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Tsar : une recension qui donne envie.


Voiçi letexte reçu par un ami. il parle d’un film que je n’ai pas vu, d’une époque que je ne connais pas, mais cette prose me donne vraiment envie de trouver le DVD… Et vous ? si vous l’avez vu, qu’en pensez-vous ?

(Image tirée du site http://www.allocine.fr

DU GRAND CINÉMA

Lors du dernier Festival de Cannes, on a présenté le film du cinéaste russe Pavel Lounguine : TSAR. MAGISTRAL !

Le visionnement nous est un peu difficile puisque les sous-titres français sont rares. Il faudra un jour une traduction orale complète.

Les excès dans l’homme et les peuples conduisent à l’autodestruction, surtout lorsqu’ils sont dans le corps même du peuple à sa tête. Il s’agit d’une épopée dramatique mystique sur fond d’Apocalypse.

Les images sont extraordinaires. Comme ces scènes qui nous montrent la rude Russie et la douceur de ses printemps sous les pommiers tout blanc fleuris dans le jardin d’une Laure. Et tous ces ciels qui annoncent, par la lumière, la nuit ou les oiseaux.

La dualité maladive de l’âme du Tsar Yvan IV, dit le Terrible, entretenue par une conscience coupable sans borne, semble ne s’assouvir qu’en augmentant le plaisir dans la torture. Quel personnage magnifique que celui du métropolite  Filipp qui pressent devoir demeurer, dès le début, près d’un roi fou pour empêcher une plus grande horreur. Il paiera de sa vie le Ciel qu’il a courageusement fait venir sur la terre. Il s’opposera au Tsar avec puissance.

Quand à l’Icône de la Vierge, elle donne l’impression d’être faite pour la faiblesse des mains qui la prennent à tour de rôle. Mais elle n’empêche pas de mourir. Cependant, on meurt dans la vérité, celle de l’enfant à l’esprit fragile qui court devant le terrifiant spectacle de l’ours qui éventre les hommes.

Et le métropolite aux fers reçoit, dans la puissance de la prière, la Visitation de sa libération des bourreaux en buvant l’eau de la grâce tout en guérissant, comme Jésus, le borgne qui se verra, sous la coupole de toutes les peurs, l’étouffer et le charger sur ses épaules afin qu’il repose en terre. Que c’était émouvant cette mise en terre du saint !

Et puis, la solitude insoutenable du Tsar dans son village aux horreurs qui conclut par le mot pitié adressé à Dieu. La lucidité maladive n’aura pas le dernier mot sur Dieu.

Ce film me semble une puissante démonstration du passé et du présent de la Russie. À tort ou à raison, elle dévoile que tout le pouvoir aveugle  est encadré par deux ou trois commandeurs. Peut-on voir dans un des personnages, un homme insolent de l’entourage du Tsar, un clin d’œil  au Vladimir actuel charmé par les saumons dévorés par les ours tout autant que par les baleines à darder lui-même ?

Quant au peuple, il est muet. On lui a arraché les cordes vocales et, en même temps, sa vie, dans un asservissement provoqué par la publication des horreurs et le défilé des coupables jusqu’à Moscou. On y voit un autre clin d’œil  à La Presse bâillonnée par une orchestration de toutes les communications.

Le chevauchement de la mystique avec le pouvoir est dramatique : le Tsar dira souvent au métropolite que les affaires ne concernent par le moine. Mais la vraie mystique russe triomphe de toutes les faussetés. En incendiant l’église où les moines se sont réfugiés, et en en interdisant l’accès, le cinéaste évite de nous les montrer dans le triomphe de la liberté. C’est l’âme russe qui brûle en éclairant l’Icône du Christ. Magnifique !

C’est aussi, me semble-t-il, un avertissement actuel d’une certaine collusion de plus en plus visible entre l’Église Orthodoxe russe et le pouvoir. « N’oubliez pas, dirait le réalisateur, que le pouvoir fera tout pour vous utiliser à ses fins ».

Cela rappelle enfin les propos du prêtre roumain Virgil Gheorghiu qui, au lendemain des premiers jours de la Perestroïka, stigmatisait la Grande Russie devenue enfant leucémique, juste le temps qu’il faut pour griffer à nouveau tous ceux qui se seront portés à sa défense.

Denis Veilleux, prêtre journaliste
Directeur de Radio Galilée

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