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And the winner is : Jean Paul II ! Ou comment on devient bienheureux !


C’est vendredi matin qu’est tombée l’annonce de la béatification de celui qui est actuellement le Serviteur de Dieu Jean-Paul II. La béatification, c’est, il faut le préciser pour ceux qui ne connaîtraient pas l’expression, le fait de nommer une personne Bienheureuse. On parlera à partir du 1er mai du bienheureux pape Jean-Paul II.

Et j’aimerai d’abord, si vous le voulez, revenir, sur la procédure de la congrégation pour la Cause des Saints afin de pouvoir déclarer une personne bienheureuse ou sainte. Après la mort d’un chrétien jouissant d’une réputation de sainteté, il faut en général attendre au moins 5 ans avant de lancer une enquête diocésaine. Pour Jean Paul II, le pape actuel, Benoît XVI, a dispensé d’attendre ces 5 ans. C’est donc l’évêque du lieu de naissance ou du lieu où le chrétien a été actif qui fait une mini enquête pour voir si rien ne s’oppose à cette béatification ou canonisation, et avec l’accord des instances romaines, il lance le processus. A partir de cette date, le futur bienheureux est appelé « Serviteur de Dieu ». Pour Jean Paul II, c’est Benoît XVI, par l’intermédiaire du cardinal Vicaire de Rome, le cardinal Vallini, qui a donc lancé l’enquête.

La première phase  du processus se passe donc au niveau diocésain, c’est-à-dire Rome pour Jean-Paul II, qui, comme pape, en était l’évêque, et c’est donc son diocèse qui se charge de cette cause. Une première enquête, à partir des écrites et des témoignages, a regardé la vie, les vertus ainsi que la renommée de sainteté et les miracles attribués à celui qu’on veut béatifier. Et c’est la Congrégation pour la cause des Saints qui établit, à son terme, la validité de cette enquête. Pour Jean-Paul II, la validité juridique des procès canoniques a été reconnue par la Congrégation des causes des saints par le décret du 4 mai 2007.  Le dossier passe alors à Rome, où, si le dossier est conforme, un postulateur écrit la « positio », qui regarde l’héroïcité des vertus, c’est-à-dire qu’on étudie la vie de la personne pour voir si elle a vécu les vertus théologales et cardinales (la foi, l’espérance et la charité, ainsi que la force, la prudence, la tempérance et la justice). (Pour information, c’est à cette phase que se trouve la cause de Robert Schuman). Une fois cette positio écrite, elle est examinée par des théologiens et des cardinaux, puis votée. Le pape signe alors le décret  de vénérabilité, et le futur saint devient vénérable, c’est-à-dire qu’on peut prier pour lui dans toute l’Eglise. C’était le 19 décembre 2009 que Benoît XVI a autorisé la promulgation du Décret sur l’héroïcité des vertus de Jean-Paul II.

Il faut ensuite un miracle, qui sera authentifié par la commission médicale du dicastère de la cause des Saints. Vous le savez certainement, c’est une religieuse française, Sœur Marie-Simon-Pierre Normand, religieuse de l’Institut des petites sœurs des maternités catholiques, qui a été guérie de la maladie de Parkinson suite à sa prière à Jean-Paul II.

Depuis 2001, la religieuse avait reçu divers traitement contre cette maladie. Dès la mort de Jean-Paul II, touché lui-aussi par cette maladie, les religieuses l’ont prié pour la guérison de Sœur Marie-Pierre-Simon. Le 2 juin 2005, fatiguée, elle a demandé à sa supérieure d’être relevée de son travail. Mais cette dernière lui a demandé plutôt de se confier à l’intercession de Jean Paul II. Au réveil, le 3 juin 2005, jour de la fête du Sacré-Cœur, la religieuse s’est sentie guérie, sans douleurs dans les articulations. Elle a interrompu son traitement et s’est rendue chez son médecin qui a constaté sa guérison. Etant française et avec la tradition de laïcité qui existe chez nous, si les médecins français ont rapidement déclaré incompréhensible cette guérison, on pouvait s’attendre à ce que le dossier aille vite. Mais le Vatican a préféré prendre le temps.

Comme Sr Marie-Simon va encore aujourd’hui très bien et qu’il n’y a pas de rechute, les experts du Saint Siège ont donné le feu vert, et les cardinaux, le 11 janvier, ont émis, comme le dit le cardinal Angelo Amato qui s’occupe de cette congrégation, « une sentence positive unanime, considérant la guérison de Sr Marie-Simon-Pierre comme miraculeuse, en tant qu’accomplie par Dieu d’une façon scientifiquement inexplicable, après l’intercession du Souverain pontife Jean-Paul II, invoqué avec confiance par la personne guérie elle-même comme par de nombreux autres fidèles ». Le même préfet à reconnu que cette cause avait été traitée de manière préférentielle, passant au dessus de la liste d’attente des nombreuses causes dont la congrégation s’occupe. Mais sinon, toutes les étapes ont été respectées.

La date de la béatification a ensuite été fixée par Benoît XVI au 1er mai, le dimanche après Pâques, jour de la fête de la divine miséricorde, une fête que Benoît XVI avait créée. Le thème de la Miséricorde est en effet largement présent dans les œuvres et dans la sipritualité de Jean-Paul II, qui avait par exemple canonisé sœur  Faustine Kowalska, l’apôtre de la miséricorde au XXème siècle. C’est aussi la veille de cette fête de la Divine Miséricorde, le 2 avril 2005, que Jean-Paul II est décédé. Une date symbolique  Il faudra ensuite un second miracle pour que ce dernier soit canonisé et reconnu saint.

Concrètement, qu’est ce que cette béatification va changer ? Pour commencer, la dépouille du pape Jean-Paul II va être déplacée des grottes vaticanes (c’est ainsi qu’on appelle la crypte de Saint-Pierre)  à la Basilique Saint Pierre, dans la chapelle de Saint-Sébastien, sur la droite, entre la chapelle où se trouve la Pieta de Michelange et la chapelle du Saint-Sacrement, donc vers le fond de la Basilique. A note que Jean-Paul II occupe actuellement l’emplacement où reposait Jean XXIII, qui a été déclaré bienheureux par Jean-Paul II et qui a été transféré lui aussi dans la Basilique Saint-Pierre. Qui sera le prochain pape à occuper cet espace ? Benoît XVI ? Et aura-t-il le même avenir ? L’histoire nous le dira…

Et puis, Jean-Paul II va devenir un des saints patrons des prochaines JMJ à Madrid, en août prochain. C’est lui, souvenez-vous, qui avait voulu ces grands rassemblements, suite à la rencontre des jeunes en 1984, il y a 27 ans.

On pourrait encore citer la joie du cardinal Dziwisz, qui a longtemps été son secrétaire, et qui rappelle quant à lui que Jean-Paul II était avant tout un homme de prière. Ou encore le rabbin Elio Toaf, qui avait accueilli le pape polonais à la synagogue de Rome en 1986, qui a expliqué que cet événement, bien qu’étant interne à l’Eglise, lui faisait plaisir.

Sinon, d’autres nouvelles de l’actualité du Vatican : Hier, on célébrait la 97ème Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié. Cette Journée a été lancée par le pape Benoît XV, avec l’idée que les églises locales puissent accompagner les immigrants dans leur pays d’accueil. Le texte du message de Benoît XVI se trouve sur le site internet du Vatican (www.vatican.va) et le pape en a parlé lors de l’Angélus hier après midi, est revenu sur ce message : « “Une seule famille humaine”: c’est le thème du Message que j’ai envoyé pour cette Journée. Un thème qui indique l’objectif, le but du grand voyage de l’humanité à travers les siècles : former une unique famille, naturellement avec toutes les différences qui l’enrichissent, mais sans barrières, en nous reconnaissant tous frères ». Benoît XVI a indiqué que Jésus lui-même avait été un réfugié, lors de la fuite en Egypte. Il a aussi évoqué les chrétiens d’Orient qui ont du fuir leur pays, ainsi que les nombreux migrants dont les conditions de vie sont dramatiques.

Et puis nous entrons demain dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Une semaine qui se conclura, à Rome, mardi prochain et comme chaque année, par les vêpres du pape en la Basilique Saint Paul hors les murs.

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  1. NM
    17 janvier 2011 à 13:09

    C’est une grande joie que l’annonce de cette prochaine béatification. Jean-Paul II est vraiment le pape de ma vie (si j’ose dire…). J’ai six ans quand il a été élu et presque 33 (et trois enfants nés chez les petites sœurs…) lorsqu’il est mort. Cela marque tout de même…
    petite question : la vénérabilité permet-elle de prier Pour le vénérable ou de LE prier (pour qu’il intercède) ?

  2. 17 janvier 2011 à 20:40

    En fait Nicolas, reconnaître qu’une personne est vénérable consiste à légitimer de manière universelle un culte public. On peut prier par l’intercession de Jean-Paul II, afin que dieu réalise un miracle. On ne prie pas une personne pour elle, car « dieu seul tu adorera », mais on prie toujours par l’intercession d’une personne, on lui demande de prier Dieu pour nous. Cf. le Je vous salue Marie : On la « salue » et on lui demande « priez pour nous ».

    • NM
      18 janvier 2011 à 01:31

      Bien, c’est ce que je voulais dire. Parce que dans le texte, on lit « vénérable, c’est-à-dire qu’on peut prier pour lui dans toute l’Eglise ». J’ai eu un doute…
      Merci pour la précision.

  1. 17 janvier 2011 à 18:47
  2. 18 janvier 2011 à 01:34

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