cavaliere s’en est bien sorti. Personne ne saura jamais ce qu’il en aura coûté à Silvio, mais toujours est-il qu’après des élections municipales et un référendum perdu, il peut ce soir savourer cette petite victoire. Ne me demandez pas comment il va faire la fête, je laisse vos imaginations débordantes travailler…

Outre le fait que notre ami (façon de parler toujours, hein) Silvio s’arrange pour filer des postes sympa à des élus afin qu’ils lui conservent leur confiance, il faut bien constater que l’actuel premier ministre italien est un monstre politique. Et quand je dis ça, je suis plus que sérieux. Rien à voir avec des monstruosités comme le Bunga Bunga, le scandale Ruby ou les vieilles histories de la loge P4… Si Berlusconi, l’homme des médias, le patron de Mediaset, qui a même tenté d’imposer sa marque en France (« La 5 », vous vous souvenez, avec des femmes plantureuses dont les vêtements avaient rétrécit au lavage avant même qu’elles les mettent) est devenu l’homme politique qui a marqué les 15 dernières années en Italie, ce n’est pas « per caso », par hasard.

Certes, l’opposition est assez nulle pour n’avoir jamais réussi à s’unir face à lui. Certes, avec son argent il a réussi à acheter faire l’unité de la droite italienne, et a dégommer tous ses contradicteurs.

Mais si Silvio a été élu aussi souvent, et s’il a joui de la confiance de la population, c’est qu’il était un mythe ! Imaginez : un homme riche, pas trop mal conservé (ok, il a un masque à la place du visage, mais bon, avec les implants et tout, il ne fait pas son âge, malgré tout), qui a réussi dans la vie, qui a des femmes, et qui a le pouvoir, qui est impertinent (vous savez, du style à dire que Obama est bien bronzé, ou que les patrons qui votent à gauches sont des Coglioni)… Jusqu’à il y a peu, ce modèle a fait rêver les italiens (non, je n’ai jamais dit qu’ils étaient machos), et même les italiennes. Et puis, Berlusconi a même eu quelques réussites : il a nettoyé Naples en arrivant au pouvoir il y a 3 ans et demie (même si aujourd’hui c’est de nouveau la crise, mais pour une fois, un type a réussi à rendre la ville habitable pour un peu), il a décidé de reconstruire l’Aquila (la ville détruite dans le tremblement de terre, et tout le monde y a cru au début).

Mais comme tout mythe, il fini par être dépassé. Et là, c’est le cas ! La population n’y croit plus. Les scandales du Cavaliere ont fini par lasser, ses mots d’humour (enfin, j’espère pour lui) par fatiguer les gens, ses affaires par le rattraper, et il n’a pas senti le vent tourner. Pourtant, il vient de gagner la Fiducia au parlement. Signe d’un décrochage complet entre l’assemblée législative et le peuple. La Ligue du Nord, populiste, a maintenu Berlusconi au pouvoir, mais comme l’a dit son leader, « il restera jusqu’en 2013 s’il fait ce que je dis ». Quel pouvoir à la fin ? Soumis aux moindres désirs de ses alliés qui deviennent ses maîtres… Alors que la note de l’Italie par les agences de notation risque d’être abaissée, Bossi demande que des ristournes soient faites sur les impôts. Le ministre des finances s’y refuse, mais cède pour garder son job… Et voilà comment se fait la politique de nos jours, du moins en Italie. De manière très populiste…

Berlusconi a été un grand homme politique. Qu’on soit de son bord ou non, il faut lui reconnaître cette capacité à prendre le pouvoir et à le garder, ce qui est quand même assez rare en Italie qui a usé un bon nombre de gouvernements depuis la fin de la seconde guerre mondiale (rien de moins que 60 gouvernements différents)… Mais finir ainsi, quel dommage et quelle déchéance, et surtout, quelle image. Alors Silvio, per carità, che ne pensi del ritiro ? (s’il te plait, que penses-tu de la retraîte ?). Sinon, dis-toi que les braves gens vont bien finir par utiliser cette citation française ultra connue : « Casse-toi pauv’… »

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