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Le Synode pour le Moyen-Orient : une réelle expérience de communion


Le quatrième synode présidé par Benoît XVI vient de s’achever. Et déjà le pape en annonce un nouveau pour 2012, sur le thème de la nouvelle évangélisation. Il est donc, depuis le concile Vatican II, le pape qui utilise le plus la synodalité dans le gouvernement de l’Église. Cette manière de faire est également habituelle pour les pasteurs du Moyen-Orient qui se sont réunis au Vatican pendant ces deux semaines. En revenant sur le thème biblique choisi pour cette rencontre (“La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme” (Ac 4, 32), Benoît XVI déclarait d’ailleurs ce dimanche, lors de l’homélie de la messe de clôture du Synode : « nous avons partagé les joies et les peines, les préoccupations et les espérances des chrétiens du Moyen-Orient. Nous avons vécu l’unité de l’Église dans la variété des Églises présentes dans cette région ».

L’unité et la communion étaient en effet l’un des thèmes majeurs abordés par ce Synode. Et les interventions en assemblée plénière ont largement abordé la problématique d’une plus grande unité entre les chrétiens des divers rites. La demande d’une version unique du Notre Père en Arabe figurait ainsi parmi les demandes concrètes des patriarches et évêques, tout comme la valorisation de la langue arabe par le Saint-Siège. En outre, entre les participants, l’idée d’un synode local régulier pour le Moyen Orient a accueilli un large consensus. Si la périodicité n’est pas encore fixée (entre deux et cinq ans), cette idée semble avoir fait son chemin au sein d’Églises plutôt habituées à vivre de manière très indépendantes. Les rites des uns et des autres, chaldéens, melkites ou syro-malankars, ne devraient donc plus être un frein à une action commune au niveau hiérarchique.

Parmi les autres défis portés à la lumière par ce synode, celui de l’émigration. En effet, devant les conditions de vies qui leurs sont imposées, de nombreux chrétiens ont choisi l’exil. Le message final du Synode ne dissimule rien de ces problèmes, comme il réaffirme la volonté des chrétiens de rester sur cette terre où le christianisme est né et où il s’est développé dans les premiers siècles : « Dieu veut que nous soyons chrétiens dans et pour nos sociétés moyen-orientales. C’est le plan de Dieu sur nous, et c’est notre mission et notre vocation que de vivre ensemble chrétiens et musulmans ».

La question des relations avec l’Islam a, par conséquent, été au cœur de nombreuses interventions des pères synodaux, avec plus ou moins de retenue selon leurs origines géographiques et les craintes des uns et des autres. La légitime demande du droit à la liberté de religion et de conscience a été maintes fois exprimée, accompagnée de l’émergence du thème de la citoyenneté, qui garantirait l’égalité à tous les habitants d’un pays sans tenir compte leur appartenance religieuse.

Mais ce serait faire injustice au Synode spécial pour le Moyen-Orient que de ne pas souligner également l’aspect pastoral des travaux. Si la composante politique était nécessairement présente, avec un appel à la paix et à la résolution des conflits qui ensanglantent la région, la vie des communautés chrétienne a largement été abordée. Et ce au travers des questions concernant, entre autres, l’éducation, les vocations ou la place des femmes au sein de la société.

Le plus important cependant, dans ce synode comme pour celui qui s’est tenu l’an dernier au sujet de l’Afrique, ce sont les temps d’échange, de partage, les relations qui ont pu se tisser entre intervenants, durant ou en dehors des temps institutionnels. Le fait de se connaître, de partager leurs joies et leurs craintes, a été soulignée par de nombreux pères synodaux. C’est sur la base de ces relations que pourra se développer, dans le futur, une communion plus forte au sein de ces différentes Églises catholiques du Moyen-Orient, afin de leur permettre de témoigner toujours plus efficacement. Comme l’on soulignés certains pères, « il en va de notre survie sur cette terre ».

Sinon, dans l’actualité du Saint Siège, il nous faut noter aussi, ce mardi, la présentation à la Presse du message pour la 97ème journée Mondiale des Migrants et des réfugiés. On se souvient des remous qu’il y a eu, surtout en France, après les propos de l’ancien secrétaire du Conseil pontifical pour le migrants, Mgr Agostino Marchetto. La teneur de ce message sera certainement scruté par la presse française (si elle pense à regarder du côté de Rome, vu le climat social en France).

Pour terminer, retour à l’actualité : le pape a donc annoncé, au terme de la célébration de clôture du Synode la tenue d’un nouveau synode dans 2 ans, sur le thème de la nouvelle évangélisation. Et justement, durant le synode, il y a 13 jours précisément, le nouveau Conseil pontifical pour la Nouvelle évangélisation a vu le jour, et ses missions ont été présentées, dans les grandes lignes. La question de la transmission et de la catéchèse sont fortement reliés à ce nouveau dicastère, qui pour le moment n’a pas même un ordinateur, et aucun collaborateur. Rendez-vous d’ici quelques mois pour plus de détails…

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