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La messe ordinaire ou extraordinaire…


Comme moi, vous avez certainement entendu cette phrase, un samedi soir ou un dimanche matin : « Aujourd’hui, c’était vraiment une belle messe ». Mais c’est quoi une belle messe ?

A mon sens, c’est avant tout une célébration priante, qui nous permet de vivre une réelle communion entre nous et avec Dieu. C’est quand on vit quelque chose. Pour certains, ce sera une liturgie avec les enfants qui partageront leurs découvertes. Pour d’autres, ce sera une belle décoration florale, de beaux chants. Pour d’autres encore, la qualité de la prière et de recueillement de l’assemblée, ou encore l’homélie…

Le mieux, ce serait que tout soit mêlé…Mais bon, on a tous nos dadas, et du coup, on est plus attentifs à l’un ou à l’autre des aspects. Pourtant, il me semble que s’il y a un élément qui n’est pas négociable, c’est le rapport à Dieu. La messe n’est pas une rencontre d’amis, autour d’un thème, d’une belle idée. Ou elle n’est pas que ça. L’Eucharistie est avant tout rencontre de Dieu, réception de sa Parole et de sa Vie, partage de cette Vie.

Et ça, ça implique de se préparer pour la vivre, et d’être impliqué dans ce qui se joue. Quand le concile Vatican II parle de participation active, c’est cet aspect qu’il pointe. Pas simplement les chants, pas simplement le fait de tout voir ou de tout comprendre, mais le fait d’entrer dans un coeur à coeur avec Dieu.

Du coup, dans nos messes, certains ne s’y retrouvent pas, et ils quittent l’Eglise. Une étude menée par un jésuite aux Etats-Unis montre la moitié des catholiques américains qui quittent l’Eglise vont chez les protestants évangéliques, parce que l’Eglise, selon leurs dires, ne « satisfait plus leurs besoins spirituels ». Ils se dirigent donc vers une communauté offrant, comme le dit le jésuite, « une solide nourriture spirituelle et un bon service du culte ». On découvre aussi dans cette étude, qui me semble être assez facilement transposable en France, que seulement 11 % de ceux qui ont quitté l’Eglise mentionnaient une « nostalgie de la liturgie à l’ancienne ». Preuve que ce n’est pas forcément le latin qui les attiraient.

Et parlant de latin, ou d’ancienne liturgie, je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec la célébration de la messe sous la forme « extraordinaire«  du rite. « Extraordinaire«  dans le sens de « non-ordinaire« , ou plus justement de non-habituelle, et non parce qu’elle procure de plus grands bienfaits spirituels. Mais force est de reconnaître que quand on discute un peu avec des personnes qui fréquentent cette forme de célébration, le fait d’y trouver une dimension priante plus prégnante revient fréquemment.

Du coup, je m’interroge et me remet en question. Car dans la messe d’après Vatican II, on peut tout autant trouver cette dimension spirituelle. Ceux qui un jour ont participé à des JMJ ou ont été à Taizé, où la liturgie est encore différente, pourraient témoigner sans problème que même sans latin, en disant la messe de manière « ordinaire« , on arrive à vivre vraiment la rencontre avec Dieu et la dimension participative de la célébration. Mais dans nos célébrations dominicales, c’est vrai que parfois, ça pêche un peu. Alors, comme je ne veux pas entrer dans un débat qui chercherait à dire que c’est de la faute à tel ou telle (aux lectures mal lues, aux chants qui comportent des paroles plan-plan, aux enfants de choeur qui gesticulent partout, à l’homélie du prêtre qui n’a aucun interêt), si la messe n’est pas aussi priante qu’elle le devrait être, je vous propose de nous y mettre tous, pour que vraiment, oui, on puisse tous dire : « Aujourd’hui, c’était vraiment une belle messe ».

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  1. NM
    13 mai 2011 à 12:44

    Je suis tout à fait d’accord avec le rapprochement fait entre Taizé et la forme extra ordinaire du rire romain… J’aime beaucoup la prière (qui n’est pas fondamentalement liée à une liturgie eucharistique) telle qu’elle se pratique à Taizé et j’aime aussi la forme extra ordinaire. On pourrait parler aussi des charismatiques et notamment de l’Emmanuel. Le point commun est un sens du sacré, du don, de la communauté et un goût pour les chants (au-delà d’un minimum de rigueur liturgique sans sombrer dans le rubricisme [qui guette toujours le juriste…]).
    Langue et position (dans la liturgie… d’accord ?!) sont secondaires (cf Saint Martin).

  2. 13 mai 2011 à 14:40

    Ah ! le rire romain 🙂
    Puissent en tout cas les instructions romaines transformer les antagonismes en richesses complémentaires. On devrait peut-être tous se forcer à un exercice : qu’est-ce qui est beau dans cette forme à laquelle je suis moins sensible ?

    • 13 mai 2011 à 14:58

      ou bien dire ce qui nous inspire le plus dans le rite qu’on connait le mieux, ce qui nous permet d’entrer vraiment en relation avec Dieu.

  3. 13 mai 2011 à 16:34

    Aussi, c’est vrai… mais avec toujours le risque (nous sommes faibles) de s’arcbouter sur ce que « les autres » n’ont pas…
    Ainsi j’aurais tendance moi-même à insister sur le cycle dominical de 3 ans de la forme ordinaire, auquel je suis très attaché. Si à l’inverse j’essaye de voir ce qui porte à la prière dans la forme extraordinaire, je citerai par exemple la communion à genoux, le prêtre qui se tourne vers le tabernacle pendant la prière eucharistique (avec le paradoxe que c’est plus une attitude « pastorale », alors que le prêtre face à l’assemblée est plus « in persona Christi » : la logique n’eût elle pas voulu que les tradis y soient plus favorables ?), le Notre Père en latin pour souligner la communion universelle (tout en ayant conscience que le « ne nos inducas » est bien plus proche du « ne nous soumets pas » que de l’insipide « ne nous laissez pas succomber »…) et bien d’autres choses…
    En écrivant cela je réalise d’ailleurs que la forme ordinaire préconise toujours ces attitudes, même si elles sont peu pratiquées… il faudrait donc en trouver des plus différenciantes 🙂

    • NM
      13 mai 2011 à 20:29

      C’est vrai que, notamment, les lectures de l’Ancien testament sont une richesse. Ce que vous dites me fait penser aussi que l’on exploite pas toujours ce qui est dans le missel de Paul VI comme on dit. La communion à genou, l’orientation du prêtre et la langue ne sont pas inhérentes à une forme particulière… (mais je peux me tromper). La difficulté vient d’un certain nombre de mauvaises manies et d’un manque de compréhension du sens de la liturgie (ce que je dis fait prétentieux mais c’est aussi [surtout] une prise de conscience personnelle lors de la participation à l’équipe liturgique).

    • 13 mai 2011 à 21:20

      Je relève certains des mêmes points que vous. La première fois que j’ai célébré « dos au peuple » (et je le dis à raison), c’était hyper agréable pour moi : ma première messe en italien, et je bafouillais. Ne pas avoir à sentir le regard des autres, pouvoir plisser les yeux pour lire les paroles, prendre le temps,… quel bonheur !

      J’aime aussi l’importance des attitudes corporelles (se mettre à genoux). Même si le concile de Nicée (325, soit plus de 1200 ans avant l concile de trente) insistait pour que l’on soit debout durant la prière eucharistique (!), se mettre à genoux c’est une manière d’exprimer son adoration devant Dieu qui se fait chair lors de l’Eucharistie.

      Chanter le Notre Père en latin, c’est une joie pour moi…

      Et pourtant je n’ai jamais célébré la messe sous la forme extraordinaire. C’est ça ce qui est fou : on a un trésor avec la liturgie de Paul VI, et on n’en a vu ou bien on n’en retient que les dérives. Si la forme extraordinaire peut nous aider à redécouvrir la richesse de ce que nous possédons, ce serait déjà un tel progrès !

  4. 13 mai 2011 à 18:59

    Merci pour ce billet apaisé et apaisant 🙂

  1. 14 mai 2011 à 11:06

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