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Des croix à enlever, à laisser, à porter…


croix_Fr_AssiseC’est il y a une semaine qu’a été rendu public le jugement de la cour européenne des droits de l’homme concernant les croix dans les salles de classe en Italie.  Un jugement qui, ici en Italie, a choqué, a fait couler beaucoup d’encre, qui à poussé les chrétiens à exprimer leur attachement à ce symbole fort. Un symbole culturel, mais pas que ça. En effet, selon le Conseil d’Etat Italien, en février 2006, les croix pouvaient rester dans les classes en tant que « symbole adéquat pour illustrer les fondements de nos valeurs civiques ». On peut critiquer l’approche, mais le fond n’en reste pas moins vrai (un ami me faisait d’ailleurs remarquer qu’à l’exception de la Turquie, avec les problèmes que l’on connait, seuls des pays de tradition chrétiennes en sont arrivé à la laïcité !)

Un jugement donc qui est refusé par les catholiques, et plus largement par la classe politique et de nombreuses personnes ou personnalités, qui ont pris position contre ce jugement :

A Rome, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a déclaré que la Cour avait « porté un coup mortel à une Europe des valeurs et des droits« .

L’ancien ministre de la Culture Rocco Buttiglione, proche du Vatican, a dénoncé « un jugement affreux » qui « doit être rejeté avec fermeté« .

« L’Italie a sa culture, ses traditions et son histoire. Ceux qui viennent parmi nous doivent comprendre et accepter cette culture et cette histoire« , a-t-il affirmé.

Pour la ministre de l’Education, Mariastella Gelmini, la présence de crucifix dans les classes « ne signifie pas l’adhésion au catholicisme » mais est un symbole de l’héritage culturel italien.

« L’histoire de l’Italie est jalonnée de symboles et si nous effaçons ces symboles nous perdons une part de nous-mêmes« , a-t-elle dit.

Au sein même de l’opposition, Paola Binetti, membre du Parti démocrate et fervente catholique, a plaidé en faveur de la « défense de la tradition« , donc du crucifix dans les écoles.

Toujours dans l’opposition, Pierferdinando Casini, de l’Union des démocrates chrétiens, a déploré le jugement de Strasbourg et le fait que la Constitution européenne ne fasse aucune référence aux racines chrétiennes du continent.

Pour Mario Baccini, sénateur du parti du Peuple de la liberté, la formation de Silvio Berlusconi, les juges de Strasbourg « se sont abandonnés au paganisme« .

tiré du site de l’Express

Le communiqué de presse de la Cour européenne des droits de l’homme sur ce jugement se trouve ici. Si le principe de la laïcité est aceptable, l’explication donnée me semble assez partiale, en parlant « d’efforts et de sacrifices disproportionnés » pour conserver la liberté de ne pas croire avec un crucifix accroché au mur (et dire que nous on se fait ch… s’embête à pondre des programmes pastoraux missionnaires, alors qu’il suffirait de placer la croix un peu partout !) :

La liberté de ne croire en aucune religion (inhérente à la liberté de religion garantie par la Convention) ne se limite pas à l’absence de services religieux ou d’enseignement religieux : elle s’étend aux pratiques et aux symboles qui expriment une croyance, une religion ou l’athéisme. Cette liberté mérite une protection particulière si c’est l’Etat qui exprime une croyance et si la personne est placée dans une situation dont elle ne peut se dégager ou seulement en consentant des efforts et un sacrifice disproportionnés.

(j’attends l’avis des jursites qui liront ce papier).

Mais bon, le jugement a été rendu, l’Italie, forcément, a fait appel, et on aura droit d’ici 2-3 ans à la suite de l’affaire… alors ne nous emballons pas, et faisons plutôt porter la question sur la place du christianisme dasn la culture européenne… Voilà qui élargirait le débat, mais les journaux français ne s’y sont pas encore collés.

Pourtant

le même jour, les députés français du groupe d’études sur les relations avec le Saint-Siège (souvenez-vous, je vous en avait déjà parlé ici) ont rendu leur rapport, qui pointe à la fois le vieillissement de l’équipe de Jean Paul II (non mais, de quoi ils se mêlent ???), et conjointement, ce qui est plus drôle, la perte d’influence de la France auprès du Saint-Siège (voir par exemple l’article de La Croix). Les députés français déplorent donc que l’Eglise de France ne soit pa plus présente à Rome, et que l’Etat Français ne s’intéresse pas plus au Saint-Siège (alors que globalement, les lignes politique sont les mêmes).

J’avoue que cette coïncidence me parait frappante. L’Italie qui devrait virer les bases de sa Tradition, et la France laïque qui, selon ses propres institutions, devrait se rapprocher du Saint-Siège (qui n’est pas le Vatican, ou le pape, ou l’Eglise ! attention aux nuances). Si ce n’est pas le monde à l’envers !

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