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« Silence et Parole : chemin d’évangélisation »


« Silence et Parole : chemin d’évangélisation » : Tel est le thème du message de Benoît XVI pour la 46ème Journée Mondiale des Communications Sociales. Dans son 7ème message pour cette journée, c’est sur le rapport entre silence et parole que le pape veut nous faire réfléchir. Il le dit dès l’introduction : « Silence et parole sont deux moments de la communication qui doivent s’équilibrer, se succéder et se compléter pour parvenir à un dialogue authentique et à une profonde proximité entre les personnes ». Car le silence, rappelle-t-il, « fait partie intégrante de la communication » et il met en valeur les paroles. C’est dans le silence (et l’écoute de l’autre) que la pensée se forme, s’affine. C’est aussi dans le silence que « se saisissent les instants les plus authentiques de la communication entre ceux qui s’aiment », car il « met en jeu la sensibilité et cette capacité d’écoute qui révèle souvent la mesure et la nature des liens ». L’importance du silence est donc telle dans nos vies que Benoît XVI n’hésite pas à écrire qu’il est nécessaire « de créer une atmosphère propice, comme une sorte d’« écosystème » qui sache équilibrer silence, parole, images et sons ».

Dans un paragraphe où il fait la part belle aux réseaux sociaux et à Internet, aux relations qu’ils permettent et aux réponses qu’on y reçoit (même à des questions qu’on ne s’est jamais posées), le Saint-Père présente le silence comme lieu de discernement des questions importantes. Le silence permet  ainsi « à qui s’interroge de descendre au plus profond de lui-même et de s’ouvrir à ce chemin de réponse que Dieu a inscrit dans le cœur de l’homme ». Face à ces questions existentielles, on trouve, sur internet, des espaces  qui aident « l’homme d’aujourd’hui à vivre des moments de réflexion et d’interrogation authentique », voire « des espaces de silence, des occasions de prière, de méditation ou de partage de la Parole de Dieu ». Et le texte de Benoît XVI mentionne indirectement Twitter : « Dans la substance de brefs messages, souvent pas plus longs qu’un verset biblique, on peut exprimer des pensées profondes »[1].

La réflexion s’engage alors sur le silence (le silence de la Croix, du Samedi Saint, …) comme lieu de la révélation divine. Et le pape prolonge sa pensée en introduisant la contemplation, « qui nous fait entrer dans le silence de Dieu pour arriver ainsi au point où naît la Parole, la Parole rédemptrice ». C’est à partir de cette rencontre avec Dieu que nous devenons vraiment capable d’évangéliser l’autre.

Dans le dernier paragraphe de son message, Benoît XVI évoque directement la nouvelle évangélisation : « S’éduquer à la communication veut dire apprendre à écouter, à contempler, bien plus qu’à parler, et ceci est particulièrement important pour les acteurs de l’évangélisation : silence et parole sont les deux éléments essentiels et parties intégrantes de l’action de communiquer de l’Église, pour un renouveau de l’annonce du Christ dans le monde contemporain ».

Le texte complet du message de Benoît XVI pour la 46ème Journée Mondiale des communicatuions sociales (format PDF).

Quelques remarques :

  • Si la première partie du message présente l’importance du silence dans les relations humaines et comme lieu d’intériorité et de réflexion, la seconde partie est bien plus spirituelle, avec une attention marquée au silence nécessaire pour connaître Dieu. Il ne s’agit donc pas d’abord d’un texte d’analyse des comportements médiatiques ou de conseils pour des professionnels, mais bien d’une proposition de formation adressée à tous les chrétiens (et donc aussi aux professionnels), qui sont tous en communication avec Dieu et avec leurs frères.
  • L’aspect a priori antinomique du silence et de la communication est facilement dépassé par Benoît XVI qui fait du silence un moment important de la communication. La complémentarité entre parole et silence, auxquels il faudrait encore ajouter tout ce qui se passe dans la relation non verbale (et que le pape intègre dans le silence) est ainsi mise en avant pour une communication qui ne soit pas que bavardage, mais emplisse l’homme.
  • Dans ce texte, la TV, la radio, ou la presse écrite ne sont pas mentionnées. Le terme « réseaux sociaux » apparaît deux fois en revanche, et il y a une apparition du terme « Réseau » pour parler d’Internet en général. L’expression « moteurs de recherche » apparaît également une fois dans le texte. De là à penser que l’Eglise pose un regard attentif sur ces nouvelles réalités de la communication (qui ne sont plus si nouvelles d’ailleurs), il n’y a qu’un pas, que je franchis allègrement. Comme il eut été sympa d’inclure une petite réflexion sur la cascade d’images déversée par la télévision ou sur le flux de musiques formatées de manière commerciales  qui empêchent le silence de se faire…

Pourquoi la publication du message pour la Journée Mondiale des communications Sociales ce 24 janvier ? La réponse du site du Conseil Pontifical des communications Sociales :

La Journée mondiale des Moyens de Communication sociale, unique célébration mondiale instaurée par le Concile Vatican II (Inter mirifica, 1963), est fixée, à la demande des Évêques du monde entier, au dimanche avant la Pentecôte, dans la plupart des pays. L’annonce du thème est faite d’habitude le 29 septembre, fête des Archanges Michel, Raphaël et Gabriel, ce dernier étant désigné Patron de ceux qui travaillent dans les radios. Le message du Saint-Père pour la Journée mondiale des Moyens de Communication sociale est publié traditionnellement le jour de la fête de saint François de Sales, Patron des journalistes (24 janvier), de façon à laisser aux Conférences épiscopales, aux organismes diocésains et aux autres organisations qui s’occupent des moyens de communication sociale, le temps nécessaire pour préparer le matériel audiovisuel et liturgique pour les célébrations au niveau national et local.


[1] Les #twittomélies de @mgrgiraud semblent être remontées jusqu’au plus haut niveau à Rome !


  1. Alexandre Gérard
    24 janvier 2012 à 17:01

    Reblogged this on Musicus Pacem.

  2. 25 janvier 2012 à 11:24

    Sur le silence, j’avoue en avoir trouvé la signification chez les pères orientaux : il est l’oubli complet de soi en face de l’indicible de Dieu.
    Rien à voir avec le silence austère et finalement fier tel qu’on peut parfois le comprendre et le mettre en oeuvre chez nous, qui risque de n’être qu’ego cartésien.
    Le fond du silence est « reniement » de soi pour accueillir l’autre (sens communication) ou Dieu (spi).
    J’ai essayé d’en faire une série à partir d’un excellentissime bouquin orthodoxe http://luc1249.wordpress.com/tag/voie-du-silence/

  1. 24 janvier 2012 à 12:51
  2. 24 janvier 2012 à 15:49

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