Trop tard ???


« Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ».

Ces paroles, si vous êtes allés à la messe hier, ou si vous avez lu la Passion, vous le avez entendues : ce sont celles du centurion, quand Jésus meurt. Ce même centurion (si l’on lit le récit de Matthieu, c’est quasiment sûr) qui, quelques heures plus tôt, a regardé ses hommes violenter Jésus. Ce même centurion qui, lorsque Jésus a marché vers le Golgotha, l’a fait marcher avec sa croix. Déjà, il devait lui inspirer de la pitié, parce qu’il l’a fait aider, ce condamné à mort. Il a demandé à Simon de Cyrène de porter la croix avec lui.

Ce centurion, il est chef de cents militaires. On peut donc supposer qu’il se tient un peu au courant de ce qui se passe dans le coin. Il avait du entendre parler de Jésus. Il était peut-être même là quand Pilate a interrogé le Christ. Il l’avait peut-être vu. Mais voilà, il ne s’y était pas intéressé.

Et puis on lui a confié cet homme qui devait mourir. Et il a fait son boulot notre brave centurion. Il a laissé faire ses hommes. L’un d’entre eux lui a même donné une boisson vinaigrée à boire, au dernier moment. Il a assisté (ou pire, participé) au partage des vêtements du condamné (cf. Jn 19,24).

Et voilà qu’après la mort de Jésus, ce brave centurion, qui jusqu’à présent était resté impassible devant la souffrance de Jésus, qui n’avait rien fait (ou presque) pour l’aider, pour, pourquoi pas, le sauver, voilà qu’il est le premier à reconnaître en Jésus le Fils de Dieu !

Et là, on a envie de lui dire : « Trop tard ! C’est sympa d’en arriver à cette constatation mon brave gars, mais là, tu vois, c’est trop tard ! Si tu t’étais réveillé avant, tu aurais pu faire quelque chose. Maintenant, c’est fini, il est mort ! »

J’avais déjà eu cette impression, il y a quelques années, en regardant la Passion de Mel Gibson. Le peuple juif dans son ensemble, les disciples, les apôtres, quasiment tout le monde se laisse porter par la vague, sans rien faire, sans broncher… Et à la fin, oups, trop tard !

Trop tard !

Dans nos vies aussi, on se réveille parfois un peu trop tard. On est parfois lents à la détente (alors que parfois, on percute très vite, en fait, ça dépend du sujet). Enfin, je dis “on”. C’est surtout pour ne pas dire “je” ! Vous, j’espère que vous n’êtes pas comme moi, que vous arrivez à être plus réactifs.

Donc voilà, on pourrait croire que notre brave centurion, et nous (et surtout moi), à sa suite, se réveille un peu tard. Trop tard. Quand tout est fini.

Sauf que ce n’est pas fini… L’histoire ne s’arrête pas là. Elle continue. En fait, elle ne fait que démarrer. Jésus est mort, mais il ressuscite… Et ce qui apparaissait comme une prise de conscience tardive devient un choix à faire. Maintenant que je le sais, que je l’ai dit, que j’ai confessé « Celui-ci était vraiment Fils de Dieu », est ce que je vais continuer à parler au passé, à me lamenter sur ce qui était, ou bien est-ce que je vais convertir cette intuition, cette reconnaissance pour la faire vivre, et m’écrier donc : « Vraiment, celui-ci est Fils de Dieu ».

Le « trop tard », dès lors, n’est plus de mise. Oui, peut-être qu’on passe pour les ouvriers de la 11ème heure ? Et alors ? Au moins, on accepte d’être des ouvriers, de nous mettre au travail, de répondre à l’appel de Celui qui est vivant…

Ce qui est bien avec le Christ, c’est que finalement, il n’est jamais… trop tard !

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Catégories :Actualité, Réflexion, Spiritualité Étiquettes :
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