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Revue de Presse : cardinaux, catacombes, morale, foi, "Bricbrocquer"…

6 septembre 2012 1 commentaire

Un autre événement marquant de la fin de la semaine passée a été la mort du cardinal Martini. Donner un écho à tout ce qui a été écrit à ce propos serait vain. Rendez-vous sur le site de La Croix pour vous en rendre compte. Les magazines ne sont pas en reste, avec La Vie, Témoignage Chrétien ou France Catholique. Vous retrouverez, sous la plume de Frédéric Mounier et de Jean Mercier, respectivement dans les pages de La Croix et de La Vie, deux présentations de l’œuvre et de la personnalité du Cardinal Martini. L’agence i.média a elle aussi donné une bibliographie assez circonstanciée du cardinal défunt. Et si les hommage se sont multipliés, du pape en passant par le patriarche latin de Jérusalem jusqu’aux chrétiens de Lyon, ce qui a certainement le plus fait parler, c’est l’interview posthume du cardinal (publiée par La Vie et par La Croix) ! Le titre est éloquent : « L’Église est en retard de 200 ans. Aurions-nous peur ? ». Jean Mercier cependant, pour La Vie s’est interrogé sur cet article « dont la nature polémique pose aussi des questions éthiques et journalistiques ». Tandis que Philippe Clanché semble regretter le « héraut des catholiques progressistes » qui est mort sans laisser de « postérité véritable dans la haute hiérarchie catholique » (p.8 de TC de cette semaine), Jean Mercier, en faisant écho à l’actualité française, relevait que « Martini est emblématique d’une période où le “hors-piste prophétique” consistait à rêver l’Eglise. A la rêver pure, dépouillée, accueillante, audible et crédible, au point même de projeter sur elle l’image de ce que nous voudrions être. Rêver, mais souvent au point de se focaliser sur tout ce qui apparaissait comme un obstacle au témoignage, et qui concernait par exemple la morale sexuelle ». Et de comparer le défunt avec un de ses confrères, élevé au rang de successeur de Pierre, Benoît XVI. Frédéric Mounier, sur son blog, se refusait cependant à cette comparaison, notant que « l’Eglise ne saurait se contenter ni de Ratzinger, ni de Martini. Les deux, ensemble, lui sont indispensables. Et chacun reste libre, à leur suite et en vue du Royaume, de choisir son chemin. La diversité de la litanie des saints, chantée lors des obsèques milanaises du cardinal, témoigne, dans sa diversité,  de cette liberté ». Une position proche de celle du cardinal Tauran, cité par i.média, et qui déclarait « que son confrère italien “était trop intelligent pour n’être ni progressiste ni conservateur” car “ce sont des catégories réductrices” ». Du côté des blogueurs, Charles Vaugirard, sur le site Tak.fr, préférait écrire que « Mgr Martini était avant tout un homme de pastorale ». Une conclusion qui, je l’avoue, me plait bien !

A noter que le cardinal Martini n’est pas le seul cardinal à être décédé ces derniers temps. Neuf jours avant lui, il y a eu le cardinal Shan. A son propos, et pour nous le faire connaître, Sandro Magister publie une lettre du cardinal Zen, l’un de ses disciples !

Restons avec les cardinaux, avec la citation de la semaine : « Si l’on est dans une dictature idéologique, qu’on nous le dise, on ira dans les catacombes ». L’auteur de cette citation n’est autre que le Cardinal André Vingt-Trois, au micro de Clémence Houdaille, et que vous pouvez réécouter et revoir sur le site de Radio Notre Dame ! Outre la très bonne intervention du cardinal, cette phrase a incité Thomas Jauffret, l’auteur du blog Beninews à réfléchir sur cette descente aux catacombes ! Il relit les derniers événements de notre été, de cette fameuse prière du 15 août à l’histoire de Rimsha, en passant par la condamnation des Pussy Riot et autres relectures… Thomas Jauffray propose donc la création d’un nouveau hashtag : #inthecatacombs, en montrant combien dans l’empire romain qui s’effondrait, cette descente a permis aux chrétiens de rebondir. Comme il l’écrit à la fin de son billet : « N’en déplaise à certains, les chrétiens n’ont aucun problème avec les catacombes. Ils continueront à être exigeants, à essayer d’œuvrer avec amour, à défendre l’Homme et la vie, à orienter le monde vers le Bien commun. Yes, go deep down in the catacombs ! »

Une intervention qui est bienvenue en ces temps où l’expression de la foi est plutôt mise à mal, comme en témoigne une tribune de Roselyne Bachelot sur le Hufftington Post, qui écrit textuellement : «  Il convient donc de laisser les religions dans la sphère privée ». Pour lui répondre, Matthieu Boucart, sur le blog Totus-Tuus, dont je vous laisse découvrir la réponse largement argumentée. Cette question de la place de l’Eglise revient dans l’interview du cardinal Barbarin à La Croix, où le prélat dénonce une « démocratie absolue » qui ne mettrait plus l’homme au centre ! Sur le thème du mariage homosexuel, Famille Chrétienne titrait la semaine passée : « le débat interdit ». On le voit, la place des religions dans la société est loin d’être reconnue.

A ce sujet, la morale laïque que Vincent Peillon veut introduire à l’école laisse planer quelques doutes de laïcisme chez l’abbé Guillaume de Tanoüarn ou auprès de Jean-Pierre Denis. Laissant de côté les considérations politiques et historiques, Jérôme Anciberro, dans l’éditorial de Témoignage Chrétien de cette semaine, relève « ce retour de la morale à l’école », qui aurait le mérite d’obliger « les Français à se pencher sur des questions refoulées ». La Vie s’intéresse au sujet dans le magazine qui sort ce jeudi, avec un article de Marie-Lucille Kubacki qui montre la dimension religieuse « républicaine et areligieuse » que Vincent Peillon place dans cette morale laïque ! Pour conclure ce débat, laissons la parole à Valérie Barbe qui nous rappelle, dans ce domaine, l’importance de l’exemple donné par les parents !

Enfin, dans les questions actuelles, le cas de la petite Rimsha n’est pas encore réglé. Si de nombreuses preuves sont venues accréditer la thèse d’un complot monté par l’imam qui l’a dénoncée, la jeune fille reste toujours, pour l’instant, en prison. Un beau raté du Pakistan !

Venons-en à nos sujets d’année. Et commençons cette semaine par l’année de la foi, en portant un regard vers la Belgique, où « lesévêques (…) ont adressé une nouvelle lettre pastorale à toute la communauté croyante de leur pays, l’invitant à s’interroger sur ce que signifie être “chrétien aujourd’hui” ». Selon La Croix, qui l’a présentée dans son édition de lundi, cette lettre se veut un accompagnement pastoral pour l’année de la foi. Elle prend acte des changements qui ont eu lieu ces dernières années en Belgique, et tente de donner un nouvel élan aux chrétiens du pays. Pour les évêques, la première priorité de l’Eglise aujourd’hui est de « chercher ensemble ce que signifie concrètement le fait de se mettre à la suite de Jésus ». Pour cela, ajoutent-ils, « nous pouvons nous inspirer et nous aider les uns les autres ». A noter que cette lettre, selon le quotidien « sera aussi prochainement illustrée par une série de courts clips vidéo réalisés par les médias catholiques belges ».

Sur le même sujet, celui de la foi, mais dans un ordre tout à fait différent, partons au Québec, où Jocelyn Girard invite les lecteurs du messager de St Antoine à redécouvrir leur patrimoine et l’héritage religieux à partir de la toponymie. Un chemin qui conduit, selon le blogueur, à vivre vraiment la communion des saints ! Et pour finir, une citation tirée d’un ouvrage de Thimothy Radcliffe, qu’Yvette a partagée sur son blog : « La Foi est notre réponse à cette étonnante découverte : nous avons été choisis ».

Du côté de Diaconia, un rappel : la solidarité se vit à tout âge. Un article publié sur le site de l’opus Dei en témoigne : une quinzaine d’étudiants et jeunes professionnels sont partis cet été en Lettonie avec le club Fennecs pour venir en aide à un orphelinat. L’un des participants livre, dans cet article, son récit. On y trouve ces quelques paroles : « “Nous n’allons pas transformer la face de la Lettonie par notre action. Soyons donc humbles et fuyons l’activisme” nous explique Pierre, un organisateur du séjour. “Notre travail aura une valeur d’éternité si nous l’offrons au Seigneur” renchérit l’abbé Quartulli, notre aumônier, dans l’homélie de la messe du premier jour. L’objectif était donc clair : le meilleur service que nous pouvions rendre à cet orphelinat était de lutter, chacun, pour devenir meilleur en cherchant la sainteté ». Et en prime, on découvre la spiritualité de l’Opus Dei, loin des images véhiculées par certaines œuvres de fiction (Dan, si tu nous entends…)

Un mot des JMJ, même si c’est encore le calme sur ce flanc (sauf pour ceux qui pédalent vers Rio !) ! Alors j’en profite pour relayer un appel, celui de Wikipedia, qui sur la page “Journées mondiales de la jeunesse 2013” affiche quelques petits information, assez lacunaires, mais surtout ce message : « Cet article est une ébauche concernant l’État ou la ville de Rio de Janeiro, le catholicisme et le Vatican. Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants ». Avis aux bonnes volontés ! Attention toutefois à ne pas faire de cette page un lieu privatisé par un diocèse ou une paroisse… Pour vous y aider, si vous ne maîtrisez pas Wikipedia, lisez l’article de Stanislas sur le site de la Conférence des évêques de France !

Pour terminer, je vous invite à un peu de légèreté. On commence avec le père David Lerouge qui nous propose un « dictionnaire de verbes propre au domaine religieux, et plus particulièrement à l’art oratoire de l’homélie ». D’ « Acidacétylsalicyliquer » à « Vatifoler », chacun pourra trouver son lot dans cet ensemble de termes barbares mais tellement proches de la réalité parfois. Enfin, comme le dit David à la fin de son billet, « Le plus extraordinaire de tout cela, c’est que la Parole fasse son chemin, et touche, de façon tout à fait imprévisible le plus souvent  » !

Si l’écologie est un thème qui vous intéresse, vous connaissez certainement le blog du père Dominique Lang “ecology and churches”, ou celui de Patrick Pique, “le blog d’un catho écolo” mais il y a un autre blog que je viens de découvrir et qui semble de très bonne tenue : “visible et invisibles”. Il est tenu par Mahaut, une blogueuse qui déclare sur le blog « Pour le moment, je ne parlerai pas beaucoup de moi, si ce n’est la foi dont j’essaie de vivre et la vision du monde que je souhaite partager dans mes billets – qui disent déjà beaucoup ». Dans son dernier billet, elle propose une recension d’un ouvrage qui reprend la pensée du pape sur l’écologie, “Benoît XVI, Pensées sur l’environnement”. A ne pas manquer si le sujet vous intéresse !

Et puis, une chronique à ne pas manquer ! Il s’agit de l’Editorial européen, une initiative de Radio Vatican que vous pourrez retrouver toutes les deux semaines sur le site internet de la radio. Le but de cette chronique : proposer « une réflexion commune des rédactions européennes de Radio Vatican sur les principaux thèmes et défis qui se présentent à l’Eglise et à la société sur le Vieux Continent ». Le premier numéro est à lire sur le site de Radio Vatican qui, il faut le préciser, s’est offert un lifting fort réussi !

NB : un problème dû à la Poste – je suppose – fait que je ne reçois plus les revues cathos à temps pour la revue de presse (excepté pour les envois par PDF ou les articles en ligne)… J’espère que ce sera bientôt résolu !

Revue de presse (tout en "K") : Carême (et cendres), cardinaux, Québec !

23 février 2012 2 commentaires
Le désert, un chemin ouvert vers Dieu et vers le monde

Photo prise sur le blog "Angel Cake"

Hier, avec le mercredi des cendres, nous sommes entrés dans le temps du carême. Le carême avec ses univers comme le dit le père Sébastien Antoni sur son blog : « L’univers du « moins »… moins de cigarettes, de fromage à table, de dessert, de vin ou de facebook… moins, moins, moins… face à  l’univers du « plus »… plus de prière, plus de gentillesse, plus de partage… plus, plus, plus… ». Ou sinon, on peut tenter l’équilibre, comme le suggère le religieux assomptionniste en voyant ce temps liturgique plutôt comme « un chemin d’unification, de paix et de relation équilibrée avec Dieu, avec soi et entre nous… ? ».  Si vous voulez en savoir plus sur ce temps spécifique, jetez un œil sur la page du cybercuré, qui vous donne pleins de renseignements. Si ça ne vous suffit pas, c’est Benoît XVI himself qui viendra à vote secours. C’est à lire et écouter sur le site de Radio Vatican ou à regarder sur celui d’Aleteia ou d’ailleurs il y a pas mal d’infos sur l’origine du carême et autres sujets connexes.

Côté magazine, Famille Chrétienne nous rappelle que les quarante jours qui nous ­séparent de Pâques peuvent être l’occasion de redécouvrir une réalité douloureuse mais indissociable de la vie chrétienne : le combat spirituel. De Jésus Christ à Enzo Bianchi en passant par Jeanne d’Arc, de nombreux témoins sont convoqués par la revue, qui propose un sujet complexe, mais fondamental en ce temps de carême. Quatre pages à lire pour découvrir cette réalité de la vie spirituelle !

Alors justement, pour vivre ce combat, mais pas seuls, quelques propositions que vous pouvez trouver sur le net. J’en ai déjà présentées certaines, comme la Retraite dans la Ville des frères dominicains, qui en est à sa dixième édition (et dont TF1 a assuré la pub l’an dernier par un reportage). Sinon, vous pouvez suivre le carême avec les jésuites et Notre Dame du Web, avec les carmes de Paris, avec le site internet Croire.com, avec les Fraternités monastiques de Jérusalem, et même avec le Lapin Bleu de Coolus, qui propose de réfléchir sur un verset pour compléter une bulle du lapin bleu ! Le site des évêques de France recense encore quelques autres propositions, comme les propositions de Diaconia 2013 (des Cendres à la Pentecôte) ou du blog des Jeunes Cathos qui propose diverses catéchèses.

Le magazine La Vie propose également, sur son site, une pause spirituelle quotidienne, avec plusieurs rubriques et la médiation du jour de Prier.fr. Côté vidéo et multimédia, le site internet du Jour du Seigneur a lui aussi une multitude de propositions à vous faire. Et cette série d’émissions, « Passionnément carême » se poursuit le dimanche, dans les programmes télévisés. Elle n’est pas belle la vie ? (ok, pour ceux qui l’aurait loupé, y’a aussi une proposition que je vous fais pour vous faire lire la bible). Et puis, côté blogueurs, il y a aussi le carême décliné avec les mots. 40 mots donc, qui commencent tous par la lettre K (pour Karême) !  C’est à suivre sur le blog du père François , « Au large » ! Hier, mercredi des cendre, il nous présentait le Klaxon, avec cette phrase tirée de la bible : « Quand tu fais l’aumône, n’appuie pas sur le klaxon » (Mt 6,2) !

D’ailleurs, même si vous ne publiez pas vos résolutions de carême en première page du journal, vous pouvez aller les partager sur le site www.moncareme.net ! Et vous découvrirez les résolutions d’autres personnes au cas où vous n’auriez pas d’idées… Vous avez aussi la possibilité sinon de vivre le carême de manière solidaire. C’est Laurent Grzybowski qui vous dit comment faire dans le numéro de La vie de cette semaine ! Et si avec tout cela vous n’êtes pas satisfaits, rendez-vous sur le blog Catholique Aujourd’hui où Jibitou vous propose même quelques livres ! Enfin, la dernière innovation revient aux sanctuaires de Paray le Monial qui vous proposent un « coach de carême » ainsi qu’un « carême-Planner » pour vous aider à vivre ce temps ! Une démarche fortement interactive, qui mérite vraiment d’être soulignée. Vous pouvez poser vos questions sur le site, et un accompagnateur spirituel vous répondra !  Que demander de plus ?

Bon, si vraiment vous n’en avez pas assez, vous pouvez également vous rendre dans l’un des lieux (en général des églises ou cathédrales) où ont lieu des conférences pour le carême. Le site des évêques de France liste plusieurs propositions, à Paris, Paray-le-Monial (encore !), Belfort-Montbéliard, Lille, Lyon, Bayonne et, même si l’article ne le dit pas, à Metz ! Souvent, ces conférences sont rediffusées par les radios chrétiennes locales. Allez donc jeter un œil sur leurs programmes.

Allez, assez parlé du carême, venons-en au… Mercredi des cendres ! Sur le blog Angel Cake, vous découvrirez ce qu’écrit son auteur sur cette célébration : « c’est justement en ce jour des Cendres que je me dis qu’il est temps de me "dépoussiérer" de l’intérieur, du cœur, de briquer le nid pour laisser du vide. Dieu sait trouver le chemin tout seul de ce vide. Dieu est le spécialiste des vides. Dieu ne s’exprime bien que dans les vides ».  L’abbé de Somme renchérit : « tout l’enjeu du carême est là : me laisser aimer par Dieu pour l’aimer en retour. Comment ? Tout simplement en prenant le temps de me mettre à son écoute. Dieu m’a écrit une lettre d’amour, peut-être puis-je prendre quelques instants chaque jour pour en lire un bout ». C’est partir « à la rencontre de la parole » comme le dit le père Eric de Beukelaer… Du coup, le carême devient un vrai chemin comme l’écrit Corine, une « fête joyeuse » au parfum de « l’abandon et de l’assurance »

Un chemin de prière. Christophe Henning, dans le Pèlerin de cette semaine, nous offre six pages sur la prière et sur les différentes manières de prier. Vous trouverez un petit encart avec 6 bonnes raisons  de vous y mettre dans le magazine, et 6 autres sur le site internet du magazine, www.pelerin.info. Et pour la pratique, je vous renvoie chez Valérie Barbe ou Zabou,

Dans 11 grandes villes d’Europe, ce carême sera aussi l’occasion d’une mobilisation pour présenter l’Eglise et la foi chrétienne. C’est le président du Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Evangélisation, Mgr Fisichella, qui pilote la « Mission Métropolis ». Dans le journal La Croix de mercredi, une double page vous présente ce projet dans 5 capitales européennes. Sinon, le site d’information de l’Eglise belge (www.info.catho.be) nous en dit plus, et nous renvoie à la page internet consacrée à l’événement ! On y découvre les grands axes de ce temps : la proclamation publique de la Parole de Dieu, des témoignages, le sacrement de réconciliation, des catéchèses et la solidarité ! Rien d’original me direz-vous. Certes, mais assumer publiquement ces dimensions, ce n’est pas rien non plus !

Et pour en finir avec le carême qui débute*, je laisse la parole à un plus jeune que moi, l’auteur du blog « Kto and the city » :

le Carême est aussi une porte d’entrée. Ce n’est pas parce que tu ne pries jamais et que tu ne vas jamais à la messe que le Carême n’est pas fait pour toi. C’est au contraire le bon moment de glisser un gros doigt de pied dans la piscine, histoire de tester la température. Quand tes potes vont regarder le Superbowl, tu peux dire « vas-y j’y connais rien, je vais me pieuter » comme un gros bonnet de nuit, ou prendre ça comme une occasion de voir à quoi ça ressemble.

Bon, ben à vous de choisir (le coup de la mauvaise conscience, je ne suis pas sûr que ça fasse très carême en même temps) !

Un petit mot sur le consistoire de samedi dernier, à Rome, où Benoît XVI a crée 22 nouveaux cardinaux. Tous les médias d’information catholiques en ont parlé largement. Je vous renvoie notamment aux articles de Jean-Marie Guénois dans le Figaro de lundi (malheureusement en consultation payante), ou alors à aux analyses de Frédéric Mounier sur le site de La Croix. Je vous invite aussi à aller lire le billet d’Antoine Marie Izoard sur la page Facebook de l’agence i.media ou une version plus détaillée dans les pages du magazine Famille Chrétienne qui sort cette fin de semaine(ou celui que j’ai publié samedi sur le sujet). Gérard Leclerc a même évoqué le sujet sur les ondes de Radio Notre Dame (vous pouvez lire sa chronique sur le site de France Catholique).  Face à tous les problèmes rencontrés au Vatican (et ce n’est pas fini, une émission télé italienne est revenue sur les fuites hier soir), Benoît XVI reste serein. C’est ce que laisse entendre le cardinal Cottier, dans le journal des évêques italiens, l’Avvenire ! L’article est traduit par le Suisse Roma@In-d ou synthétisé par Radio Vatican ! A vous de choisir !

Un mot sur l’histoire qui agite nos cousins du Québec en ce moment ! Un professeur du musique a censuré la dernière phrase de l’Hymne à l’Amour d’Edith Piaf, sous prétexte qu’on y trouvait le mot « Dieu » (« Dieu réunit tous ceux qui s’aiment » dixit Edith). Une condamnation quasi unanime de cet épisode se fait jour, au point que le diocèse de Québec rebondit sur la polémique à travers une « sacrée pub » ! Je vous renvoie plus particulièrement vers le blog de Jocelyn Girard qui s’attache plus particulièrement à décrypter la manière dont la laïcité est vécue au Québec et qui a fait une présentation très complète de cette censure et de ses raisons

Deux brèves pour finir :

  • Les rues italiennes manquent de (noms de) femmes. C’est Frédéric Mounier qui nous dit ça. Et dans les commentaires, on découvre que 23 % des noms de rues dédiées à une personne au Vatican le sont à des femmes. Cependant, comme l’écrit l’auteur du commentaire, « de là à en conclure que le Vatican serait féministe, il ne faudrait pas exagérer ! »
  • La chronique blog de Valérie Anne Maître sur RCF (le vendredi matin vers 9h15) est enfin disponible en podcast pour ceux qui comme moi ne peuvent pas l’écouter en direct ! Allez, on fonce !

* Promis, la semaine prochaine, j’arrête les jeux de mots foireux (enfin j’essayerai) !

Benoît XVI invite les cardinaux à délaisser les logiques "du pouvoir et de la gloire" #vatileaks

18 février 2012 2 commentaires

Ci dessous, l’homélie du pape Benoît XVI lors du consistoire de ce matin, pour la création de 22 nouveaux cardinaux. Il est impossible, à mon sens, de ne pas mettre ce texte en parallèle avec les évènements qui ont lieu actuellement au cœur du Saint-Siège, à savoir les fuites de documents privés dans la presse. Le père Lombardi lui-même a utilisé l’expression "Vatileaks" pour montrer l’importance de ce qui se passe. Je vous renvoie à ses déclarations reprises par Radio Vatican ainsi qu’à l’explication des problèmes présentée par l’agence i.média !

En effet, dans son homélie, Benoît XVI est largement revenu sur la dimension de service inhérente aux cardinaux. C’est de la foi qu’est parti Benoît XVI, qui a commencé le rite du consistoire par un temps de prière silencieuse. On est bien loin d’une consécration mondaine  ! Ainsi, Benoît XVI, parlant des cardinaux, a déclaré : " il leur est demandé de servir l’Église avec amour et vigueur, avec la clarté et la sagesse des maîtres, avec l’énergie et la force morale des pasteurs, avec la fidélité et le courage des martyrs. Il s’agit d’être d’éminents serviteurs de l’Église qui trouve en Pierre le fondement visible de l’unité". Il est dur de ne pas voir une fois de plus un rappel à vivre vraiment l’unité, et ce comme serviteurs, sans entrer dans des luttes de pouvoir. Certes, on peut penser que tel ou tel proche collaborateur de Benoît XVI ne fait pas bien son travail, on peut même le dire à l’intéressé ou l’écrire au pape, mais de là à se répandre dans les médias, il y a un pas.

Et benoît XVI n’hésite pas à, pardonnez moi l’expression, remettre l’Eglise au milieu du village. il n’y a pas que les coupables qui sont concernés. Il file la métaphore avec l’Evangile : "Par leur requête, Jacques et Jean montrent qu’ils ne comprennent pas la logique de vie dont Jésus témoigne, logique, qui – selon le Maître – doit caractériser le disciple, dans son esprit et dans ses actes. Cette logique erronée n’habite pas seulement les deux fils de Zébédée car, selon l’évangéliste, elle contamine aussi « les dix autres » apôtres qui « se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean » (v. 41). Ils s’indignent parce qu’il n’est pas facile d’entrer dans la logique de l’Évangile et de laisser celle du pouvoir et de la gloire". Il y a plusieurs manières de vivre ces luttes de pouvoir : officiellement (j’allais dire, naïvement), ou intérieurement, en son coeur.

Et plus loin, Benoît XVI semble expliquer comment lui-même vit ces évènements actuels: comme le Christ ! Sans chercher à taper du poing sur la table, mais en tentant d’unir ceux qui se disputent, en témoignant, par sa vie, d’une autre voie possible : "Domination et service, égoïsme et altruisme, possession et don, intérêt et gratuité : ces logiques profondément opposées se confrontent à toute époque et en tout lieu. Il n’y a aucun doute sur la voie choisie par Jésus : il ne se limite pas à l’indiquer par ses paroles aux disciples de l’époque et d’aujourd’hui, il la vit aussi dans sa propre chair". Nul doute que ces fuites et le climat qu’elles provoquent au Saint-Siège ne soient une écharde profonde dans la chair du pape ! Et de poursuivre son allocution aux cardinaux (les nouveaux comme ceux qui étaient présents à la célébration de ce matin, en insistant sur le sens du service !

Laissons le pape conclure : "Que le don total de soi, offert par le Christ sur la croix, soit pour vous la norme, le stimulant et la force d’une foi qui opère dans la charité. Que votre mission dans l’Église et dans le monde soit toujours et uniquement « dans le Christ », qu’elle réponde à sa logique et non à celle du monde, qu’elle soit éclairée par la foi et animée par la charité qui nous viennent de la Croix glorieuse du Seigneur".

Alors oui, je sais, le texte est très général, il est vrai et entier en lui même, mais quand-même, en ces temps troublés à Rome, y’a-t-il besoin de mettre les sous-titre en place pour que la situation se calme ?

Ci dessous, l’intégralité de l’allocution du pape lors du consistoire :

 «Tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam»

Vénérés Frères,
Chers frères et sœurs,

C’est en ces termes que le chant d’entrée nous a introduits dans le rite solennel et suggestif du Consistoire ordinaire public pour la création des nouveaux Cardinaux, l’imposition de la barrette, la remise de l’anneau et l’attribution du titre. C’est par ces paroles efficaces que Jésus a constitué Pierre comme fondement solide de l’Église. De ce fondement, la foi représente le facteur qualificatif : en effet, Simon devient Pierre – roc – car il a professé sa foi en Jésus Messie et Fils de Dieu. En annonçant le Christ, l’Église est liée à Pierre et Pierre est établi dans l’Église comme roc ; cependant celui qui édifie l’Église, c’est le Christ lui-même, Pierre doit être un élément particulier de la construction. Il doit l’être à travers sa fidélité à la confession faite à Césarée de Philippe, en vertu de l’affirmation : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ».

Les paroles que Jésus adresse à Pierre mettent bien en évidence le caractère ecclésial de l’événement d’aujourd’hui. Les nouveaux Cardinaux, en effet, par l’attribution du titre d’une église de cette ville ou d’un diocèse suburbicaire, sont insérés à tous les effets dans l’Église de Rome, guidée par le Successeur de Pierre, pour coopérer étroitement avec lui au gouvernement de l’Église universelle. Ces chers confrères qui dans quelques instants feront partie du Collège cardinalice, s’uniront par des liens nouveaux et plus forts non seulement au Pontife Romain, mais aussi à la communauté des fidèles tout entière, disséminée dans le monde entier. En accomplissent leur service propre comme soutien au ministère pétrinien, les nouveaux cardinaux seront en effet appelés à considérer et à apprécier les situations, les problèmes et les critères pastoraux qui touchent la mission de toute l’Église. Dans cette tâche délicate, le témoignage de foi donné à travers sa vie et sa mort par le Prince des Apôtres, qui, par amour du Christ, s’est donné totalement lui-même jusqu’au sacrifice ultime, sera pour eux un exemple et une aide.

C’est en ce sens qu’il faut comprendre aussi l’imposition de la barrette rouge. Aux nouveaux Cardinaux est confiée le service de l’amour : amour pour Dieu, amour pour son Église, amour pour le prochain avec un dévouement absolu et sans condition, jusqu’à l’effusion du sang, si nécessaire, comme le dit la formule de l’imposition de la barrette et comme l’indique la couleur rouge des habits revêtus. En outre, il leur est demandé de servir l’Église avec amour et vigueur, avec la clarté et la sagesse des maîtres, avec l’énergie et la force morale des pasteurs, avec la fidélité et le courage des martyrs. Il s’agit d’être d’éminents serviteurs de l’Église qui trouve en Pierre le fondement visible de l’unité.

Dans le passage de l’Évangile proclamé il y a quelques minutes, Jésus se présente comme serviteur, s’offrant comme modèle à imiter et à suivre. Sur le fond de la troisième annonce de la passion, mort et résurrection du Fils de l’homme, se détache avec un contraste criant la scène des deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, qui poursuivent encore des rêves de gloire auprès de Jésus. Ils lui demandèrent : « Accorde-nous […] de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. » (Mc 10, 37). La réponse de Jésus est immédiate et sa question inattendue : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » (v. 38). L’allusion est très claire : le calice est celui de la passion, que Jésus accepte pour réaliser la volonté du Père. Le service de Dieu et des frères, le don de soi : c’est là la logique que la foi authentique imprime et développe dans notre vécu quotidien et qui, par contre, n’est pas le style mondain du pouvoir et de la gloire.

Par leur requête, Jacques et Jean montrent qu’ils ne comprennent pas la logique de vie dont Jésus témoigne, logique, qui – selon le Maître – doit caractériser le disciple, dans son esprit et dans ses actes. Cette logique erronée n’habite pas seulement les deux fils de Zébédée car, selon l’évangéliste, elle contamine aussi « les dix autres » apôtres qui « se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean » (v. 41). Ils s’indignent parce qu’il n’est pas facile d’entrer dans la logique de l’Évangile et de laisser celle du pouvoir et de la gloire. Saint Jean Chrysostome affirme que tous les apôtres étaient encore imparfaits, aussi bien les deux qui veulent s’élever au-dessus des dix, que les autres qui sont jaloux d’eux (cf. Commentaire sur Matthieu, 65, 4 : PG 58). Et, en commentant les passages parallèles dans l’Évangile selon Luc, saint Cyrille d’Alexandrie ajoute : « Les disciples étaient tombés dans la faiblesse humaine et discutaient entre eux sur qui était le chef et supérieur aux autres […]. Cela est arrivé et nous a été raconté à notre profit […]. Ce qui est arrivé aux saints Apôtres peut nous servir d’encouragement à l’humilité » (Commentaire sur Luc, 12, 5, 24 : PG 72, 912). Cet épisode permet à Jésus de s’adresser à tous les disciples et de « les appeler à lui », presque pour les serrer contre lui, pour former comme un corps unique et indivisible avec Lui et indiquer quelle est la voie pour parvenir à la vraie gloire, celle de Dieu : « Vous savez que ceux qu’on regarde comme les chefs des nations dominent sur elles en maîtres et que les grands leur font sentir leur pouvoir. Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous. » (Mc 10, 42-44).

Domination et service, égoïsme et altruisme, possession et don, intérêt et gratuité : ces logiques profondément opposées se confrontent à toute époque et en tout lieu. Il n’y a aucun doute sur la voie choisie par Jésus : il ne se limite pas à l’indiquer par ses paroles aux disciples de l’époque et d’aujourd’hui, il la vit aussi dans sa propre chair. Il explique en effet : « Aussi bien, le Fils de l’homme lui-même n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » (v. 45). Ces paroles éclairent d’une intensité particulière le Consistoire public d’aujourd’hui. Elles résonnent au plus profond de l’âme et sont une invitation et un appel, une consigne et un encouragement spécialement pour vous, chers et vénérés Frères, qui allez devenir membres du Collège cardinalice.

Selon la tradition biblique, le Fils de l’homme est celui qui reçoit le pouvoir et la souveraineté de Dieu (cf.Dn 7, 13s). Jésus interprète sa mission sur la terre en superposant à la figure du Fils de l’homme celle du Serviteur souffrant, décrit par Isaïe (cf. Is 53, 1-12). Il reçoit le pouvoir et la gloire uniquement en tant que « serviteur » ; mais il est serviteur dans la mesure où il prend sur lui le destin de souffrance et de péché de toute l’humanité. Son service s’accomplit dans la totale fidélité et dans la pleine responsabilité envers les hommes. C’est pourquoi la libre acceptation de sa mort violente devient le prix de la libération pour la multitude, devient le commencement et le fondement de la rédemption de chaque homme et du genre humain tout entier.

Chers Frères qui allez être devenir membres du Collège cardinalice ! Que le don total de soi, offert par le Christ sur la croix, soit pour vous la norme, le stimulant et la force d’une foi qui opère dans la charité. Que votre mission dans l’Église et dans le monde soit toujours et uniquement « dans le Christ », qu’elle réponde à sa logique et non à celle du monde, qu’elle soit éclairée par la foi et animée par la charité qui nous viennent de la Croix glorieuse du Seigneur. Sur l’anneau que je vais vous remettre dans quelques instants, sont représentés les saints Pierre et Paul, avec au centre une étoile qui évoque la Vierge Marie. En portant cet anneau, vous êtes appelés chaque jour à vous souvenir du témoignage que les deux Apôtres ont donné au Christ jusqu’à la mort par le martyre, ici, à Rome, fécondant ainsi l’Église de leur sang. Tandis que le rappel de la Vierge Marie sera toujours pour vous une invitation à suivre celle qui fut solide dans sa foi et humble servante du Seigneur.

En concluant cette brève réflexion, je voudrais adresser mon cordial salut et mes remerciements à vous tous qui êtes présents, en particulier aux Délégations officielles des différents pays et aux représentants de nombreux diocèses. Dans leur service, les nouveaux Cardinaux sont appelés à rester toujours fidèles au Christ, en se laissant guider uniquement par son Évangile. Chers frères et sœurs, priez pour qu’en eux puisse se refléter sur le vif notre unique Pasteur et Maître, le Seigneur Jésus, source de toute sagesse, qui indique la route à tous. Priez aussi pour moi, afin que je puisse toujours offrir au Peuple de Dieu le témoignage de la doctrine sûre et tenir avec une humble fermeté la barre de la sainte Église.

Revue de Presse : mages, points (pour l’année de la foi,) cardinaux, politique

12 janvier 2012 2 commentaires

Copie d'écran de la page "Vatican" sur Wikipedia

Ce week-end, c’était l’épiphanie, et de nombreux blogueurs sont revenus sur cette fête. Emmanuel Pic, sur son blog, le Blog du curé, nous raconte comment il a vécu cette célébration, où il y avait bien d’autres participants que les fidèles habituels. Le curé de Dijon en profite pour nous rappeler que « l’Eglise n’est pas le petit club des convaincus, de celles et ceux qui écoutent l’enseignement de Jésus et s’efforcent de vivre selon ses conseils. Elle est le Corps du Christ qui se construit et qui ne sera pleinement manifesté qu’à la fin des temps ». Une belle leçon d’eschatologie et d’ecclésiologie. Un peu plus au nord, le nouveau doyen du centre ville de Liège, l’abbé Eric de Beukelaer, nous explique le mot « épiphanie », en en donnant la traduction : « manifestation ». Dans son court billet, il nous incite à nous mettre en route et à « suivre l’étoile ».

Mail il n’y a pas que les prêtres qui parlent de l’épiphanie. Je vous renvoie par exemple sur le site de Témoignage Chrétien, où Diane Barraud nous partage ses découvertes et ses surprises sur le texte biblique. Un regard frais, qui ouvre de grands espaces de réflexion. Un texte à lire !  Sur le blog de Bérule, on trouve une interpellation face à la manifestation de Dieu : quel sera notre comportement ? « Les réalités de nos vies, y compris nos errements et nos parts d’ombre, écrit-il, peuvent être éclairées de notre choix radical, celui de répondre à l’interpellation de Jésus qui se manifeste à nous en lui donnant notre foi en le reconnaissant comme l’événement qui oriente nos vies ». Pour finir avec l’épiphanie, Jean-Baptiste Maillard nous propose sur etanchermasoif.com un horoscope, qu’il a pris sur le site de la paroisse parisienne de la Trinité. Une initiative logique pour ce dimanche où les mages, ceux qui scrutaient les étoiles, sont à la fête. Quel que soit votre signe astrologique, il y a une pépite pour vous !

Si les mages ont cheminé vers le Christ, l’ont reconnu et sont rentrés chez eux, ce n’est pas le cas de tous. Certains et certaines sont restés avec lui. Il s’agit des religieux, et principalement des plus jeunes d’entre eux qui se retrouveront pour le Brother and Sister Act du 27 au 29 janvier prochain. Ce sera le premier acte d’une « campagne de promotion de la vie consacrée » nous disait le site internet du journal La Croix ce lundi.  Cette première étape se conclura par un flashmob, avant qu’une vidéo ne soit dévoilée le 2 février, pour la journée de la vie consacrée. Durant l’année, la vie consacrée sera également mise en lumière sur internet, comme nous l’explique le site des évêques de France, qui parle d’ailleurs d’une véritable « opération séduction ». Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la Coref (Conférence de religieux et religieuses de France, www.viereligieuse.fr) ou sur blog de François Vercelletto, qui donne quelques chiffre et met en ligne le dossier de presse de l’événement. Il ne manque pas de souligner « le contraste avec la pensée dominante actuelle » de ce choix de vie. Et comme il serait bête de ne pas donner la parole à quelques religieux, je vous renvoie vers le blog de Stéphanie Le Bars, la journaliste en charge des religions pour le journal Le Monde, où vous retrouverez quelques extraits d’une interview de Sr Nathalie Becquart (qui est engagée sur tous les fronts avec l’organisation de la rencontre Ecclesia Campus, comme en témoigne sa page Facebook). Et enfin, pour finir, il me faut également citer le blog de la Cyber-Sister (lawebattitude.blogspot.com). Cette dernière, dimanche dernier, se montrait étonnée de la vitalité de l’Eglise, et dans ce billet, elle cite notamment cette rencontre Brother & Sister Act !

De l’engagement des religieux à la foi de chaque chrétien, il n’y a qu’un pas, que l’année de la foi, qui débutera le 11 octobre prochain, nous invite à franchir. Et pour préparer ce temps particulier, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a publié une note ! On y trouve le sens donné par le pape à cette année particulière, mais surtout des propositions concrètes pour mettre en œuvre cette proposition, à tous les niveaux. Les conférences Episcopales sont invitées, par exemple, à « republier les Documents du Concile Vatican II, du Catéchisme de l’Église catholique et de son Compendium, également en éditions économiques de poche, et de les diffuser plus largement à l’aide des moyens électroniques et des technologies modernes » ou encore à utiliser « les nouveaux langages de la communication » pour « promouvoir des émissions télévisées ou radiophoniques, des films et des publications – y compris au niveau populaire accessible au grand public – consacrées au thème de la foi, de ses principes et de ses contenus, ainsi que sur la signification ecclésiale du Concile Vatican II » (je constate juste qu’internet a été, une fois de plus, oublié !). En France, sur le site des évêques, vous pourrez ainsi trouver un dossier sur l’année de la foi, et un autre sur Vatican II (qui propose notamment comme ressource le site www.vatican2-50ans.fr). Le site des évêques belges (info.catho.be) propose un résumé de cette note. Radio Vatican en a bien évidemment parlé, et vous pourrez retrouver le texte ainsi que les précisions de Xavier Sartre à propos de cette note sur le site internet de la radio. Si vous vous posez encore des questions sur la foi, sur la nécessité d’avoir des preuves pour croire, je vous invite à ne pas manquer l’excellent article de Louis Charles sur Le temps d’y penser.

Revenons à Rome avec l’annonce, vendredi dernier, des noms des 22 nouveaux cardinaux ! La liste vous est certainement connue, sinon, vous la trouverez un peu partout, y compris sur ce blog).Gérard Leclerc nous rappelle, sur le site de France Catholique, la mission et la tâche des cardinaux. Mais l’événement qui aura peut-être le plus fait jaser en France, vu qu’il n’y a pas eu de nouveau cardinal français, c’est l’information de Sandro Magister qui a remarqué que les biographies des nouveaux cardinaux distribués par le bureau de presse du Saint-Siège provenaient de Wikipedia. Différents articles sont revenus sur le sujet, tant dans La Croix que dans d’autres médias (Slate.fr par exemple). Et même en Belgique, où pourtant il y a eu un cardinal nommé, l’info est remontée ! Le père Lombardi a justifié cette utilisation par la précipitation. Il eut été plus honnête de reconnaître les moyens limités dont le Bureau de Presse du Saint-Siège dispose, car la liste des cardinaux n’est pas totalement nouvelle. Sandro Magister et de nombreux vaticanistes avaient une liste relativement proche des noms donnés par le pape, et ce dès le 28 décembre dernier ! Pourtant, les limites de Wikipedia sur les biographies sont connues au Vatican. Sans rappeler l’incident concernant l’annulation de la visite de Benoît XVI à l’université de Rome en 2008 (et où les manifestant s’étaient appuyés sur une fausse citation de Benoît XVI rapportée par l’encyclopédie en ligne), le mois dernier, c’est le père Lombardi lui-même qui tentait de faire changer une biographie du cardinal Scola sur Wikipedia (l’info était dans la Matinale chrétienne du 30 décembre dernier).

Tant qu’on parle de cardinaux, je cite la recension de la « confession d’un cardinal », le livre d’Olivier Legendre, réalisée par Louis Charles (qui décidément lit beaucoup ces derniers temps) ! Un très bel article, qui ressort tout le positif du livre !

On en arrive à la chronique politique de la revue de presse ! Chaque semaine presque vous y avez droit. Tout de suite, je vous annonce la sortie, hier soir, d’un billet sur le blog de Charles Vaugirard, sur la Démocratie Chrétienne au temps de Léon XIII. Et puis, si vous avez le journal La Croix, vous aurez découvert le dossier que le journal consacre à l’engagement des catholiques en politique. A l’occasion de la campagne présidentielle, il est clair que de tels articles vont revenir de plus en plus régulièrement. On apprend ainsi dans l’article de La Croix que si les catholiques s’affirment plus aujourd’hui, c’est un héritage du pontificat de Jean-Paul II. L’article défriche bien le terrain, et ouvre la voie à toutes les tendances.

Famille Chrétienne n’est pas en reste, avec un sondage exclusif où l’on apprend que « les français plébiscitent le associations plus que les partis ». On trouve six pages sur le sujet dans le numéro de cette semaine. La Vie propose en Une la photo d’une femme portant sur son épaule un drapeau français. Mais surtout, il faut noter la sortie aujourd’hui d’un numéro hors-série du magazine sur « Les présidents et Dieu ». 62 pages en compagnie du général de Gaulle, de François Mitterand ou Nicolas Sarkozy, mais aussi Barack Obama, Vladimir Poutine… On y trouve des points de vue sur l’histoire (de Clovis à Napoléon III), une analyse d’Odon Vallet (qui est reprise dans l’hebdo de la semaine, et consultable gratuitement en ligne),…

Et puis, dans la catégorie politique, je range tout ce qui a trait à la laïcité et au rapport entre l’Etat et les religions. Sur son blog, Digne de Foi, Stéphanie Le Bars revient sur la rencontre annuelle entre le gouvernement l’Eglise catholique, qui a eu lieu mardi dernier, et sur les résultats de ce dialogue. Pour la position de l’Eglise, avec le Cardinal Vingt-Trois, je vous renvoie à l’information de l’AFP parue dans Notre Temps ! Et pour sortir de la France, un petit détour par le Québec, où la laïcité pose toujours question, et le Honduras, où un évêque va certainement se présenter aux élections présidentielles !

Quelques brèves pour finir :

  • Isabelle de Gaulmyn et France Catholique nous proposent de lire la belle et fine réponse de Mgr Daucourt à une lettre du Père Gérard Bessière, où ce dernier dresse « le réquisitoire de l’évolution actuelle de l’Eglise, de laquelle toute la génération qui a  vécu le Concile serait en train de partir, en silence, sur la pointe des pieds ».
  • Le retour en grâce de Pie XII est du à certains témoignages de juifs, sauvés durant la guerre grâce à l’intervention du pape. Plus d’infos dans la « Matinale chrétienne » deLa Vie de ce mercredi
  • Vous avez peut-être suivi la conférence de lancement de Free sur les mobiles ce mardi. Etienne Séguier nous proposait, ce même jour, de mettre la carte SIM dans nos vies… Mais ce n’est certainement pas ce à quoi vous pensez…
  • Edmond Prochain est de retour sur son blog, avec un billet plein de profondeur, à prendre au premier degré même s’il parle de second plan !

Benoît XVI modifie le déroulement du consistoire.

Le 6 janvier, Benoît XVI a annoncé la tenue de son quatrième consistoire le 18 février, pour la création de 22 cardinaux. A la demande du Saint-Père, l’Office des cérémonies liturgiques pontificales a introduit des modifications au consistoire cardinalice, qui en simplifient notamment le déroulement. Ainsi sont regroupées en une seule cérémonie l’imposition de la barrette, la remise de l’anneau et la consigne du titre. La collecte et l’oraison conclusives sont modifiées et la lecture raccourcie. La réforme liturgique conciliaire a touché les rites du consistoire cardinalice, et la nouvelle formule a été employée par Paul VI en avril 1969. Le critère ayant guidé la révision du rituel fut l’insertion dans un acte liturgique de ce qui ne l’était pas en soi. La création des nouveaux membres du Sacré Collège devait prendre place dans un moment de prière qui évita toutefois de laisser croire qu’on avait à faire avec un "sacrement du cardinalat". Le consistoire cardinalice n’a jamais été une cérémonie liturgique mais une réunion autour du Pape découlant du gouvernement de l’Eglise. "En tenant compte de l’histoire, en continuité avec la forme actuelle de ce consistoire et ses caractéristiques majeures, on a donc procédé à une simplification. La collecte et la prière conclusive ont été reprises du rite de 1969, car riches d’un contenu découlant de la grande tradition romaine. Elles expriment les pouvoirs confiés par le Seigneur à l’Eglise, et celui de Pierre en particulier. Le Pape y prie également pour lui même et son ministère. Plus brève, la proclamation de la Parole revient au rite de 1969, avec la seule péricope évangélique (Marc 10, 32 – 34). La remise de l’anneau cardinalice est ensuite intégré, tandis qu’avant la réforme le chapeau était imposé au cours du consistoire public, suivi du secret comportant la remise de l’anneau et du titre (église titulaire ou diaconie). La distinction entre les deux consistoires n’étant plus observée, il était logique de regrouper les différentes phases de la création des cardinaux. La messe concélébrée du lendemain, qui est conservée, s’ouvre par l’hommage que le premier des nouveaux cardinaux adresse au Pape au nom de tous.

Source : VIS du 10 janvier 2012

Mon premier réflexe, en voyant ce texte, a été de me dire : ouf, enfin ! On va pouvoir avoir une cérémonie moins lourde qu’avec le défilement constant des cardinaux nommés plusieurs fois devant le pape. Voilà une riche idée. Puis, lors d’une seconde lecture, je me suis rendu compte qu’en fait, on ne faisait que codifier ce qui se pratique déjà. Le changement de la collecte et de la prière conclusive n’est au fond que le sommet de l’Iceberg, ce qui permettra de voir que ça a changé.

Et puis, j’avoue que je me suis dit qu’avec l’âge, on simplifiait la vie au pape… Ce qui est à proprement parler légitime. Mais bon, là, j’avoue que je n’en sais rien. Et je ne m’aventurerai pas à parler de la santé de Benoît XVI. Le fait même qu’il y ait 4 cardinaux de plus que le nombre limite des 120 montre qu’il n’a pas prévu de mourir prochainement (pas avant quelques mois en tout cas…). Du coup, qu’en déduire ? Eh bien rien justement. Laissons l’Esprit-Saint guider son Eglise, et occupons nous de nos tâches, il y en a déjà bien assez…

22 nouveaux cardinaux !

6 janvier 2012 10 commentaires

A la fin de l’angélus, Benoît XVI a annoncé sa décision de réunir un consistoire public ordinaire pour créer 22 nouveaux cardinaux.  Ce consistoire se tiendra le 18  février prochain. Le pape lui-même a rappelé leur rôle : « Les cardinaux ont la charge d’aider le Successeur de l’apôtre Pierre dans son ministère d’affermir ses frères dans la foi et d’être fondement d’unité et de communion dans l’Eglise ».

En outre, les cardinaux de moins de 80 ans sont chargé d’élire un nouveau pape après la mort du Saint-Père.

Ci-dessous, la liste des 22 nouveaux cardinaux :

Mons. Santos Abril y Castello (Archiprêtre de la basilique pontificale Ste Marie Majeure)

  • Sa Béatitude George Alencherry (Archevêque Majeur de Ernakulam-Angamaly des Siro-Malabars en Inde)
  • Mons. Giuseppe Bertello (Président du Gouvernatorat du Vatican)
  • Mons. Giuseppe Betori (Archevêque de Florence)
  • Mons. Joio Braz de Aviz (Préfet de la congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie apostolique)
  • P. Karl Josef Becker, professeur émérite de l’Université Pontificale Grégorienne
  • Mons. Domenico Calcagno (Président de l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique)
  • Mons. Francesco Coccopalmerio (Président du conseil Pontifical pour les Textes Législatifs)
  • Mons. Thomas Christopher Collins (Archevêque de Toronto)
  • Mons. Timothy Michael Dolan (Archevêque de New York)
  • Mons. Dominik Duka (Archevêque de Prague)
  • Mons. Willem Jocoby Eijk (Archevêque d’Utrecht)
  • Mons. Fernando Filoni (Préfet de la Congrégation per l’Evangelization des Peuples)
  • P. Prosper Grech, professeur émérite de diverses universités romaines, qui exerce encore la fonction de Consulteur auprès de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi
  • Mons. Manuel Monteiro de Castro (Pénitencier Majeur de la Pénitencerie Apostolique)
  • Sa Béatitude Lucian Muresn (Archevêque Majeur de Făgăraş et Alba Iulia des Roumains en Roumanie)
  • Mons. Edwin Frederik O’Brien (Grand Maître de l’Ordre Equestre du saint Sépulcre de Jérusalem)
  • Mons. Julien Ries (prêtre du diocèse de Namur et professeur émérite d’histoire des religions à l’université Catholique de Louvain)
  • Mons. John Tong Hon (Evêque de Hong Kong)
  • Mons. Antonio Maria Vegliò (Président du Conseil Pontifical de la Pastorale pour les Migrants et les Itinérants)
  • Mons. Giuseppe Versaldi (Président de la Préfecture des Affaires Economiques du Saint Siège)
  • Mons. Rainer Maria Woelki (Archevêque de Berlin)

Une première lecture du nom et de la fonction de ces cardinaux montre que 9 d’entre eux ont des fonctions au sein du Saint-Siège. Il y a 4 cardinaux de plus de 80 ans (ce sont les profs émérites), et donc 9 cardinaux « territoriaux » (avec les cas particulier du Grand Maître de l’Ordre Equestre du saint Sépulcre de Jérusalem et de l’Archiprêtre de la Basilique de Saint Paul hors les murs). En outre, à lire les noms, vous aurez reconnu une certaine sonorité italienne dans beaucoup d’eux (il y a 7 italiens, ce qui porte le nombre des cardinaux électeurs italiens à 30, soit 1/4 du collège électoral).

Ces nominations portent le nombre des cardinaux à 214, dont 125 électeurs (à la place des 120 normalement prévus). Il s’agit du 4ème consistoire ordinaire de Benoît XVI, et plus de la moitié du collège des cardinaux électeurs aura été, le 18 février prochain, nommée par Benoît XVI.

On peut noter que les cardinaux non électeurs sont des professeurs émérites, dont l’un vient de l’Université Catholique de Louvain ; on sait que cette Université est en pleine recherche de son identité, se pose la question de conserver le terme catholique dans son nom, … La nomination du père Ries n’est donc pas anodine…

Quelques surprises :

  • La non nomination de Mgr Fisichella, président du Conseil Pontifical pour la Promotion de la Nouvelle évangélisation. Serait-ce une séquelle de ses positions lors de l’Affaire de Recife, et du manque de coordination avec la Secrétairie d’Etat. Car parmi la liste, on trouve en effet nombre de personnes proches du Cardinal Bertone.
  • Aucun cardinal africain ou d’Amérique du Sud, là où les catholiques sont le plus nombreux
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Les français du Saint-Siège (et quelques statistiques)

21 février 2011 3 commentaires

Le Cardinal Jean-Louis Tauran

Cette semaine, pas grand-chose de nouveau au Vatican (enfin, si, un français vient de devenir cardinal protodiacre, mais c’est plus bas…). Alors du coup, je profite de la publication ce samedi matin de l’annuaire pontifical pour vous en parler un peu. Présenté au pape samedi, il donne des statistiques sur l’évolution de la présence catholique dans le monde. On y apprend que le nombre des catholiques a augmenté de 1,3% dans le monde, soit quinze millions de plus en 2009 par rapport à 2008. 49,4% des catholiques vivent sur le continent américain.

En bref, quelques chiffres : il y a plus de prêtres en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud, mais une baisse du nombre de ces derniers en Europe, en Océanie et en Amérique du Nord. Il y a environ 5000 prêtres de plus en 2009 qu’en 2000, soit 410.000 dans le monde. En ce qui concerne les religieuses, la crise demeure : leur nombre a chuté d’environ 10 000 de 2008 à 2009.

Des statistiques pour la France aussi

Le Guide 2011 de l’Eglise de France vient lui aussi de paraître. Avec là encore son lot de statistiques. Là encore, elles sont fondées sur les données de 2009, car il faut le temps de les analyser… En France, il y a plus de chiffres à la baisse : 316.286 baptêmes, soit 18.378 de moins en 2009 qu’en 2008 (quand même quasiment 6 %), 2027 confirmations en moins (45.037 en tout), etsurtout 10.900 mariage de moins en un an (il y en a eu 77.664 en 2009 contre 88.564 en 2008).

Du côté des hausses, 85 diacres permanents en plus (2 335) et le denier de l’Eglise, qui a augmenté de moins d’1% (soit moins que le coût de la vie, qui a progressé de 4 % sur la même période).

Et puis un chiffre qui se maintient, celui de la présence française au Vatican…

La présence française au Vatican

Dire combien de français travaillent au Vatican est une gageure, et je vous avoue que je suis incapable de répondre précisément à cette question. Car les services du Saint-Siège sont assez indépendant les uns des autres, et il n’y a pas, à ma connaissance de statistiques de ce genre (peut-être au niveau de l’APSA, qui gère les salaires et les embauches, mais je ne pense pas qu’ils produisent ce genre de statistiques). En outre, c’est plutôt par compétence linguistique qu’on classifie les gens. Et comment comptabilise-t-on quelqu’un qui possède un passeport diplomatique du Saint-Siège ? Français, résident du Vatican ? Vous voyez, c’est très compliqué.

En revanche. Je vous propose de nous arrêter sur les hommes qui ont des responsabilités fortes. Le seul cardinal français encore actif est le cardinal Jean-Louis Tauran. Il est président du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux. C’est un homme fort du Vatican, car il a été pendant 12 ans secrétaire pour les relations du Saint-Siège avec les États à la Secrétairerie d’État. A ce poste, il était numéro 3 de la Secrétairie d’Etat, le plus gros service du Vatican, et cette fonction est celle de ministre des affaires étrangères du Saint-Siège. Un rôle important donc. Il a notamment couvert les guerres d’Irak, les attentats du 11 septembre… Malade, il a été déchargé de ses fonctions pour être archiviste et bibliothécaire du Vatican, mais en 2008, Benoît XVI l’a rappelé pour prendre la tête du Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux. Au vu de ce qui se passe actuellement dans le monde, c’est un poste de confiance, et toute la diplomatie de cet homme très simple et très humble est très utile à sa mission.

Et puis, petit ajout de dernière minute : on a appris aujourd’hui, lors d’un consistoire spécial (une rencontre des cardinaux), que 6 cardinaux étaient en quelque sorte promu du rang de cardinal-diacre au rang de cardinal-prêtre, et que de ce fait, le nuveau cardinal protodiacre était le cardinal Tauran. Le rôle du cardinal protodiacre est d’annoncer au monde le nom du nouveau pape. C’est lui qui proclame le « Habemus papam ». Et c’est donc le cardinal Tauran qui devrait le faire lors du prochain conclave… (cf. le site de Radio Vatican qui donne des informations complémentaires).

1 cardinal et 3 archevêques français au Saint-Siège

Eh bien le successeur du Cardinal Tauran est lui aussi français. Enfin, corse, mais on ne va pas chipoter ! C’est Mgr Dominique Mamberti. Comme le cardinal Tauran quand il occupait cette fonction, Mgr Mamberti est hyper discret… On ne l’entend quasiment jamais, et on le voit très peu également. En fait, il travaille pour le Cardinal Bertone, qui lui, comme secrétaire d’Etat, numéro 2 du Saint-Siège, a une véritable activité publique.

Et puis deux autres français sont numéro 2 de dicastères. Mgr Jean-Louis Bruguès, qui est secrétaire de la Congrégation pour l’Education catholique, et Mgr Jean Lafitte, qui est secrétaire du Conseil Pontifical pour la Famille. On peut cite aussi le Père Ardura, qui est président du Comité Pontifical des Sciences Historiques. Il était auparavant secrétaire du Conseil Pontifical pour la culture.

Des représentants français à Rome

Bien sûr, il y a des employés du Saint-Siège qui « montent » si l’on peut dire. Le père Jean-Marie Laurent par exemple, qui, en plus d’être recteur de Saint Nicolas de Lorrains, l’une des cinq églises française de Rome, est le responsable de l’organisation du « parvis des gentils », cette entité du Conseil Pontifical pour la culture qui va dialoguer avec les non-croyants. Et puis il y a le responsable de la section jeune du Conseil Pontifical pour les laïcs, le père Eric Jacquinet, qui s’occupe des JMJ notamment. Mgr Pascal Ide, chef de bureau en charge des universités catholiques du monde (il y en a près de 4000 quand même)…

En dehors du Saint-Siège de manière directe, il y a aussi le nouveau recteur de l’Université Pontificale Grégorienne, le père François-Xavier Dumortier. La Grégorienne, même si son statut est contesté aujourd’hui, reste l’Université la plus prestigieuse de l’Eglise, avec un tiers des évêques du monde qui y est passé… Le frère Bruno Cadoré vient également d’être élu, il y a quelques mois, comme Maître de l’Ordre des dominicains. Encore un français qui réside maintenant à Rome et qui représente l’hexagone dans la ville éternelle.

Et puis il y a les retraités. Le cardinal Roge Etchegaray, qui est vice doyen du Sacré collège, et donc, dans l’ordre protocolaire le n° 4 dans l’ordre de succession papale. Si le pape et les cardinaux Bertone et Sodanao meurent ensemble, c’est lui sui sera en charge de l’Eglise le temps de l’élection d’un nouveau pape ! Et pour finir, le cardinal Paul Poupard, qui malgré ses 80 ans, reste très actif en voyageant beaucoup et en étant encore consulté à Rome.

Voilà les « forces françaises romaines » de l’Eglise.

Actualité du saint-Siège : encore un week-end chargé à Rome

22 novembre 2010 Poster un commentaire

Couverture du livre de Benoît XVI et Peter SeewaldCe week-end, on a beaucoup parlé des propos du pape sur le préservatif. Ou, pour être plus précis, on a parlé de 5 lignes parues sur l’Osservatore Romano, le journal du Vatican, et tirées du livre d’entretiens que le pape a accordé à Peter Seewald, un journaliste allemand. 6 heures d’entretiens évincés par un seul mot : préservatif. Sauf que, pour une fois, le pape semble favorable à son utilisation dans certains « cas individuels justifiés », quand l’un des partenaires qui est porteur d’une infection par exemple.

Mais le pape rappelle surtout, et c’est le plus important, que « se concentrer uniquement sur le préservatif, c’est banaliser la sexualité et cette banalisation est justement la raison dangereuse pour laquelle tant de gens ne voient plus dans la sexualité l’expression de leur amour, mais seulement une sorte de drogue, qu’ils s’administrent eux-mêmes ». Et il explique donc que le préservatif n’est qu’« un premier pas sur le chemin d’une sexualité plus humaine ».

En fait, il n’y a là aucune révolution, aucun changement dans la doctrine  de l’Eglise, qui a toujours tenu ces propos. Je me souviens d’avoir entendu le cardinal Lustiger, il y a une vingtaine d’années, dire la même chose. Seule différence, comme le constate le père Lombardi, le directeur de la Salle de Presse du Saint-Siège : « jusqu’à présent nous n’avions jamais entendu ces propos avec autant de clarté venant de la bouche d’un pape ».

Alors à Rome, tout le monde regarde, avec amusement ou énervement, l’agitation médiatique sur le sujet. Il y a 34 ans, Brassens chantait « Tempête dans un bénitier », il avait, en ce qui concerne cette controverse, totalement raison.

Et à part ces quelques lignes, que contient ce livre me direz vous ? Je suis persuadé que vous avez déjà parcouru la presse pour le découvrir (sinon, allez jeter un œil à La Croix ou sur différents blogs). Pour vous répondre, il faudrait attendre demain, et la présentation officielle de l’ouvrage. Mais les médias ont déjà donné quelques éléments. Le premier chapitre, “Les papes ne tombent pas du ciel”, revient sur l’élection du pape. Benoît XVI assure qu’il pensait se retirer, mais qu’il a répondu à la volonté de Dieu quand il a été choisi par les cardinaux.

Et puis, au fil des pages, il revient sur les évènements médiatiques du pontificat : la crise de Ratisbonne, l’affaire Williamson, cet évêque intégriste négationniste, les scandales des abus sexuels,… Et si le pape reconnaît que la gestion de certains dossiers a été maladroite, il parle même d’« erreurs » à certains moments.

On le découvre aussi fan de Don Camillo, et on apprend des petites choses de sa vie… Sinon, le livre s’appelle « Lumière du monde », et ça, c’est déjà tout un programme, car on y revient également énormément sur la place de Dieu dans le monde. Le pape, qui, on le sait, dénonce le relativisme de notre époque, reste confiant dans notre époque, quand il écrit : « Tant de problèmes doivent être résolus, mais aucun ne le sera si Dieu n’est pas au cœur et ne redevient pas visible dans le monde ». Selon l’agence i-Média, le pape glisserait même « une ouverture inattendue en vue de la communion des divorcés remariés ».  Il parle aussi de sa manière de donner la communion, et du dialogue avec les juifs, de la drogue, de l’intolérance, de la burqa,…Voilà, énormément de choses dans ce livre, qui sortira le 3 décembre en France, aux éditions Bayard.

Mais Frédéric Mounier, le journaliste de La Croix, avec qui j’étais samedi après midi pour les rencontres des cardinaux, me disait en me montrant le texte qui venait de sortir que tout le monde n’allait parler que du préservatif. Il a malheureusement eu raison…

photo du site eucharistiemisericor.free.frEn parlant des cardinaux, un petit mot sur le consistoire. Sa première étape a eu lieu vendredi, avec la rencontre  des cardinaux autour du pape, pour parler de plusieurs sujets, dont la question de la liberté religieuse. Au moment où des chrétiens sont assassinés au Moyen-Orient, une réflexion avec tous les cardinaux était importante. Il a aussi été question de la liturgie, un thème qui tient une grande place pour le Pape, car la liturgie est le lieu par excellence de la rencontre avec le Seigneur, et plus particulièrement la messe et les sacrements.  Et puis le pape a promu 24 nouveaux cardinaux lors du consistoire de samedi matin, leur rappelant qu’ils recevaient cette charge pour servir : « Le critère de grandeur n’est pas la domination, mais le service » leur a-t-il dit.

Dimanche, il leur a remis l’anneau cardinalice, qui les unit plus particulièrement à lui. Les cardinaux sont en outre nommés dans une église de Rome (ce qui d’ailleurs limite le nombre de cardinaux), et c’est à ce titre qu’ils forment ce qu’on appelait autrefois le “sénat” du pape. Ils recevront en outre diverses nominations dans les dicastères, car on le sait moins, mais les cardinaux participent aussi à la vie de la curie en se rencontrant régulièrement à Rome, avec les différents services de l’Eglise.

Et enfin, 20 des cardinaux promus, dont le cardinal Fortunato Baldelli, l’ancien nonce apostolique en France, pourraient prendre part au conclave pour élire le successeur de Benoît XVI s’il mourrait. 20 sur 120, c’est 1/6 des cardinaux électeurs qui vient d’être nommé. A ce jour, 50 d’entre eux ont été nommés par Benoît XVI, et il en reste 71 nommés par Jean Paul II ; Mais franchement, ici, personne n’est pressé de les voir se réunir pour cette occasion.

Revue de blogs : cardinaux, politique, internet, et Edmond !

21 octobre 2010 2 commentaires

 

copie d'écran du blog du suisse Romain

 

Bonjour à toutes et à tous. L’événement de la semaine, pour l’Eglise, c’est la nomination hier de 24 nouveaux cardinaux. Aucun français, mais un suisse, Mgr Kurt  Koch, et donc les bloggeurs helvètes s’en sont donnés à cœur joie. Cela nous permet de découvrir que la blogosphère chrétienne est bien vivante au pays du chocolat. « La Suisse en rouge » titre Le suisse romain sur son blog. Cet étudiant en communication à Rome tient un blog bien informé, et qui donne des repères sur la position officielle de l’Eglise. Il est précieux, ne perdez pas le lien. Sinon, Le Copiste revient lui aussi sur l’évènement. Mais on trouve également sur le blog de frère Dominique de nombreux éléments de formation et de réflexion. La Vie a sauvé la France mercredi matin en annonçant les nominations, se basant sur plusieurs blogs, et donnant un bon compte-rendu de ces nominations, avec en plus une vidéo. D’ailleurs le site internet propose chaque jour une revue de web très complète. Ne la manquez pas. Et puis pour plus d’informations, il y a comme toujours le site internet du journal La Croix et le blog de Frédéric Mounier.

En passant sur le blog de Patrice de Plunkett (plukett.hautetfort.com), vous aurez une petite analyse politique sur le problème des retraites en France. Rassurez-vous, je n’aborde pas le sujet politique sans précaution, mais bien parce que cette semaine, plusieurs bloggeurs ont fait le lien entre leur engagement dans la cité et la foi. Pneumatis a ouvert le bal en montrant comment l’engagement politique est compatible avec la Doctrine Sociale de l’Eglise.  Henry le Barde sur le blog du Temps d’y Penser nous invite à réfléchir sur le libéralisme, le lien social, etc… Et finalement, comment ne pas citer le billet de Jean-Baptiste Balleyguier, sur le site des Sacristains. Le titre est éloquent, et fait clairement référence à l’actualité : « Contre l’inconscience objecter la conscience ». Là encore, le lien foi/politique est clair quand on lit, entre autres : « Le chrétien s’inscrit ainsi dans son monde ». Et puis juste par plaisir, parce que c’est très reposant et instructif, je cite le billet du blog Thomas More sur, le titre n’est pas de moi, « Le schtroumpfage de la monnaie ». Une belle analyse sur l’origine et l’usage de la monnaie.

 

copie d'écran du site http://pneumatis.over-blog.com

 

Et puis, revenons sur la politique. Martin Dacos sur son blog Homo Numéricus, nous démontre qu’Internet peut avoir une dimension politique. Même Powerpoint, pourtant inculpé dans  Le Monde Magazine au prétexte de « noyer le poisson » et d’ « anesthésier l’esprit critique ». Facebook est lui aussi accusé de tous les maux, mais pourtant David Desgouiles défend ce réseau social dans un billet sur le site de Causeur. Ces réseaux permettent entre autre de partager des informations, plus ou moins sérieuses, comme celle-ci : Homer Simpson est un vrai catholique. C’est le journal anglais, The Telegraph qui le dit, en citant l’Osservatore Romano, le journal du Vatican ! Le site www.chretiente.info reprend lui aussi l’information. A vos télés donc !

Voilà une nouvelle qui inspirera sans doute Edmond Prochain, dont le blog  est le blog de la semaine. Chaque dimanche, Edmond nous propose une petite bande dessinée sur l’évangile du jour, et il manie aussi bien l’humour que son clavier pour nous faire réfléchir tout en proposant de superbes jeux de mots. Son dernier billet, « all you need is laugh », joue sur les mots love, amour, et laugh, rire ! Et pourtant, il nous incite à réfléchir au sens même de la liturgie. Et en plus, Edmond cite abondamment la blogosphère… Il a vraiment tout pour lui ce blog. Un incontournable !

Voilà, c’est tout pour cette semaine, bonne lecture, bons commentaire, et à la semaine prochaine !

 

 

Et les gagnants sont…

19 octobre 2010 3 commentaires

Vous pensez que je parle du remaniement ministériel en France ? Que nenni ! Je parle du consitoire au cours duquel de nouveaux cardinaux seront créés. On parle de 19 nouveaux cardinaux, principalement des cardinaux de curie et italiens, plus certainement quelques membres qui ont plus de 80 ans. Selon l’agence de Prese italienne AGI, il y aurait 24 noms, dont  4 cardinaux de plus de 80 ans (non-électeurs en cas de conclave pour choisir un nouveau pape). La remise de la barrette (cardinalice, rien à voir avec toute sorte de substance pohibée) se fera, selon Andréa Tornielli, le 20 novembre prochain, et le nouveaux cardinaux recevront leur anneau cardinalice le lendemain, en la fête du Christ Roi, le 21 novembre.

Les noms circulent déjà. Parmi les plus connus des français, Mgr Fortunato Baldelli, l’ancien nonce apostolique à Paris, qui est grand Pénitencier (c’est à dire boss du tribunal suprême du Saint-Siège), Mgr Kurt Koch, le nouveau président du Conseil Pontifical pour la promotion du dialogue interreligieux,… Parmi les gens de la curie, les noms de Gianfranco Ravasi, le président du Conseil pontifical pour la culture, et celui de Mgr Mauro Piacenza, qui vient d’être nommé àla tête de la congrégation pour le clergé, sont cités.

En outre, parmi les personalités, on retrouverait le "mythique maïtre de choeur de la chapelle sixtine, Domenico Bartolucci", ou encore Mgr Laurent Monsengwo, qui était un le secrétaire spécial du synode sur la Parole de Dieu en 2008 (et dont, entre parenthèse, on attend prochainement la sortie de l’exhortation post-synodale). On trouve également Mgr Reinhard Marx et Malcolm Ranjith, archevêques de Munich et de Colombo.

Enfin bref, les vaticanistes se lencent dans cet exercice avec plus ou moins de délectation, bien que les français soient assez sobres.

Mais ces nominations sont aussi, pour moi, l’occasion de réfléchir, une fois de plus, au sens même du mot ministère. Une parole qui renvoie avant tout, me semble-t-il, au service, comme l’explique le catéchisme de l’Eglise Catholique, au n° 874 :

Le Christ est lui-même la source du ministère dans l’Église. Il l’a instituée, lui a donné autorité et mission, orientation et finalité :
Le Christ Seigneur, pour assurer au Peuple de Dieu des pasteurs et les moyens de sa croissance, a institué dans son Église des ministères variés qui tendent au bien de tout le corps. En effet, les ministres qui disposent du pouvoir sacré, sont au service de leurs frères, pour que tous ceux qui appartiennent au Peuple de Dieu (…) parviennent au salut (LG 18).

Si donc c’est un service, quel besoin d’avoir, de par une fonction précise, une dignité plus particulière ? Mon propos paraîtra surprenant, mais c’est aussi en fonction de considérations pratiques que je me situe ; je rencontre en effet régulièrement (car j’habite dans la même maison que lui) le futur cardinal Baldelli, qui me semble avoir une santé plus que déplorable. Lui infliger cette charge en plus de ce qu’il porte déjà comme responsabilité, c’est, je trouve, un véritable poids supplémentaire. Cependant, comme il est grand Pénitencier, il "faut" qu’il ait cette dignité. Pour mieux affermir son autorité ? Si oui, c’est qu’on est tombé bien bas, en se comportant comme les "hommes de ce monde", et non plus en témoins du Christ, respectueux les uns des autres, capable de charité fraternelle et de respect.

Je ne suis pas opposé à la nomination des nouveaux cardinaux, mais pourquoi tous les chefs de dicastère doivent-ils l’être ? N’est-ce pas déconsidérer le travail de terrain que font certains évêques, le travail théologique de certains grands professeurs (je pense par exemple au cardinal Vanhoye, grand éxégète),…

Bon, j’arrête de râler, et je me réjouis de ces nouveaux cardianaux que le pape va donner à l’Eglise, pour la plus grande gloire de Dieu !

Juste un mot sur le collège cardinalice aujourd’hui, avant les nominations de demain :

Le collège Cardinalice est formé, depuis que lecardinal Christian Wiyghan Tumi a dépassé les 80 ans le 15 octobre, de 102 cardinaux électeurs, et de 77 membres ayant plus de 77 ans. La distribution géographique de ses membres est la suivante :

Continent Pays Total Electeurs Non Electeurs
Afrique 13 13 8 5
Amérique du nord 3 23 17 6
Amérique centrale 6 6 4 26
Amérique du sud 8 19 11 8
Asie 11 18 9 9
Europe 22 96 52 44
Océanie 2 4 1 3
Total 65 179 102 77
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