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Enfants et ambassadeurs : la semaine du pape !


Photo tirée du site http://www.annuncioblog.com

Cette semaine, on met les enfants à l’honneur, car la semaine dernière, c’est le pape lui-même qui les a mis au centre de l’actualité du Saint-Siège. Et c’est d’ailleurs une constante ces derniers temps en ce qui concerne Benoît XVI : lors de ses voyages ou lors des célébrations liturgiques, il s’arrête pour embrasser et bénir les petits enfants qu’il voit. J’ai le souvenir de sa visite à Londres, où sur le parcours pour aller à Hyde Park, pour la veillée de prière avant la béatification de Newman, il a fait arrêter la papamobile plusieurs fois et s’est fait apporter des petits enfants que les parents lui tendaient pour les bénir.

Ce jeudi, pour la fête de l’épiphanie, car à Rome la fête est fériée et a lieu le 6 janvier, il s’est, comme souvent, arrêté lors de la procession d’entrée, pour bénir les enfants. Et on voit très bien que c’est vers eux qu’il va, car même si tous les adultes veulent le toucher ou lui embrasser les mains, c’est les enfants qui ont droit à ses faveurs.

On voit ça aussi lors des processions d’offrandes, durant les célébrations papales, où des familles avec des enfants sont systématiquement présentes.

Et puis, hier, Benoît XVI a célébré le baptême de 21 enfants dans la chapelle Sixtine. C’est une tradition que le pape, durant la messe de la fête du baptême du Seigneur, baptise des enfants, et là encore, le sourire de Benoit XVI était éloquent de sa joie.

Et à l’occasion de l’Epiphanie, cette semaine, le pape a aussi été à la polyclinique Gemelli pour y bénir un centre de recherche médicale pour les enfants. La veille de la fête de l’Épiphanie, mercredi donc, Benoît XVI s’est rendu à l’hôpital Gemelli pour y rencontrer des enfants malades. Cet hôpital est connu car il est celui où Jean Paul II avait été soigné après son attentat. Mais il faut avant tout savoir que c’est l’hôpital universitaire qui dépend de l’université du Sacré cœur, donc un hôpital catholique. Il tient son nom d’un savant italien, le professeur Agostino Gemelli, qui était aussi fransiscain.

Dans cet hôpital, le Pape a béni les locaux où se trouvent des enfants atteints de spina bifida, une malformation congénitale de la colonne vertébrale qui entraîne des difficultés de la mobilisation des membres inférieurs et une insensibilité du bassin. C’est un geste important qui offre un peu de visibilité à cette maladie génétique trop souvent oubliée.

Au cours de cette visite, Benoît XVI s’est donc rendu au chevet de 28 enfants répartis dans 16 chambres, en présence de leurs parents, et a demandé des nouvelles de chacun de ces enfants. Il insiste ainsi clairement sur l’importance de la famille dans la lutte contre cette maladie, comme dans la lutte conter toute maladie, comme sur l’importance de soigner cette maladie, plutôt que de choisir la voie d’un eugénisme thérapeutique…

En visitant le département des soins intensifs pour les nouveaux-nés prématurés, qui abrite 12 couveuses, Benoît XVI a aussi échangé quelques mots avec le personnel soignant. Le Pape a ensuite rencontré dans une salle de l’hôpital une cinquantaine d’enfants soignés dans les différents départements, leurs parents et le personnel hospitalier. Les petits malades ont chanté pour leur hôte avant de recevoir chacun un cadeau des mains du Pape, à la veille de la fête de l’Epiphanie qui est le moment où les petits italiens reçoivent les cadeaux normalement. Et Benoît XVI leur disait ces mots : « Chers enfants, je viens aussi pour faire un peu comme les rois mages que nous fêtons à l’Epiphanie. Ils apportèrent des offrandes à l’Enfant Jésus pour lui manifester leur attachement et adoration. Aujourd’hui, moi aussi, je vous apporte quelques cadeaux afin que vous ressentiez l’affection et la solidarité du Pape ».

Et puis c’est aujourd’hui qu’à eu lieu la rencontre du pape avec le corps diplomatique. Le Saint-Siège est reconnu par de nombreux pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec lui. Et pour être précis, on parle bien de Saint-Siège et pas du Vatican. Le Saint-Siège, c’est un peu, pour prendre une image connue, la personnalité morale de l’Eglise. Et suite à la perte des Etats pontificaux, en 1871, la diplomatie vaticane a préféré être présente sous cette forme que sous celle de l’Etat de la cité du Vatican… A noter que la plus ancienne représentation diplomatique française remonte à 1465, et c’est l’ambassade de France près le Saint-Siège.

Aujourd’hui, suite au pontificat de Jean-Paul II et à l’action de son substitut pour les relations avec les états, l’actuel cardinal français Jean-Louis Tauran, 178 pays ont un ambassadeur accrédité auprès du Saint-Siège. Parmi les pays absents, on remarque l’Arabie Saoudite, le Vietnam et surtout la Chine. A ces 178 ambassades, il faut ajouter également quelques délégations particulières : l’Union européenne et l’Ordre souverain de Malte, ainsi qu’une Mission à caractère spécial : le bureau de l’Organisation pour la Libération de la Palestine.

En outre, le Saint-Siège est présent à l’ONU en qualité d’état observateur, et il est membre de 7 organisations internationales affiliées à l’ONU.

Lors de cette rencontre qui est, chaque début d’année, un moment fort qui permet au pape de donner les lignes d’actions fortes du Saint Siège pour l’année à venir, Benoît XVI a adressé, depuis la salle royale, son discours aux ambassadeurs présents, et il est revenu, vous vous en doutez, sur la question de la liberté religieuse. S’il soulevait les problèmes actuels, principalement au Moyen-Orient ou encore nommément la loi anti blasphème au Pakistan, Benoît XVI disait également apprécier « l’attention pour les droits des plus faibles et la clairvoyance politique dont certains pays d’Europe ont fait preuve ces derniers jours, en demandant une réponse concertée de l’Union Européenne afin que les chrétiens soient défendus au Moyen-Orient ».

Mais le pape a également visé l’Europe, en des termes là encore très clairs : il visait les « pays dans lesquels on accorde une grande importance au pluralisme et à la tolérance, mais où la religion subit une croissante marginalisation. On tend à considérer la religion, toute religion, comme un facteur sans importance, étranger à la société moderne ou même déstabilisant et l’on cherche par divers moyens à en empêcher toute influence dans la vie sociale ». Et de rappeler la controverse italienne (à laquelle d’autres pays se sont joints) pour défendre la place des crucifix dans les salles de cours.

Et c’est également dans cette veine que le pape a soulevé la question de la dignité de la personne, jusque dans les cours d’éducation sexuelle obligatoire dans certains pays d’Amérique latine, ou qui passe par une dévaluation de la famille ou le relativisme des lois éthiques. Et Benoît XVI appuyait avec force sa conviction que « la religion ne constitue pas pour la société un problème, qu’elle n’est pas un facteur de trouble ou de conflit. Je voudrais répéter que l’Eglise ne recherche pas de privilèges, ni ne veut intervenir dans des domaines étrangers à sa mission, mais simplement exercer celle-ci avec liberté ».

En conclusion, le pape citait Mère Térésa, dont nous fêterons cette année le centenaire de la naissance, pour illustrer comme la religion pouvait avoir un rôle bénéfique pour toute la société.

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  1. 10 janvier 2011 à 16:08

    Ce Pape, que je considérais comme un peu froid en début de pontificat, se révèle très humain et très attentionné. Votre texte, ainsi que son entretien dans « Lumière du Monde », le démontre. Cela me réjouit.

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