Accueil > Actualité > « Soutenir » ou « former » les blogueurs ? La réponse !

« Soutenir » ou « former » les blogueurs ? La réponse !


Depuis quelques semaines, la blogosphère catho est en émoi que dis-je, en ébullition ! Enfin, pas tant que ça non plus. Mais le billet de Jean-Marie Guénois, publié en fin de semaine dernière, me donne l’occasion de revenir sur la controverse : « Faut-il encadrer les blogueurs cathos ? » s’interroge le journaliste en titre de ce billet. Il y traite de trois points précis : le voyage du pape au Bénin et la très longue exhortation post-synodale qu’il y a apportée, une rencontre sur la communication au Vatican, et l’intervention du père Gagey lors de l’Assemblée plénière des évêques à Lourdes.

Si je suis bien d’accord avec la première des conclusions qu’il tire de ces trois points, à savoir qu’il faudrait synthétiser sérieusement les documents du Saint-Siège, la seconde me paraît un peu exagérée ! Dire que « c’était la première fois, à ma connaissance, que l’on a ainsi officiellement consulté des professionnels non Italiens pour tenter de comprendre une situation » est un peu présomptueux. Certes, le « à ma connaissance » relativise son assertion, mais un petit travail journalistique lui aurait permis de savoir que ce n’est pas une première ! J’ai en effet assisté à pas mal de rencontres où des professionnels étaient présent et donnaient à des membres éminents de la Curie leur avis sur la communication du Vatican. Le père Lombardi, à Radio Vatican comme ailleurs dans ses fonctions, est lui aussi entouré de professionnels et de journalistes. Les vaticanistes anglais, français, américains, allemands, et autres sont tout autant professionnels que Jean-Marie Guénois et ils osent dire ce qui ne va pas. Au #VBM11, la rencontre des blogueurs du 2 mai, il y avait d’ailleurs de nombreux journalistes présents… Que ce soit la première fois que Jean-Marie Guénois soit partie prenante d’une telle initiative ne signifie pas que rien n’existait avant !

Quant à la troisième assertion, sur la formation des blogueurs, il me semble que Jean-Marie Guénois est passé complètement à côté de ce que le père Gagey voulait dire. Marc Favreau a donné un bon historique des différents tweets sur cette discussion (c’est dans la seconde partie de son billet). Mgr Giraud, qui lui a twitté juste, a bien compris ce que disait le père Gagey en parlant de « soutien » aux blogueurs. D’ailleurs, si l’on y regarde de près, c’est au final cette position que semble soutenir Jean-Marie Guénois quand il écrit : « Cette armée d’électrons (…) lui [à l’Eglise] rend un service qu’elle n’imagine pas sur la toile en assurant une présence « catholique » non officiel [sic] et très tonique. Car le propre des blogs et autres tweets est justement leur « a-institutionnalité ». Ils sont nés libres et doivent le rester ».

Mais il tacle le père Gagey, en mettant dans sa bouche uniquement le terme de « formation » Pourtant, Mgr Giraud m’a confirmé personnellement ce mot de « soutien », et le père Gagey, que j’ai contacté, confirme lui aussi l’utilisation de ce terme. Il l’a même écrit dans les notes dont il s’est servi pour son intervention devant les évêques.

 J’en viens à mon troisième point, qui rejoint d’ailleurs les conclusions du document Église et Internet déjà cité.

Soutenir les blogueurs catholiques.

Apparaissent aujourd’hui des blogueurs chrétiens plus nombreux qu’on imagine qui, plus ou moins adroitement, répandent sur les sites les plus divers une rumeur évangélique qui tisse affirmations, symboles, témoignages et larges débats au sein d’une multitude de  forums. Ce vaste café du commerce peut-il devenir une agora ? Il le faudra bien, mais pour y parvenir des apprentissages sont nécessaires.  Le soutien apporté aux responsables de sites catholiques dans le cadre des weekends des tisserands et sur le site  du même nom ne pourrait-il servir de modèle ? Il importe en effet d’entraîner nos blogueurs non seulement à la maîtrise technique des outils, mais plus encore à vérifier que leurs interventions son bien ajustées à la cause qui les mobilise. L’Évangile en effet ne peut être défendu que de manière évangélique. Pour le dire autrement, on ne défend pas en vérité le corps du Christ si c’est le glaive à la main, comme l’avait cru Pierre au jardin des Oliviers…

Donc premièrement, quand Jean-Marie Guénois écrit sur Twitter « Le P. HJ Gagey n’a jamais dit il faut soutenir les blogueurs catholiques … », il se trompe ! Ensuite, concernant ce terme de « former » que le Père Gagey reconnait avoir utilisé « à la conférence de presse », il est loin de l’idée que s’en fait le journaliste quand il écrit :

Etrange idée toutefois que de vouloir « former » des blogueurs catholiques. Le P. Gagey pense-t-il que ces blogueurs ne pensent pas comme il faut ? Cela serait inquiétant. Ou s’inscrit-il dans un schéma ecclésial totalement dépassé, celui de « l’encadrement » où la structure entend non seulement formater une pensée mais aussi exercer son contrôle ?

La formation, que certains blogueurs aimeraient bien avoir à ce qu’ils m’ont dit, est d’un ordre bien différent, et semble plus coller à l’idée que s’en fait le père Gagey :

Dans la tradition universitaire à laquelle j’appartiens « former » ce n’est pas exercer un contrôle bureaucratique ou embrigader mais c’est permettre à des acteurs d’améliorer leurs compétences techniques mais aussi théologiques et spirituelles par un échange d’expérience et un discernement commun des initiatives prises.

C’est aussi une formation ecclésiale pour mieux comprendre les textes sur lesquels les blogueurs réagissent parfois… En outre, cette vision est plus celle d’un service que d’un contrôle, que le Père Gagey récuse d’ailleurs totalement, et dont je ne vois pas comment Jean-Marie Guénois y arrive à partir de la formation (surtout en connaissant le genre de formation dispensé à la Catho de Paris où l’on incite les gens à réfléchir et pas à recracher des idées et des concepts ; on n’est pas dans le premier cycle d’une université romaine non plus !). D’ailleurs le père Gagey illustre dans le message qu’il m’a envoyé qu’il est loin de cette idée de « caporalisme » :

Cela dit, en donnant l’exemple des « ateliers des tisserands » (rassemblement annuel de webmasters catholiques, volontaires pour vivre ensemble un temps d’approfondissement et de partages de leurs pratiques et de leurs responsabilités) je cherchais précisément à écarter les craintes de caporalisation. Par ailleurs j’ai suffisamment insisté dans ma conférence sur le fait que la communication sur le WEB échappe par nature à tout contrôle vertical pour ne pas pouvoir être soupçonné d’en nourrir secrètement le dessein.

Voilà, je ne veux pas faire de procès à Jean-Marie Guénois, mais il me semble qu’à travers ce billet, s’il a des intuitions justes, sur au moins deux points, il fait montre d’un travail et d’une compréhension trop personnelle de la communication…

About these ads
Catégories:Actualité Mots-clés : , , ,
  1. 1 décembre 2011 à 12:28

    Juste une remarque: les tisserands ne sont pas simplement des webmasters cathos, ce sont les webmasters « officiels » (sites *.catholique.fr). Je comprends donc qu’on puisse y voir une tentative d’institutionnalisation.

    A la fin du #vbm11 les membres de la curie présents nous ont clairement affirmés qu’ils laisseraient aux blogueurs l’initiative d’une éventuelle suite.. c’est peut-être à nous de nous bouger, maintenant ! La liberté implique une responsabilité :)

    • 1 décembre 2011 à 13:50

      @incarnare : Sur les tisserands, ok avec toi, mais ce n’était qu’un exemple pour illustrer la formation ! Et sur le #VBM11, d’accord aussi. Certaines initiatives me semble assez sympa, comme les blogs agrégés (Sacristains, FASM, LTDP,…) ou les rencontre IRL (FASM ou autres lieux cathos où les LT’eurs se rejoignent et se retrouvent et se découvrent !

  2. 1 décembre 2011 à 15:54

    bonjour,

    Trois remarques :

    1) J’étais présent à Lourdes – contrairement à vous – et j’ai entendu et noté et à la conférence devant les évêques ET à la conférence de presse ( c’est moi qui ai posé la question pour justement lui faire préciser ce qu’il entendait par « former ») le terme de « former » les blogueurs. Je n’ai pas inventé ce terme et n’aurais jamais eu l’idée de poser cette question sous cette forme si le terme n’avait pas été prononcé devant les évêques. Ceci pour la précision du journaliste professionnel (27 ans d’expérience).

    2) Ce qui m’inquiète, dans la réponse du Père Gagey, c’est cette idée de « discernement commun » des intiatives prises. Et je me demande si des laïcs catholiques ont la possibilité de penser par eux-mêmes quitte à commettre des erreurs ? Il me semble que le catholicisme français – contrairement à ce que je connais bien aux Etats-Unis, en Italie, en Allemagne, en Suisse – étouffe un peu sur ce plan. Je suis bien placé pour voir combien la culture de l’encadrement que je dénonce, issue de l’action catholique (qui a eue son utilité il y a soixante ans) a laissé cette habitude d’un certain contrôle des troupes et des esprits. Je trouve précisément que cette nouvelle culture certes brouillonne permise par internet, apporte du sang neuf et qu’il importe surtout de la laisser vivre. Ce qui n’empêche pas au contraire une complémentarité apportée par la communication institutionnelle qui elle aussi, a une opportunité formidable avec l’outil internet.

    3) Sur ma découverte romaine, alors là, je ris, excusez moi. Je n’ai pas passé dix ans sur place, à Rome, travaillé dans la presse italienne, fondé une agence de presse spécialisé sur le Vatican, bref, suivre cette actualité là, au jour le jour, depuis 24 ans, pour ne pas avoir noté la rencontre dont vous parlez et le soin que le Saint-Siège porte à sa communication. Mais je maintiens, la rencontre dont je parle – une étude critique et systématique – des couacs du pontificat était une première. D’autant que les trois plus hauts personnages (derrière le pape) du Saint-Siège, y ont participé. C’est tout.

    Le tout, en toute simplicité et humilité. Mais la question de liberté intellectuelle est pour moi fondamentale d’où ma sensibilité sur le sujet. Je serais heureux à l’occasion de pouvoir m’en expliquer avec vous, si vous aviez la simplicité de me donner votre contact.

    Jean-Marie Guénois

    • 1 décembre 2011 à 16:59

      Mr Guénois, comme vous le constatez, je publie intégralement votre commentaire (excepté votre adresse mail)

      En fait, comme je n’étais pas à Lourdes, je n’ai pas dit que HJ Gagey n’avais pas dit « former », mais juste que dans votre tweet, vous écrivez : « Le P. HJ Gagey n’a jamais dit il faut soutenir les blogueurs catholiques … », ce qui apparemment, selon deux sources, est inexact ! S’il a employé comme je l’ai entendu deux fois « soutenir » et une fois « former », c’est donc différent de ce que vous laissez entendre dans votre tweet (je ne parle pas de l’article là), et celà donne tout de suite un autre sens au terme « former » (Pour la précision, vous constatez que je dis que vous dites placez

      dans sa bouche uniquement le terme de « formation »

      dans votre tweet, et que vous ne parlez pas du soutien dans votre article !

      Sur la formation, en écoutant les blogueurs, je penche plus pour ce que je décris dans le billet ci-dessus, et que le père Gagey me semble dire lui aussi à travers la notion de formation « universitaire » : donner des repères, ce qui est loin de la notions d’encadrement que vous lui assignez ! Là, je ne peux m’expliquer pour le père Gagey, ni vous préciser son terme de « discernement commun », même si le passage que je cite de lui dans le billet me semble plutôt aller dans le sens d’une recherche (ou à la limite, d’une coordination des initiatives, comme cela se fait dans le cadre des Sacristains par exemple) que du contrôle.

      Concernant votre découverte romaine, j’ai moi aussi vécu à Rome quelques années (moins que vous certes), et toutes sous le pontificat de Benoît XVI. Les rencontres auxquelles j’ai assisté dans le cadre du Conseil Pontifical pour les Communications Sociales, de la Culture, de la Commission Épiscopale Européenne pour les Médias (CEEM), des universités (et auxquelles des présidents de dicastèrse prenaient part) et d’autres informelles dont j’ai eu vent, ainsi que la présence de professionnels à Rome, italiens ou venant d’ailleurs, je ne l’ai pas inventée non plus… Et les points que vous abordez les couacs du pontificats, ont étés abordés dans certaines de ces réunions (même si le sujet, je vous le concède, n’était pas aussi direct qu’à la rencontre à laquelle vous avez participé). sur la présence des professionnels à Rome, au moins, j’espère que vous me concéderez qu’il en existe quelques uns sur place, et qu’ils ont certainement pris la parole (au moins selon ce qu’ils m’en ont dit)

      Voila les points qui me tenaient à coeur. je ne cherche pas à défendre l’Institution ecclésiale à tout crin, surtout quand elle est à côté de la plaque (oui, ça arrive parfois). Mais à certains moments, dans le silence, elle est aussi capable de réagir et de soutenir, sans aucune arrière pensée… et comme je le dis dans le billet, au fond, à part la lecture que vous faites de l’intervention du père Gagey, je me réjouis d’avoir une vision très ouverte de la présence chrétienne sur les blogs et réseaux sociaux…

    • Henri-Jérôme Gagey
      1 décembre 2011 à 17:18

      Je suis impressionné par l’insistance mise par Jean-Marie Guénois à me présenter comme le porteur d’un projet « inquiétant » de formatage ou de contrôle. Cette présentation va absolument à l’encontre de la compréhension de la culture Internet que j’ai exposée devant les évêques en disant explicitement qu’il fallait « soutenir les blogueurs catholiques », comme Mgr Giraud l’a fort exactement tweeté.

      Parler de discernement commun ne va pas non plus dans le sens d’un tel formatage ou contrôle, en effet, dans la grande tradition de l’Église, le discernement spirituel c’est justement le chemin d’interrogation commun qui doit permettre l’émergence de paroles de liberté risquées et responsables. J’espère que Jean-Maris Guénois ne trouvera pas dans ces quelques mots matières à réitérer ses soupçons.

      • 1 décembre 2011 à 17:25

        @Henri-Jérôme Gagey : Merci de ces précisions

      • 2 décembre 2011 à 11:52

        Merci Père, de votre réponse. Il n’y a aucune insistance de ma part, mais la défense d’un principe fondamentale qui est la liberté de pensée et de penser. Y compris dans l’Eglise. Nous avons perdu cette saveur en France et je suis heureux que ce petit débat permette d’y repenser.

        D’où ma nouvelle « réaction » – je n’aime pas ce mot connoté- à votre idée de « discernement commun ». Je le trouve très dangereux sur le plan intellectuel alors qu’il a toute ses raisons d’être, sa noblesse et son utilité de garde fou sur le plan spirituel. Je vois là un mélange des genres.

        Il faut, et ce n’est pas à vous que je vais le dire puisque vous l’incarnez, que le « penseur », qu’il soit universitaire, simple journaliste, ou fidèle, soit libre de réfléchir par lui même et d’exprimer son point de vue. Et c’est toute la nouveauté et la fraicheur de la galaxie incontrôlable d’internet.

        D’où, ma « réaction » à votre idée de « former » les blogueurs (vous l’avez dit à la conférence et c’est pourquoi je vous ai posé la question en conférence de presse. Tellement vrai que vous n’avez pas vraiment répondu sinon en vous étonnant que je sois « choqué » par ce thème de « l’encadrement » travaillant là où je travaille : je me suis levé et sorti devant un tel mépris a priori de ma profession, de mon expérience et de mon titre), qui était – et c’est là que j’ai bondi – votre conclusion ! Oui, les soutenir certes, comme vous avez justement dit, mais pour à terme les « former », c’étaient quasiment vos derniers mots.

        Mais attention à cette notion de formation venant de l’institution que vous représentez. Elle pourrait être liberticide pour l’intelligence de l’Eglise, plus nécessaire que jamais par les temps qui courent. Non pas que l’institution va, à priori, paralyser l’intelligence mais elle doit dans le bain de cette nouvelle culture imprévisible et multiple, marqué par le débat, accepter de ce laisser interroger, contredire, déranger, par ces blogueurs incontrôlés, qui sont souvent pertinents même s’il n’ont pas un doctorat de théologie.

        Merci de votre attention à quelqu’un qui travaille dans un journal qui ne pense peut-être pas comme il faut mais qui y est totalement libre.

        Jean-Marie Guénois

  3. 1 décembre 2011 à 16:26

    Très intéressant billet, merci.

  4. 1 décembre 2011 à 16:48

    @Lemessin : moi je sais pas, j’étais pas à Lourdes, donc je constate simplement http://www.niobium.fr/post/2011/11/21/T%C3%A9l%C3%A9phone-arabe

    Après je vais appuyer (un peu) Jean-Marie Guénois, le besoin, le réflexe même de nombreux pasteurs de l’encadrement, de la maîtrise est encore très présent. Là où je ne suis pas d’accord avec lui, c’est d’associer autant le culte de l’encadrement avec l’Action Catholique. Je pense que ce besoin se retrouve dans la plupart des services et mouvements diocésains.

    Je pense, sans trop me tromper, que la cathosphère pose une réelle question à beaucoup d’Évêques :

    – Pourquoi leurs voix trouvent un écho en dehors de toute institutionnalisation ?
    – Comment articuler cette nouvelle présence d’Eglise avec les dynamiques pastorales actuellement en oeuvre en France.

    • 1 décembre 2011 à 17:06

      @Marc : en tout cas, merci pour la liste de tweets de ce que tu as constaté !

      Je suis ok pour avec @JMguénois et toi pour reconnaître cette démarche d’encadrement voulue/rêvée/pensée/imaginée par certains évêques ou prélats. Mais selon les extraits que j’ai publié de HJ Gagey, il ne me semble pas les voir à l’oeuvre dans son intervention…

      Et quant aux questions que tu poses, c’est celles qui ont clairement émergées lors du #VBM du 2 mai, avec une demande de certains blogueurs d’avoir une formation pour mieux comprendre l’Eglise et pouvoir réagir plus facilement… Ce n’est pas une proposition écclésiale institutionnelle, mais une demande…

  5. 1 décembre 2011 à 17:31

    Le problème, déjà par rapport à ta réponse, c’est la réponse à « C’est quoi la blogosphère ? » J’ai déjà eu l’occasion de poser quelques bases http://www.niobium.fr/post/2011/03/08/Blogospherium-Catholicum

    Il faudrait que je te file un autre schéma de la cathosphère pour appuyer mon propos.

    Parce que #VBM ok, mais en quoi les blogs présents étaient-ils représentatifs d’autres choses qu’eux mêmes ? Entre des blogs pros (Guénois, De Gaulmyn, Charentenay) les prêtres, les partisans, les poètes, les thématiques,….. il n’y a strictement rien à voir.

    Mais l’enjeu est cependant très important, parce qu’au final, l’expression des Évêques sur Internet est presque inaudible, du coup, les têtes de ponts, ce sont les blogueurs.

    Cela pose bcp de questions, notamment du fait que la plupart des blogs sont contre. En terme d’image c’est pas évident.

    Si t’es du côté d’Annecy en janvier, on en reparle ?

    • 1 décembre 2011 à 17:46

      Euh, Marc, je n’ai pas compris, la plupart des blogueurs sont « contre » quoi ?

  6. 1 décembre 2011 à 19:00

    Bon au final, je crois qu’il faut demander l’arbitrage de la vidéo non ? Pour savoir ce qui a vraiment été dit… ;)
    Je rebondis que le commentaire d’@inarnare : à quand une rencontre Eglise et blogueurs en France, dans l’élan de celle de #vbm11. Allo Mgr Giraud ???

    • 1 décembre 2011 à 19:49

      On va le laisser prendre ses marques tout doucement, non ? Mais l’idée est intéressante… En même temps, ca existe déjà un peu avec la #FASM ! Des blogueurs, des prêtres et un évêque…

      • 2 décembre 2011 à 11:50

        Oui, bien sûr laissons-lui le temps… Certes il y a la FASM mais cela reste très parisien et peut-être qu’une fois par an, une rencontre un peu plus « formelle » permettrait d’avancer sur différents sujets…

  7. 1 décembre 2011 à 20:53

    Le monde crève de désespoir.
    Les lycéennes avortent ou se font violer, au choix. Les mateurs de jeux vidéos éclatent les têtes à coup de battes de base-ball. Les junkies paient les dealers en monnaie dure. On bricole des kalash dans les caves. Le divorce explose, les vieux se finissent en se piquant. Les dégénérés deviennent rois, le relativisme l’absolu. Les politiques se perdent dans leurs mensonges, les écrivains se tripotent.
    Le monde crève de désespoir.

    Et les blogs cathos ressortent la Bagarre du Sexe des Anges sur le mode « se former » ou « soutenir ».

    Nom de nom de nom de nom !!!!!
    Il y a des jours comme çà, où je me ferais bien une grosse colère gabinesque.
    Sur le fond, comme un bon père du désert, je ferai comme je pense devoir être juste, comme ce queje crois être ma mission, et me fous du distinguo de salon « se former » ou « soutenir » sur internet. http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A8res_du_D%C3%A9sert

    • 1 décembre 2011 à 21:18

      Mon cher Jean, vous avez le droit de vous moquer de ce « distinguo de salon ». N’empêche qu’entre être libres ou récupérés et dirigés, il y a une nuance. Celle qui permet justement de parler de tous les problèmes que vous évoquez…

      • 1 décembre 2011 à 23:23

        Désolé, je ne voulais pas me moquer, mais remettre ce qui me semble être un ordre de priorités

        « N’empêche qu’entre être libres ou récupérés et dirigés,  » : phrase symptomatique d’un coté grandiloquent. N’est-ce pas le Christ lui-même qui nous a libéré très au-delà de l’anecdote geeko-bloggo-catho ? Qu’importe une instruction cléricale, indéfinie encore, à venir, sur un sujet purement formel, alors que tant est à dire, de mille façon, à mille coeurs ?
        Et si la conscience reste primordiale (CEC je ne sais plus quel no) nous devons la former à la lumière de la Parole et de la tradition (CEC aussi). Direction spirituelle aidant.
        Bref, rien de neuf sous le soleil! Ca ne mérite pas un smposium même virtuel. Au pire, attendons un contenu.

  8. Jean-Michel Castaing
    1 décembre 2011 à 21:07

    Echange très instructif et fructueux. Je retiendrai l’argument selon lequel les interventions doivent être ajustées à la cause qui mobilisent les blogueurs. Si tous n’ont pas la chance d’avoir une formation théologique poussée, en revanche l’argumentation rationnelle est à la portée de tous. Non seulement celle-ci permet d’éviter les invectives et les amalgames rapides, non seulement elle est en phase avec la douceur évangélique de la charité (  » …toujours prêts à défendre l’espérance qui est en vous contre quiconque vous en demande raison . Mais que ce soit avec douceur et respect » (1 P 3,15-16), mais de plus Dieu n’étant jamais en contradiction avec la raison ( « Au commencement était le Logos »), la pousser dans ses derniers retranchements ne nous conduira jamais loin de Lui. La raison met un peu tout le monde à égalité: il ne sera pas demandé une compétence hors de portée du croyant de base en dogmatique ou en exégèse pour intervenir sur un blog. La liberté chère à J-M Guénois pourra s’accorder à la vérité! « Amour et vérité se rencontrent » comme dit le psaume. La manière et la forme sont essentielles dans ce type de forum, la méthode également, et plus encore la douceur. « Rentre le glaive dans le fourreau » (Jn 18,10). Après, que la passion s’invite dans les échanges, c’est un signe de la vitalité de foi, ou de la recherche de Dieu. N’est-ce pas l’indifférence qui nous menace de nos jours, tout autant que le fanatisme? Gardons nous d’être des tièdes prêts à être vomis de la bouche du Seigneur! Difficile équilibre à conserver! « Justice et paix s’embrassent! »

    • 1 décembre 2011 à 21:22

      Merci pour cette lecture ! Mais pour rebondir, plus que de théologie ou d’éxégèse, la demande que j’ai entendue est celle d’une formation centrée sur la communication ecclésiale. Quel est le « poids » d’une encyclique par rapport à une homélie du pape, d’un document de la curie face à une prise de position d’un président de conférence des évêques d’un pays,… C’est un peu celle de savoir se situer pour mieux prendre position ! Et là, pour rebondir sur ce que disait Jean-Marie Guénois et que je partage, nos documents de 140 pages sont imbuvables et tellement divers qu’il est dur de se les approprier à leur juste niveau !

  9. Jean-Michel Castaing
    1 décembre 2011 à 23:00

    En somme, c’est une question d’inculturation. C’est le Fils de Dieu lui-même qui a initié le mouvement en se faisant homme ( « Le Verbe abrégé »). Plus avant, Dieu, en se révélant dans un langage d’homme, n’avait pas été en reste non plus! Oui, il est certainement nécessaire de se mettre à la portée de tous, transcrire les termes techniques en langage simple. Difficile, lorqu’on fait partie d’un milieu comme celui des clercs, d’éviter un certain jargon, de s’extirper d’un système de références qui ne parle pas forcément à tous. Et cela sans trahir la pensée dans toutes ses nuances. Faut-il abréger ( « le verbe abrégé »)? Personnellement, je n’ai jamais travaillé sur les documents de la conférence des évêques de France. J’en ai lus quelques uns ( sur le New Age, apr exemple) Il ne faut négliger non plus la visibilité médiatique de la dite conférence. Le visuel a pris beaucoup le pas sur le discursif dans notre société. On peut le regretter, mais c’est ainsi. Peut-être faudrait-il articuler ces deux dimensions? Il me revient en mémoire la remarque d’une amie qui me disait que le succès des évangélistes tenait en partie à ce qu’ils partaient de la situation où étaient les gens. Bien sûr, lorqu’on fait référence à eux, les sourcils de certains se froncent. Mais est-il si certain qu’ils soient moins chrétiens que nous? Leurs méthodes sont souvent contestables, mais leur expertise peut valoir tout autant que celle d’un professionnel de com’. Nous avons la chance d’avoir un épiscopat de haute tenue, tant pastorale qu’intellectuelle ( les français sont un peuple d’intellos, quoiqu’on dise, ou du moins l’intelligence n’y est pas méprisée). Peut-être que les chrétiens « de base » pourraient servir de relais pour la diffusion et la réception de ces documents, et à l’occasion donner leur avis sur la forme? Il y a déjà plus d’un siècle que Newman avait prophétisé la mission des laïcs dans l’Eglise, et ce n’est pas lui qu’on peut accuser d’avoir bradé la vérité chrétienne! Enfin, j’ignore si mes propos sont en phase avec la problématique que vous souleviez, mais je suis d’accord avec vous: à l’heure actuelle, à l’heure du net, du clic et des pixels, de la syntaxe approximative, un document imbuvable ne sera jamais lu.

  10. 2 décembre 2011 à 09:19

    Bonjour et merci pour cette analyse. J’avais déjà lu un commentaire de Zabou sur cette intervention, la vôtre en donne un éclairage différent et tout aussi intéressant.
    Effectivement, j’ai réagi au début comme JM Guénois en lisant l’intervention du P. Gagey. En voyant votre étude, il semble que le P. Gagey n’ait pas eu l’intention de contrôler la blogosphère, et c’est tant mieux.
    N’est-ce pas l’occasion pour  » l’institution » de se rendre compte qu’elle est peu présente sur la toile ? Pourquoi les blogueurs cathos ont-ils une telle importance ? N’est-ce pas parce qu’aucun blog « officiel » ne réalise un travail semblable à celui qu’ils font ?
    Profitons de cet échange de vues pour progresser, et pour nous demander ce qui pourrait être fait pour faire connaître le message du Christ à travers les moyens actuels de communication !
    Très bonne journée,
    Henri Mondion (présent au #VBM11 où j’ai eu la joie de rencontrer l’auteur de ce blog)

    • 2 décembre 2011 à 11:17

      Merci Henri. Oui, comme je le disais précédemment, les blogs permettent des rencontres réelles, comme celle du #VBM11.

      Ensuite, plus qu’une parole officielle sur les blogs, je pense que ce que les lecteurs cherchent, c’est aussi une lecture personelle de l’actualité religieuse ou de la spiritualité qui est recherchée…

  11. 2 décembre 2011 à 11:41

    Je précise mon truc sur les « contre » : une grande partie, peut être même la majorité des blogs sont « contre ». Contre l’avortement, contre le vilain Vatican, contre les prêtres qui font des homélies ennuyeuses, contre la FSSPX,….

    C’est comme ça, c’est dans le ligne de la plupart des blogs qui existent comme une réaction à.

    Or, je vais peut être dire une énormité, mais le Christ ne se positionne pas « contre », le Judaïsme ou la Torah, ou même contre le pouvoir politique. Il vient pour l’homme, pour accomplir.

    La limite d’un positionnement « contre », au delà de l’aspect évangélique, c’est aussi que notre présence n’a plus de raison d’être sans l’opposition à l’autre.

    Je pense que globalement, la cathosphère a encore du chemin à faire pour être « pour ».

    Et cette remarque est particulièrement valable pour moi :)

    • 2 décembre 2011 à 11:48

      Ah ! du positif… Je suis complètement d’accord. Positivons, essayons d’apporter quelque chose. Ceci étant, ce n’est peut-être pas la blogosphère qui est « contre »; C’est peut-être notre coté français… Mais bon, blague à part, d’accord avec vous.

    • 2 décembre 2011 à 12:01

      Alors là, je dis +1, voire même +1000 comme on dit sur Twitter

      • 2 décembre 2011 à 15:30

        Of course, mais de là à être « pour » une révision des conditions du mariage, « pour » un aggionamento de la morale, gaffe..

        Etrangement, n’avez-vous jamais remarqué que les affirmations solennelles du Credo commencant par un Non fondateur (j’y renonce x3) ?
        Et, tout en convenant que cette approche est insuffisante, elle me parait une autre façon de dire que Dieu est déjà en nous, et que nous commençons par refuser ce qui nous empêche d’être à Lui.

      • 2 décembre 2011 à 19:46

        C’est justement ce que Jean XXIII voulait changer avec le Concile Vatican II, en prenant le virage d’une Eglise qui ne condamne pas par des anathèmes, mais qui ose proposer sa foi. Voilà ce qui fait que les intégristes décrivent ce concile comme non-dogmatique, car il n’exclue pas ceux qui sont en dehors d’un espace. Cependant, comme les conciles précédents, il fixe des limites, et invite à pénétrer dans cet espace… Dire que l’on est « pour », c’est entrer dans cet esprit, celui d’une Eglise qui est « pour » la vie, « pour » la destination universelle des bien, « pour » que tous les hommes puissent entendre la Bonne Nouvelle,… Le « pour » et le « contre » ne sont qu’une manière de se positionner par rapport à des frontières que l’Eglise nous donne !

      • 2 décembre 2011 à 15:34

        & last but not least, lorsque nous disons « positivons » (ou « cassons »), vérifier s’il s’agit en vérité de semer le feu chez le prochain, ou de nous affirmer nous-même.
        Pour cela, j’avoue avoir été très convaincu par l’apport oriental de la théologie apophatique : la vérité du silence s’impose au final : sommes-nous capable de parler de Dieu sans parler de nous ? (http://luc1249.wordpress.com/tag/voie-du-silence/)

  12. 2 décembre 2011 à 11:43

    de passage ….

    • 2 décembre 2011 à 12:02

      Bienvenue… N’hésitez pas à repasser ;-)

  1. 1 décembre 2011 à 11:53
  2. 1 décembre 2011 à 12:49
  3. 1 décembre 2011 à 14:20

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 3 076 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :