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Un billet qui parle de politique (mais pas de DSK !)


Ca y est, je me lance. Vous allez avoir droit à ma fine analyse politique avec quasiment aucun élément de fond, mais juste mon ressenti. C’est àcça que ça sert les blogs aussi, à dire ce qu’on pense, sans avoir besoin de tout justifier, car j’écris pas un article dans Libé ou Le Fig ! Bon, j’exagère, parce que je ne vais pas non plus jouer au populiste de base, ou juste balancer des slogans. Mais quand même, je préfère vous prévenir ! Ok, vous êtes d’accord (sinon, arrêtez de lire), on y va !

Photo : Barbie Angela Merkel ! Comme quoi la chancelière peut être un mythe quand même !

Je suis effaré par ce que j’entends à la radio et que je lis dans la presse ou sur le net (oui, j’ai pas de télé, et alors) à propos de la remarque d’Angela Merkel sur le fait qu’il faudrait une harmonisation sociale en Europe. Ok, elle l’a dit de manière plus directement audible pour ses électeurs : « Il n’est pas normal que dans cerrtains pays du sud de l’Europe, on travaille moins qu’en Allemagne et qu’on ait la retraite plus tôt que chez nous » (en substance, j’ai la flemme de chercher la citation exacte) ! Et là, les commentateurs nous sortent, pour expliquer cette petite phrase : « Vous savez, elle est en campagne »… Ouf, j’ai eu peur ! J’ai juste cru que pour une fois, un dirigeant politique européen pouvait avoir une idée clairvoyante, mais non, c’est juste parce qu’elle est en campagne. Dès les élections passées, Angela s’empressera de dire aux peuples du sud de l’Europe : « Allez, je déconnais, soyez pas inquiets… Continuez à faire la fête, regardez, nous aussi on la fait, on a le Bierfest à Munich ! »

Comme je vous l’ai dit, je n’ai pas fait de recherche pour savoir ce que les grecs, les espagnols, portugais, ou même italiens pensaient de cette phrse. Mais je sais ce qu’en pensent les français, enfin, les commentateurs français, ou les hommes politiques français. JAMAIS ! On va pas commencer à bosser jusque’à 67 ans quand même ?  Ou bosser 40 heures par semaine ? Tu rigoles Angela ? Si ça vous plait à vous les allemands, allez-y… Et puis, c’est cool, comme ça vous augmentez votre productivité et vosu pouvez filer un peu de fric à l’Europe…

Sauf que, peut-être, Angela n’a pas tord. Et que si on veut construire une Europe forte, il n’y a pas de raison de s’arrêter à une union monétaire avec des devoirs pour les états les plus riches mais peu d contrepartie des peuples… Je suis désolé pour les « vieux » de 60 ans, mais la belle vie que vous vous payez, ce sont vos enfants qui vous la financent, sans pouvoir espérer l’avoir quand viendra leur tour !

Mais bon, revenons-en à la proposition d’Angela. Je suis originaire de Lorraine, et j’ai des amis qui travaillent au Luxembourg, avec 40 heures de travail par semaine, et près de 2 h de trajet aller/retour, sur une autoroute bondée… Ok, ils gagnent bien leur vie, mais ils bossent ! Et vous savez quoi ? Aucun n’a envie de revenir travailler en France pour gagner du temps… Et aucun ne se plaint ! C’est pas le cas des amis qui bossent en Allemagne, et qui, même sil gagnent  un peu plus d’argent qu’en France, doivent travailler jusqu’à 65, voire 67 ans ! Elle est où la justice sociale là ? S’il partent à la retraite à 60 ou 62 ans, ils auront moins de retraite qu’un français qui gagnait moins.

Le problème, c’est que la proposition d’Angela, eh bien de facto, elle nous rapproche d’une Europe fédérale. et ça on ne le veut pas. On m’a même dit que les français avaient voté contre en 2005. Oui, vous savez, là où on a dit qu’on était contre le projet de Constitution Européenne, et où nos braves députés ont dit qu’on n’avait rien compris et ont changé d’orientation un an plus tard (plus ou moins). comme quoi, quand on veut, on sait tourner les choses à l’avantage des peuples… (ok, j’arrête l’ironie).

Sérieusement (oui, faut bien parfois), c’est quand même fou que l’Union Européenne s’intéresse à la composition du chocolat et à son apellation et ne puisse rien dire sur les politiques sociales, qui ont un enjeu bien plus fort dans la vie de l’Union… On parle de solidarité dans l’aide qu’un pays fournit à l’autre, et c’est très bien, mais la solidarité n’a pas à être que dans un sens… la solidarité des travailleurs du sud (ok je stigmatise, mais j’ai des années d’expérience en Italie) avec ceux du nord, j’aimerai aussi qu’elle se fasse jour. Et qu’on ne vienne pas me dire, comme une excuse entendue maintes et maintes fois dans la péninsule italienne, qu’il fait trop chaud, que les conditions climatiques sont pas géniales, … la neige et le froid en Allemagne, l’hiver, c’est pas terrible non plus. Quand il faut dégager 20 cm (ou plus) de neige dans l’allée de son garage avant d’aller bosser, eh ben dans le nord de l’Europe, ils le font !

Mais bon, finalement, comme j’ai lu cette semaine sur Twitter (merci @PBCordier chez qui j’ai trouvé cette formule) : #jdcjdr ! (Pour ceux qui comme moi auraient mis du temps ou n’auraient pas trouvé : « je dis ça, je dis rien » …)

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  1. 22 mai 2011 à 16:41

    Travailler plus, oui pourquoi pas… mais pour faire quoi ? plus de fonction publique ? des heures d’ouverture plus généreuses… oui, on pourrait l’envisager ; plus de services ? il faudrait qu’on en ait besoin ; plus de manufactures ? il faudrait consommer plus encore ou bien être plus performant pour prendre des parts de marché à d’autres entreprises (d’autres pays de préférence)…
    Je veux dire par là que l’offre de travail est très rigide, et quand on commence à travailler plus c’est soit au détriment d’autres personnes moins efficaces (les « bons » travaillent beaucoup et gagnent beaucoup d’argent, les autres recherchent péniblement du travail), soit pour alimenter une course à la consommation.
    Il me semble que tant qu’il y aura de nombreux chômeurs, travailler plus ou plus longtemps ne résoudra pas grand’chose.
    Cela ne veut pas dire, bien sûr, que je rejoins le « laisser aller » ambiant. Les 35h ont clairement participé à un « j’m’enfoutisme » prégnant. Nous devrions certainement travailler mieux, avec plus de conscience professionnelle, plus de gratuité. Mais il me semble que lorsqu’une personne n’a pas de capacités « exceptionnelles » il lui est difficile de trouver du travail.
    Mais bon, finalement, moi aussi #jdcjdr…

  2. 22 mai 2011 à 17:37

    Pas facile de passer de la religion à la politique… (je me pose pas mal de questions sur le sujet).

    Bon, je ne suis pas vraiment d’accord avec votre analyse. Et je crois dangereux de stigmatiser les uns, surtout quand c’est pour justifier la course aux profits perpétuelle. On voit cela en France aussi, cette idée que tout irait mal à cause des fainéants, des nuisibles, de ceux qui pompent les allocations, etc.

    « Ok, ils gagnent bien leur vie, mais ils bossent ! Et vous savez quoi ? Aucun n’a envie de revenir travailler en France pour gagner du temps… Et aucun ne se plaint !  » Bien sûr, certains sont tellement attachés à l’argent que la logique de gagner du temps leur est étrangère. Passer du temps avec son mari ou sa femme ? Avec ses enfants ? Pour faire autre chose que de courir après les primes, les augmentations, … Non, on laisse cela aux pauvres !

    Jettez un oeil sur le site de l’OCDE et les statistiques affichées (http://stats.oecd.org/index.aspx?queryid=559&lang=fr) : la Grèce n’est pas si loin que cela de l’Allemagne en terme de PIB par tête. Rien qui vaille le mépris en tout cas.

    Rien dans l’Evangile ne nous incite à la course au « toujours plus ». Au contraire.

  3. 22 mai 2011 à 18:43

    @vieil imbécile et @Jibitou : Et voilà, vous me « flinguez » le sujet de mon second billet (bien que j’ai déjà abordé le sujet en octobre dernier – https://lemessin.wordpress.com/2010/10/06/redonner-de-la-valeur-au-travail/). Je comprend ce que vous dites, mais en même temps vous avez une vision très statique (le mot passéïste serait de trop peut-être) du travail.

    Je pense (et j’espère) qu’on va pouvoir évoluer dans ce domaine, en permettant de moduler le travail avec l’âge, de le faire évoluer. Je me berce peut-être d’illusions, mais parfois il en faut. Un prof pourrait à partir de 55 ans devenir formateur pour les autres, ou inspecteur, profitant de son expérience ; il pourrait par exemple passer dans les services administratifs pour ne plus être sous le stress des classes si cela lui devient pénible… Idem dans l’industrie, où différentes fonctions existent. L’évolution en fonction des seuls diplômes ou de l’ancienneté (voire du piston) n’est peut-être pas la seule manière de concevoir l’évolution du travail. Certes, je conçois que cela soit délicat pour un artisan qui travaille seul, mais là encore, je suis sûr qu’il est possible d’innover. Ca permettrait peut-être d’éviter les suicides au travail chez Renault ou France Télécom… (même si je ne sais pas si de tels drames n’existent pas ailleurs). En tout cas, il me semble que c’est une piste à creuser. Je ne sais plus où j’ai lu

    Ce n’est donc pas une course au « toujours plus », mais aussi une nouvelle manière de concevoir le travail. C’est à cela que je pensais en parlant des amis qui sont au Luxembourg. La qualité du travail permet d’y passer plus de temps, d’y être moins stressé,… (bon, c’est pas le pays des bisounours non plus, il y a des problèmes comme ailleurs). Je pense qu’en terme d’argent, vu le temps perdu, les « nounous » à payer pour garder les enfants, c’est pas forcément très payant… Donc ce nesont pas les gens qui ne travaillent pas qui sont en cause, mais la manière de concevoir le travail.

    et puis, bon, le centre du billet, c’était quand même (mais je me rends compte que j’ai pas mal appuyé sur le travail) la finale (oui, je sais, il fallait oser la faire) sur le fédéralisme… Ca, qu’en pesez-vous ?

  4. 22 mai 2011 à 19:39

    D’accord, j’avais mal compris, et ça m’embêterait de « flinguer » votre prochain billet… C’est toujours la même chose, dans un billet ya un truc qui touche à une de nos marottes, et on (non, « je » :)) finit par ne retenir plus que ça. Qu’il faille évoluer, moduler, casser les barrières, j’en suis convaincu, du moment que ça reste à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise.
    Sur le Fédéralisme… je ne sais pas trop ! Ce que je sais, c’est que nous sommes au milieu du gué, et que ce n’est pas bon (des pays à moitié souverains, une Commissions à moitié souveraine, une Banque Centrale à moitié centrale, des économies à moitié indépendantes, une subsidiarité aléatoire…) et pas tenable. Maintenant faut-il se transformer en Etats-Unis d’Europe ? mon coeur y répugne, et ma raison tergiverse… décidément, #jdcjdr !

  5. 22 mai 2011 à 20:29

    Loin de moi l’idée de « flinguer » votre billet. Je trouve intéressant – compte-tenu que j’apprécie votre blog – que vous parliez aussi de politique (au sens premier du terme) et le débat d’idées me semble vital. Donc, continuez, continuez.

    Vous avez raison, je n’ai réagi qu’à une partie de votre billet à savoir le travail et la perception qu’ont certains de ce que font, ou ne font pas, les autres. Beau sujet d’ailleurs. Sur le fédéralisme, je n’ai pas (encore) d’avis très tranché. Désolé 😉

  6. 22 mai 2011 à 21:14

    Rassurez-vous tous les deux, quand je parlais de « flinguer » le sujet du prochain billet, c’est que c’était l’idée que je voulais aborder dans un prochain billet… no problemo ! Pour ce qui est de la critique, je m’y soumet volontiers, et j’apprécie même qu’elle soit exposée. Car c’est en parlant qu’on arrive à préciser les choses. Vos remarques m’ont permis de mieux exprimer ce que je pensais du travail. Et puis, comme je le dis, je suis tout sauf un expert, je ne fais pas de grandes recherches sur le sujet, du coup, certainement que vous pouvez me contredire et même me corriger. Bon, ben je vous dis à la prochaine sur un autre billet…

  7. 23 mai 2011 à 07:09

    2Th 3, 10

    • 23 mai 2011 à 08:50

      Un commentaire bref et efficace, mais le contexte de l’époque était quand même différent d’aujourd’hui… C’était pour ceux qui attendaient le retour du Christ de manière imminente, et du coup ne prenaient plus la peine de travailler… Ca concerne moins de monde aujourd’hui (malheureusement) !

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