Barack Obama a perdu ses élections de mi mandat. Vous en avez certainement entendu parler. Celui qui devait, il y a deux ans, sauver le monde, qui allait révolutionner l’Amérique, vient d’être en partie désavoué par ceux-là mêmes qui l’avaient élu. Obama ! Le premier président afro-américain, avec son historie compliquée, qui a réussi à s’en sortir dans la vie, tout seul, à la force du poignet, qui a travaillé dans le domaine social, ce président qui incarnait le changement, le voilà qui vient de voir sa politique condamnée par les électeurs.

image tirée de http://stefanofeltri. ilcannocchiale.it

Pourtant, il avait tout pour plaire, et surtout, face au très contesté Georges W Bush, il faisait vraiment figure de sauveur. Quand l’un lançait son pays dans la guerre, l’autre promettait de l’en sortir. Quand l’un était vu comme un véritable tripatouilleur des élections, ami du lobby des armes, du repli de son pays sur soi et de l’étalage de sa puissance, l’autre paraissait ouvert, pacifiste, attentif à tous, prêt à discuter avec tous. A tel point qu’on lui a donné le prix Nobel de la Paix, il y a à peine un an. Il incarnait le changement nous disait-on … Un véritable sauveur !

Et puis, patatras ! En ce mois de novembre, les américains font volte face. Le président de cette grande nation aurait-il si mal réussi ? Si l’on tire un bilan, de ces presque deux années de gouvernement, on se rend compte que l’armée s’est désengagée en Irak, même si elle est plus présente en Afghanistan (mais cela Obama l’avait dit), que la réforme de l’assurance maladie est passée, que la réforme des institutions financières, même si elle n’est pas assez contraignante, existe quand même. Alors pourquoi ? Pourquoi ce désaveu ?

Peut-être parce que les habitants des Etats-Unis ne sont pas prêts à partager. La réforme de l’Assurance maladie est emblématique de ce point de vue. Elle est refusée par une majorité d’américains. Pourtant, c’est bien d’aider ses frères et sœurs plus pauvres ? Mais bon, la crise est là, et un sou dépensé pour les autres est un sou en plus à payer pour certains. On en revient au grand problème de notre temps : l’individualisme. Chacun pour soi, et … personne pour tous. Oh, les américains sont généreux, ils veulent bien partager, mais pas être obligés de le faire ! Pourtant, dans ce grand pays où la religion a encore une place importante, les préceptes d’Isaïe, au chapitre 58, devraient être connus : « Quel est donc le jeûne qui me plaît ? (…) N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, recueillir chez toi le malheureux sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ? ».

Alors certes, Barack Obama n’est pas le Messie, il ne peut pas sauver le monde. On lui en a peut-être trop demandé, on espérait trop de lui. Mais il a perdu les élections, et une partie de sa légitimité. Pourtant, au-delà de cette défaite, c’est peut-être les américains qui y ont perdu le plus, en oubliant la fraternité, en laissant de côté une partie… de leur humanité.

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