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L’Actu du Saint Siège : Wikileaks révèle comment les USA ont suivi l’élection du pape.


Capture d'écran du site http://www.wikileaks.org

En Italie, comme aux Etats Unis, ce sont les documents de Wikileaks qui alimentent la chronique vaticane. Vous avez peut-être entendu parler de ce site qui met en ligne des documents normalement confidentiels des services diplomatiques américains. A l’intérieur de ces documents, quelques uns concernent l’élection du successeur de Jean Paul II en 2005.  Il y a notamment, dès le 14 avril, un document de 7 pages, classé « sensible », qui est arrivé sur le bureau de la secrétaire d’Etat de Georges Bush, Condolezeza Rice. Avec principalement le profil attendu du prochain pape, qui ne devrait être ni trop jeune ni trop vieux, habile dans les langues et savoir parler l’italien. Mais c’est surtout l’origine géographique qui était alors prise en compte : un cardinal européen ou nord-américain n’était pas attendu, mais plutôt quelqu’un originaire d’Amérique Centrale ou du Sud. Parmi les favoris, une note du 18 avril propose les cardinaux Dionigi Tettamanzi (Milan), Godfried Danneels (Bruxelles) et  Dario Castrillon Hoyos (préfet de la Congrégation pour le clergé).

Dans la même note du 18 avril, le jour avant l’élection du cardinal Ratzinger, il est rappelé que ce dernier « a été appelé dans les derniers mois de la seconde guerre mondiale comme auxiliaire dans une batterie antiaérienne » et qu’il a été « l’artisan de l’insertion des racines chrétiennes dans la constitution de l’Union européenne ». On considérait également que « dans les premiers scrutins il prendra beaucoup de votes, mais il est improbable qu’il obtienne le seuil » pour être élu. On présentait également d’autres candidats. Et le 19 avril, jour de l’élection, le télégramme expédié depuis Rome témoigne que, « malgré les spéculations des médias sur le soutien de nombreux cardinaux envers Ratzinger, son élection a été une surprise pour beaucoup ».

Il est alors décrit comme un « cardinal puissant », « gardien de l’orthodoxie théologique », mais aussi, par un diplomate qui l’avait rencontré, comme « humble, spirituel » et une personne avec qui « on peut discuter ». Et les premières prévisions peuvent se résumer en trois expressions : « Il continuera le travail », « le point central sera l’Europe » et « il sera certainement une figure de transition ».

Ce qui est surtout intéressant, c’est que dans une note du 29 avril, en provenance de Berlin, on trouve cette phrase : « Le clergé catholique est sceptique sur la possibilité que l’élection de Ratzinger puisse apporter un bénéfice à long terme à l’Eglise allemande ». L’auteur de la note imagine également que le pape pourrait abandonner sa position jugée conservatrice pour être un véritable réformateur. Un jugement pour le moins négatif…

Le 12 mai, une autre note indique que l’autorité du pape lui vient du manque d’opposants à cause de la division entre italiens et latino-américains : c’est un peu court comme jugement me semble-t-il, à l’aune des 5 ans écoulés… Si le cardinal Ratzinger a été élu, poursuit ce document, c’est par la conviction de ses soutiens « qu’en temps de crise, l’Eglise devait se réfugier sur l’identité européenne ». Et l’auteur de la note rappelle les « critiques de Ratzinger à l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne ».

On l’imagine bien, c’est certainement cet élément de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne qui a suscité les plus vives inquiétudes à Washington, les Etats-Unis étant fortement favorables à cette entrée pour divers motifs.

Mais en même temps, cela montre bien que ce grand pays est très mal informé sur le Vatican… les diplomates n’ont fait que reproduire les articles de journaux américains dans leurs documents. Et comme le note Andrea Tornielli, un vaticaniste célèbre en Italie, quand on disait au cardinal Tardini, le secrétaire d’Etat de Jean XXIII que la diplomatie du Vatican était la meilleur au monde, il répondait : « si la nôtre est la meilleur, je n’ose m’imaginer les autres… ».

Selon une source vaticane, « ce sont des jugements qui reflètent les imprssions de qui les a rédigées, qui ne se réfèrent pas aux choses telles qu’elels sont, mais comme ces personnes les ont comprises ». La même source ajoute que le monde du Saint-Siège est compliqué, y compris pour les diplomates qui s’en occupent.

Sinon, dans la chronique du Vatican, on continue de parler du livre du pape, à propos d’un sujet connexe : une polémique autour de l’Osservatore Romano, le journal du Vatican, qui a publié il y a une dizaine de jours, les premiers extraits du livre. Plusieurs voix (notamment aux Etats-Unis) se sont levées pour demander la tête du directeur, Gian Maria Vian. On lui reproche de ne pas avoir accompagné les extraits (notamment sur le préservatif) d’explications, ou même de ne pas avoir respecté le calendrier prévu. Mais en même temps, ces demandes émannent de chrétiens et de journalistes plutôt conservateurs qui reprochent au journal du Vatican ses position envers Obama ou sur la défense de la Vie ; C’est aussi une manière d’atteindre le Cardinal Bertone, car c’est lui qui a mi en place Vian, un de ses amis…

Et puis samedi le pape a ouvert la nouvelle année liturgique, avec les vêpres à Saint Pierre de Rome et une veillée de prière pour la vie naissante. Une manière de souligner l’importance donnée par l’Eglise à ce combat pour la vie.

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