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L’homme en blanc serait-il vert ?


Les panneaux solaires de la salle Paul VIAlors que la communauté internationale est réunie à Cancun, pour essayer de trouver des réponses au réchauffement climatique, le Vatican veut montrer à tous son engagement dans ce domaine. Ainsi, mercredi dernier,  au Vatican, a été présenté un livre intitulé : « L’énergie du soleil au Vatican ». L’ouvrage photographique, rédigé par la direction des services techniques du Vatican, insiste sur l’engagement de cet état pour le développement durable. Il présente notamment son engagement pour le photovoltaïque : le toit de la Salle Paul VI (où le pape tient ses audiences), est en effet recouvert par des panneaux solaires qui permettent d’économiser, annuellement, 80 tonnes de pétrole (l’équivalent de 225 à 300 tonnes de CO2) !

D’autre part, en 2007, une organisation écologiste avait proposé de planter une forêt en Hongrie, pour compenser les rejets de CO2 du Saint-Siège. Le Vatican aurait du être le 1er Etat à arriver à la neutralité carbone, mais malheureusement, aucun arbre n’a encore été planté. Affaire à suivre donc…

Et puis, dernière nouvelle incongrue, mais sérieuse cependant, on a appris à l’occasion de la présentation de ce livre que les services de sécurité du Vatican étaient en train de réfléchir à l’utilisation d’une papamobile électrique… Voilà qui serait un engagement fort de la part du pape.

Mais au Vatican et au Saint-Siège, si on met en œuvre des actions pratiques, on a aussi un discours écologique fort. On peut affirmer, sans se tromper, que c’est même un thème cher au pape. Benoît XVI, qui est connu pour la qualité de ses réflexions théologiques, l’est moins pour son engagement écologique, et pourtant, il y a largement de quoi dire… Le texte le plus fort me semble être le message de la journée mondiale pour la paix du 1er janvier 2010, qui a pour titre : « Si tu veux construire la paix, protège la création ». Le pape écrit textuellement dès le début de ce message : « Le respect de la création revêt une grande importance, car “la création est le début et le fondement de toutes les œuvres de Dieu” et, aujourd’hui, sa sauvegarde devient essentielle pour la coexistence pacifique de l’humanité ». Il y parle également « d’alliance entre l’être humain et l’environnement »,  il nous rappelle les « “réfugiés de l’environnement”: ces personnes qui, à cause de la dégradation de l’environnement où elles vivent, doivent l’abandonner », de solidarité entre les hommes pour mieux respecter la nature (il vise directement et ouvertement les sociétés occidentales les plus avancées et les plus grandes consommatrices de ressources naturelles) et fustige la classe politique qui n’ose pas affronter ces problèmes. Mais surtout, le pape parle de développement, et même d’écologie humaine, en insérant l’homme dans le schéma. « Quand l’“écologie humaine” est respectée dans la société, l’écologie proprement dite en tire aussi avantage» écrivait-il à ce propos. Rassurez-vous, le pape ne devient pas un défenseur acharné de la nature au détriment des hommes. Tout ce qu’il dit est toujours orienté au « développement intégral authentique de l’homme ». Il rappelle d’ailleurs à ce propos que « l’Église invite au contraire à aborder la question de façon équilibrée, dans le respect de la «grammaire» que le Créateur a inscrite dans son œuvre, en confiant à l’homme le rôle de gardien et d’administrateur responsable de la création, rôle dont il ne doit certes pas abuser, mais auquel il ne peut se dérober ».

A part ce texte, Benoît XVI revient souvent sur le développent durable, et ce partout dans le monde…  A Sydney, lors des JMJ en 2008, le pape a plaidé cette cause auprès des jeunes, en incluant le respect des personnes dans son message.
Autre lieu : les catéchèses lors des audiences générales. Durant celle du 26 août 2009, Benoît XVI disait : « l’Eglise n’est pas seulement engagée à promouvoir la défense de la terre, de l’eau et de l’air, données par le Créateur à tous, mais elle se prodigue surtout pour protéger l’homme contre la destruction de lui-même ». Le 14 novembre dernier, il a une fois de plus abordé ce thème lors de l’Angélus, le dimanche matin, en parlant de l’importance du secteur agricole. Dans son encyclique Caritas in Veritate, on trouve également plusieurs passages qui reprennent ces thèmes, principalement les n° 48 à 51. C’est un thème qui revient également à l’occasion du message pour la journée du Tourisme, ou à bien d’autres moments…

Et puis, on y revient encore, dans son livre d’entretiens, Lumière du monde, il a répondu à Peter Seewald qui l’interrogeait sur ce thème, en pointant la responsabilité individuelle de chacun : « comment la grande volonté morale que tous approuvent et que tous appellent de leurs vœux peut-elle devenir une décision personnelle ? Car tant que cela ne se produit pas, la politique reste impuissante. Qui peut faire en sorte que cette conscience générale pénètre aussi dans la sphère personnelle ? Seule peut le faire une instance qui touche les consciences, qui est proche de l’individu et n’appelle pas à de simples effets d’annonce ». Vous avez compris que le Pape parlait de l’Eglise.

Si Benoît XVI s’engage fortement, il n’est pas le premier pape a porter cette question. L’Eglise, dans son ensemble, s’y intéresse depuis longtemps. Sans remonter à la Genèse où Dieu confie la terre à l’homme, on peut se souvenir de la figure de St François d’Assise, et de son magnifique cantique  de frère Soleil. Plus récemment, le concile Vatican II, dans la constitution pastorale Gaudium et Spes (dont nous fêtrons les 45 ans demain), a rappelé que « Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples » (GS 69).

Jean Paul II, en 1990, avait déjà consacré son message de la Journée Mondiale de la Paix au thème La paix avec Dieu créateur, la paix avec toute la création. Il attirait l’attention sur la relation que nous avons, comme créatures de Dieu, avec l’univers qui nous entoure, et invitait à encourager la « conscience écologique ». Paul VI, il y a presque 40 ans, soulignait dans la Lettre apostolique Octogesima adveniens, au n° 21 que, « par une exploitation inconsidérée de la nature, (l’homme) risque de la détruire et d’être, à son tour, la victime de cette dégradation ».

Dernier élément : le Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise, publié en 2005, et qui consacre un chapitre complet à ce thème. Si vous êtes intéressé, sachez que vous ne manquerez pas de lecture…

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  1. Pas encore de commentaire.
  1. 7 décembre 2010 à 09:59

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